27.09.2020
Nouvelle de 18 h Baisse de 30% des logements disponibles

Baisse de 30% des logements disponibles

L’arrondissement de Rimouski compte environ 220 logements disponibles, ce qui est sous le seuil acceptable, selon la plus récente étude effectuée par la Société canadienne d’hypothèque et de logement (SCHL) sur le taux d’inoccupation, dévoilée hier.

Le taux d’inoccupation est passé de 3,7 % à 2,6 % au cours de la dernière année, dans ce secteur, ce qui est sous la barre de référence de 3 % qui représente un nombre suffisant de logements disponibles pour une population donnée, dans un marché en particulier. La baisse est de 30 %, alors qu’il y a 8 400 ménages locataires à Rimouski et que 97,4 % des logements sont donc occupés.

« Et cette baisse est constante depuis 2015. Nous étions alors à 5 % de taux d’inoccupation. À quoi cela est-il attribuable? Il y a sûrement plusieurs facteurs, dont la migration du milieu rural vers la ville centre, une hausse du nombre d’étudiants locataires, un ralentissement de la construction des édifices à logement, le vieillissement de la population qui délaisserait sa maison pour un logement et la situation de l’emploi, entre autres », explique Guy Labonté, du Comité Logement Rimouski-Neigette (CLRN).

Écarts importants

Selon lui, non seulement les logements sont rares, mais le problème de l’écart de qualité entre les logements à prix raisonnable et les logements à prix élevé observé depuis au moins 10 ans, persiste. La moyenne des loyers pour un logement, toute grandeur comprise, à Rimouski, est de 646 $, tandis que pour la superficie la plus en demande, celui de quatre pièces et demi, on observe un prix moyen de 681 $, non chauffé, non éclairé.

Logement à 1 000 $

« Si vous pouvez payer 650 $ pour un quatre et demi, vous allez probablement vous retrouver dans un édifice qui date des années 1950 ou 1960, dont les murs laissent passer le bruit et qui est mal chauffé. Pour un logement de qualité, pour avoir la paix, il faut compter 900 $ ou 1 000 $, pour un quatre et demi », affirme monsieur Labonté.

Guy Labonté (Photo: Pierre Michaud-archives)

À Montréal, un logement de quatre pièces et demi acceptable, non chauffé et non éclairé, se chiffre facilement à 850 $.

Airbnb

Celui-ci a effectué une recherche pour savoir si le nombre de logements proposés sur la plateforme Airbnb était important, à Rimouski, car il pourrait perturber le marché. « C’est sûr que nous sommes contre cette forme d’économie souterraine qui prive la population d’un accès à ces logements. Toutefois, je n’en ai compté qu’une dizaine, alors le phénomène peut être considéré comme mineur, chez-nous. »

La pénurie s’aggrave

Selon le Front d’action populaire pour le réaménagement urbain (FRAPRU), la pénurie de logement s’aggrave, au Québec.

Le bas taux d’inoccupation est particulièrement inquiétant dans les régions métropolitaines (RMR) de Québec (2,4%), Sherbrooke (2,3%), Montréal (1,5%), et Gatineau (1,5%).

À Montréal, le taux d’inoccupation est à son seuil le plus bas en 15 ans. À Québec, le taux vient de passer sous le seuil d’équilibre établi à 3%, comme à Trois-Rivières où il est de 2,3%.

Il est sous la barre du 2% dans plusieurs autres municipalités : Granby (0,9%), Laval (1,2%), Drummondville (1,1%), Saint-Hyacinthe (0,4%), Rawdon (1,1%), Alma (1,9%), Joliette (1,3%), Rivière-du-Loup (1,8%), Saint-Georges (1,4%) Rouyn-Noranda (1,0 %), Val d’Or (1,4 %) et il baisse dangereusement dans plusieurs autres agglomérations, dont Rimouski (2,6%) et Sorel-Tracy (2,6%).

Le FRAPRU et le réseau provincial des organismes de défense des droits des locataires vont tenir une manifestation pour obtenir plus de logements sociaux, le 7 février, à Québec. Le CLRN y participera et les intéressés peuvent se joindre à un groupe de 30 personnes déjà formé qui sera de la partie.

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