13.08.2020
Chroniques Que faut-il enseigner aux entrepreneurs?

Que faut-il enseigner aux entrepreneurs?

Une formation aux multiples défis

Développer des compétences qui transforment les actions

Que faut-il enseigner aux entrepreneurs? Et comment leur enseigner? Les formules d’enseignement traditionnelles ne répondent pas entièrement aux exigences d’une telle formation. L’accompagnement par le coaching, qui fait l’objet d’un intérêt grandissant dans le domaine de la recherche entrepreneuriale s’avère bien plus adapté et efficace. La relation privilégiée entre le coach-formateur et l’apprenant permet une bien meilleure compréhension des enjeux et des objectifs que dans un cours magistral. Ce faisant, les accompagnements plus personnalisés permettent d’obtenir de meilleurs résultats.

Le coach est en mesure d’établir un profil de compétences à atteindre, mais également un profil des compétences actuelles. Cela permettra notamment à l’entrepreneur en devenir de mieux saisir les défis qui se dresseront sur sa route et de savoir s’il possède réellement les aptitudes pour les relever.

Il s’agit de focaliser l’attention sur les compétences et la capacité psychologique et comportementale de l’entrepreneur à atteindre ses objectifs validant son identité d’entrepreneur.

C. SCHMITT, L’AGIR ENTREPRENEURIAL : REPENSER L’ACTION DES ENTREPRENEURS, 2015, P.34

Pour établir ces profils « actuel » et « souhaité », le coach-formateur utilise notamment des tests psychométriques, tel que le modèle TRIMA. Ce type d’outil d’évaluation permet aux futurs entrepreneurs de développer leur savoir-être et d’identifier exactement les compétences comportementales dont ils auront besoin pour réussir dans leur métier.

10 compétences à développer pour les entrepreneurs

Même s’il est impossible d’établir un profil de compétences comportementales parfaitement adapté à TOUS les entrepreneurs, certaines attitudes et certains comportements sont plus généralement partagés par les entrepreneurs. Dans le cadre de mes recherches, j’ai notamment relevé 10 compétences comportementales centrales à la réussite en entrepreneuriat.

S’adapter au changement

Les changements sont nombreux et rapides en entrepreneuriat. Pour rester au sommet, les entrepreneurs doivent donc apprendre à accepter et même à rechercher le changement. Si une méthode ne semble plus optimale ou que le marché évolue, il faut savoir s’adapter!

Développer son intelligence émotionnelle

Les situations conflictuelles et les problèmes de communication sont toujours susceptibles de survenir en affaires. Développer l’empathie chez les entrepreneurs permet de mieux gérer leurs propres émotions, mais également les relations avec les clients. Plus un entrepreneur est « humain » et à l’écoute des autres, plus les relations établies avec la clientèle seront durables et solides.

Stimuler sa créativité

La créativité est bien plus qu’une surabondance d’imagination. C’est la capacité de trouver des solutions novatrices, « out of the box ». Les entrepreneurs doivent rapidement apprendre à ne pas se concentrer sur les problèmes, mais à passer à l’action pour les régler.

Tolérer l’incertitude

Les entrepreneurs doivent vivre avec la certitude qu’il n’y a rien de certain! Certaines périodes peuvent être fastes en projets, alors que d’autres seront « trop » calmes. Il faut ainsi apprendre aux jeunes entrepreneurs à tolérer l’incertitude et à ne pas se laisser abattre, surtout dans les premières années d’un projet d’entreprise.

Développer son goût du risque

Avoir le goût du risque, ce n’est pas se lancer dans le vide sans filet! C’est plutôt la capacité de foncer malgré la possibilité d’un échec. Nous devons donc montrer aux entrepreneurs comment « sortir de leur tête ». Malgré les doutes, il leur faut apprendre à ne pas avoir peur de l’inconnu et à prendre des risques mesurés et calculés.

Persévérer, encore et encore

Le risque, les échecs, les revers et les conflits sont des sources de stress, même pour les entrepreneurs les plus performants. Ce qui permet aux entrepreneurs de connaître du succès à long terme, c’est la persévérance. Cette capacité à continuer malgré tout, à essayer encore et encore afin de surmonter les obstacles.

Être curieux

La curiosité est un moteur important pour stimuler la créativité et la résilience des entrepreneurs. Elle leur permet de s’ouvrir aux nouvelles connaissances et pratiques, de s’intéresser réellement aux projets de leurs clients et de s’investir pleinement dans leurs propres apprentissages.

La collaboration et la coopétition

Les entrepreneurs qui possèdent un profil d’excellence ne sont jamais seuls. Ils sont entourés d’un réseau de collaborateurs, de partenaires et d’alliés qui les soutiennent, directement ou indirectement. L’une des plus grandes forces des entrepreneurs, c’est cette capacité à établir des liens durables et solides. Même les compétiteurs peuvent devenir d’excellents « coopétiteurs »!

Avoir confiance en soi

La dernière compétence comportementale et non la moindre : la confiance. Pour persévérer, se développer et prendre des risques, les entrepreneurs doivent apprendre à agir en se fiant à leurs forces et à leurs compétences. Parce que la confiance n’est pas l’absence d’incertitude, c’est plutôt la capacité à passer à l’action MALGRÉ les doutes.

Devenir la meilleure version de soi-même

En entrepreneuriat, il ne suffit pas d’enseigner une matière ou de montrer des méthodes de travail ; le coach-formateur doit aussi, et surtout, aider les entrepreneurs à devenir la meilleure version d’eux-mêmes. C’est donc par l’apprentissage de compétences comportementales que nous proposons d’enseigner ce métier aux nouvelles cohortes.

La formation technique des entrepreneurs est évidemment nécessaire à leur succès. Ils doivent apprendre à utiliser des outils de travail et à remplir les nombreuses obligations gouvernementales et fiscales qui viennent avec le métier. Mais leur succès ne dépend pas que de leurs connaissances et de leurs compétences techniques! C’est avant tout en développant leur intelligence émotionnelle, leur empathie et leur confiance que nous permettrons aux futurs entrepreneurs de prendre en main leur propre succès.

Sources :

  • Léger-Jarniou, C. et Saporta, B. (2006). L’accompagnement en situation entrepreneuriale : pertinence ou cohérence. Revue de l’Entrepreneuriat, 5(1), 9-12.
  • Schmitt, C. (2015). L’agir entrepreneurial: Repenser l’action des entrepreneurs. Québec : Presses de l’Université du Québec.

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