25.11.2020
Chroniques L’entrepreneuriat : un métier qui s’apprend

L’entrepreneuriat : un métier qui s’apprend

Et s'il était possible d'apprendre à devenir entrepreneur?

L’entrepreneuriat s’enseigne-t-il?

Il y a une grande effervescence autour de l’entrepreneuriat depuis quelques années au Québec. Créer son propre projet et générer de la valeur par soi-même s’avère effectivement une voie professionnelle fort attirante pour les jeunes travailleurs en quête de sens. D’après une étude de la Fondation de l’entrepreneurship dont les conclusions ont été publiées en 2017, c’est plus de 21 % des jeunes adultes qui envisagent de fonder leur propre entreprise.

Mais devenir entrepreneur a longtemps été associé à un style de vie où le risque et l’incertitude prédominent. L’entrepreneuriat est, encore aujourd’hui, perçu comme un chemin surtout favorable aux gens fonceurs qui n’ont peur de rien. Impossible d’enseigner des traits de personnalité, diront certains.

Et si ce n’était pas vraiment le cas? Et si, par exemple, il était possible d’apprendre à devenir un entrepreneur efficace et performant, sans pour autant avoir le profil type de « l’entrepreneur fonceur »?

Et si, au fond, l’entrepreneuriat pouvait s’enseigner comme les autres métiers?

Développer ses compétences : apprendre à apprendre

Devenir gestionnaire de sa propre entreprise ne se fait pas en claquant des doigts. Les entrepreneurs doivent apprendre à porter de nombreux chapeaux qui n’ont pas nécessairement un lien direct avec leur expertise ou leur formation professionnelle. Ils doivent être comptables, gestionnaires de projet, administrateurs, marketeurs, référenceurs, cinq à septeurs, communicateurs, réceptionnistes ET, quand il reste du temps, spécialistes de leur propre métier.

Enseigner l’entrepreneuriat pourrait difficilement se faire en développant uniquement des compétences pratiques dans chacun de ces domaines. Il faut plutôt miser sur le développement d’attitudes, de comportements et d’aptitudes qui seront utiles chaque jour aux entrepreneurs. Apprendre à déléguer, par exemple, représente un enjeu important pour assurer la croissance d’un projet d’entreprise.

Former les entrepreneurs à s’autodévelopper

Pour former des entrepreneurs, il est nécessaire d’envisager l’enseignement autrement. Les salles de classe sont évidemment utiles pour enseigner des compétences et des notions importantes, mais ce sont les méthodes dites non traditionnelles qui semblent les plus favorables à l’enseignement de l’entrepreneuriat.

Il faut en fait transformer l’enseignement traditionnel pour impliquer l’entrepreneur dans ses apprentissages. Le rôle de l’éducateur devient davantage celui d’un guide ou d’un coach dont le rôle est de personnaliser et d’adapter la formation aux besoins et aux objectifs de son élève. En étant directement impliqué dans son propre développement, l’entrepreneur apprend non seulement les notions qui lui seront utiles plus tard, mais il développe également une compétence essentielle à son succès en affaires : il apprend à agir comme un entrepreneur.

Acquérir des compétences comportementales incontournables

La formation des entrepreneurs passe donc nécessairement par l’acquisition d’un profil de compétences comportementales et d’attitudes qui dépassent largement les compétences pratiques. Il faut développer un sens aiguisé pour reconnaître les bonnes affaires, la capacité à passer à l’action lorsque les conditions sont gagnantes et une confiance en soi suffisamment solide pour apprendre de ses échecs. Et ceux-ci seront nombreux dans le parcours entrepreneurial.

Ces types de compétences ne s’apprennent pas en classe. Elles se développent au fil du temps, avec l’aide d’un coach aguerri ou d’un mentor en mesure d’accompagner l’entrepreneur et d’évaluer ses bons et ses moins bons coups. En suivant ses apprentissages et en échangeant sur les défis rencontrés, l’entrepreneur peut mieux comprendre comment ajuster son approche ou par quel moyen il peut développer les compétences comportementales qui manquent encore à son arc.

Apprendre à se développer constamment, ça s’apprend

Sachant que l’entrepreneuriat peut s’apprendre, il faut désormais se poser une autre question, bien plus cruciale : que faut-il enseigner aux jeunes entrepreneurs?

Comme pour tous les autres métiers, apprendre les bases l’entrepreneuriat n’est pas nécessairement un gage de succès. C’est cependant un excellent moyen de donner les outils qui aideront les entrepreneurs en devenir à exercer leur métier et à se développer. S’il est plutôt difficile d’enseigner de nouveaux traits de personnalité (comme une personnalité fonceuse, un goût pour le risque calculé, etc.), il est toutefois possible d’apprendre des techniques universelles de communication qui facilitent les premiers contacts, le démarchage et les prestations en public.

Apprendre l’entrepreneuriat est donc possible. Il reste désormais à créer des outils qui viendront démocratiser et baliser les apprentissages nécessaires pour vivre de ce merveilleux métier!

Sources :

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