21.09.2020

C’est quoi l’plan ?

Lundi soir, plus d’une centaine de citoyen.ne.s préoccupé.e.s par l'environnement se sont réunis pour questionner les élu.e.s sur les actions effectuées et envisagées par la Ville de Rimouski, un an après avoir déclaré l'état d'urgence climatique.

Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) a publié en septembre 2019 un rapport aux conclusions sans équivoque : les dégâts causés par les changements climatiques dépassent de loin la capacité actuelle des gouvernements à protéger les océans et les glaciers de la Terre1. Les experts notent toutefois que la majorité des effets négatifs pourraient être diminués par une réduction des émissions des gaz à effet de serre (GES). Pour ce faire, les gouvernements (municipaux, provinciaux et fédéraux) doivent se doter rapidement de plans d’actions afin d’évaluer la quantité de GES émis et d’identifier les solutions pour les réduire.

Le 19 novembre 2018, la Ville de Rimouski avait signé la déclaration d’urgence climatique. Cette décision avait été accueillie très favorablement par le milieu.

Extrait du procès-verbal de la séance du conseil municipal du 19 novembre 2018 :
« (…) il est proposé par la conseillère Virginie Proulx, appuyé par la conseillère Jennifer Murray et résolu à l’unanimité :
– que le conseil de la Ville de Rimouski demande et invite les différents paliers gouvernementaux, partis politiques, acteurs publics et privés, à considérer sérieusement l’état actuel du climat et les risques associés à l’augmentation de la température moyenne du globe dans toutes les politiques et stratégies de développement et de croissance;
– que le conseil de la Ville de Rimouski s’engage à mettre en place, dans les plus brefs délais, un comité de suivi du Plan stratégique de développement durable qui analysera diverses initiatives pour diminuer l’impact environnemental, à court, moyen et long terme, sur l’ensemble de son territoire;
– que le conseil de la Ville de Rimouski invite les différents industries, commerces et institutions ainsi que l’ensemble des citoyens à jouer un rôle de premier plan dans la réduction des gaz à effet de serre et autres impacts environnementaux;
– que la présente résolution soit acheminée vers les instances gouvernementales fédérales et provinciales nécessairement concernées par l’urgence d’agir à la sauvegarde de la Terre. »

Un an plus tard, les citoyen.ne.s de Rimouski attendent toujours que la Ville réalise ses engagements. Une centaine de personnes se sont présentées hier soir à la séance du conseil municipal afin de poser leurs questions à ce sujet.

Le maire Marc Parent, a affirmé que les membres du conseil municipal sont fortement préoccupés par les changements climatiques et par la protection de l’environnement. Il a d’ailleurs énuméré quelques projets qui ont été mis de l’avant par la Ville : collecte de matières compostables dans les immeubles de la Ville, achat de laveuses industrielles pour favoriser l’utilisation de vaisselle lavable dans deux centres communautaires, étude sur l’arrêt de l’utilisation des sacs de plastique à usage unique à Rimouski, étude sur le retrait du styromousse à usage unique dans les commerces, etc.

Il est juste d’affirmer que la Ville de Rimouski n’est pas indifférente à la protection de l’environnement. L’ensemble de ces différentes mesures est là pour le confirmer. Il lui manque toutefois un plan d’actions visant la réduction des GES ainsi qu’un échéancier à court, moyen et long termes. Une municipalité doit certes encourager les actions individuelles en faveur de la protection de l’environnement, mais elle doit également développer des projets collectifs qui s’inscrivent dans un plan cohérent et structurant.

Plusieurs questions sont restées sans réponse hier soir… M. Parent n’a pas su répondre à la question constructive de Mme Annie Cayouette de Rimouski en transition : « Comment les citoyen.ne.s de Rimouski pourraient-ils mieux collaborer avec la Ville de Rimouski afin de réduire l’impact des changements climatiques sur le territoire ? ». Sur la même lancée, Jeanne Manseau-Noël, jeune militante de 17 ans, a questionné le conseil : « Pourquoi amorcer la transition écologique est si laborieux pour le conseil municipal, quoique vous ayez tout le nécessaire pour procéder à des changements ? ». Julie-Camille Riva, étudiante à l’UQAR, a poursuivi : « Quel est le bilan en GES de la Ville de Rimouski ? Quels sont les projets qui ont servi à diminuer les GES ? ». Malheureusement, ces trois interlocutrices n’ont pas obtenu de réponses satisfaisantes.

Les Rimouskois.es ont sans contredit besoin de réponses. Elles et ils veulent savoir comment leur municipalité s’engagera concrètement pour réduire les GES. Par-dessus tout, elles et ils veulent participer au processus de changement. Le conseil municipal devrait saisir ce momentum et profiter de cette mobilisation à l’instar de la Municipalité de Sainte-Luce qui a décidé de former un comité consultatif en environnement au printemps 2019. Pourquoi la Ville de Rimouski ne ferait-elle pas appel à l’expertise de ses concitoyen.ne.s en se dotant d’un tel comité pour procéder à l’élaboration de son plan d’action ?

La Semaine rimouskoise de l’environnement 2020

Vous avez des idées d’activités à proposer pour la Semaine rimouskoise de l’environnement 2020 ? Rendez-vous sur le site suivant : https://semainerimouskoise.wixsite.com/2020

C’est dans ce contexte d’engagement citoyen et de recherche de solutions concrètes pour assurer la transition écologique que le comité organisateur de la Semaine rimouskoise de l’environnement (SRE) a lancé le thème de la onzième édition de l’événement qui aura lieu du 17 au 23 février 2020 : « C’est quoi l’plan ? » . Les citoyen.ne.s de Rimouski et des environs sont invité.e.s à proposer des activités avant le 16 décembre 2019. Ce thème peut être interprété de différentes manières… Quelles actions individuelles et concrètes permettent de réduire notre impact sur l’environnement ? Quelles sont les solutions pour la transition écologique qui sont envisagées dans nos lieux de travail ainsi que par nos institutions et nos gouvernements ? Les activités proposées peuvent se décliner de différentes manières : des ateliers de discussion ou de fabrication de produits, des conférences, des projections, des kiosques, des actions collectives, etc. L’invitation est lancée à toutes et tous !

Références

  1. GIEC. 2019. SROCC: Rapport spécial sur l’océan et la cryosphère dans le contexte du changement climatique. En ligne. <https://www.ipcc.ch/site/assets/uploads/sites/3/2019/11/SROCC_FinalDraft_FullReport.pdf> Consulté le 19 novembre 2019.

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