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La parole s’envole…

La parole s’envole

L’astuce et l’esprit viennent seulement avec l’âge et l’expérience.

Depuis 5 jours je me suis aperçu que le parole s’envole facilement surtout dans ces moments plus moroses COVID-19 oblige. En effet, j’ai mis en ligne sur ma page FB et sur You tube un conte pour rire (premier niveau) mais aussi pour la réflexion (deuxième niveau).

Je ne pensais pas qu’après seulement 5 jours, j’aurais atteint 905 vues. Cela me touche beaucoup, car si je fais plaisir à tout ce monde là, bien, cela vaut la peine de continuer. Je dirais même seulement pour une personne, j’en serais ravi.

Cela m’a donné l’idée d’écrire le conte sur notre chronique et vous démontrer le pouvoir de la parole, lorsque nous racontons un conte, qu’il faut l’habiter, le rendre vivant, d’où l’expression « la parole vivante ».

Vous êtes sûrement de ceux qui, à une certaine époque, nous devions apprendre par coeur les fables de La Fontaine. Sous le joug d’une bonne religieuse qui tenait dans ses mains le fameux bâton de musique (rouge et vert). Nous avions droit à un coup de ce fameux bâton sur les doigts si une erreur se glissait lors de la récitation des fables. Que dire aussi de la belle nouvelle d’Alfred Daudet dans « Lettres de mon moulin » La chèvre de monsieur Séguin.

Est-ce pour cela que j’ai de l’arthrite aujourd’hui? Ne vous demandez pas pourquoi je suis quelque peu rébarbatif, même rebelle et que je veux absolument habiter, vivre le conte, l’histoire que je raconte. Je pèse sur le mot raconte et non récite.

Vous retrouverez le conte écrit dans cette chronique et je vous invite à comparer la différence entre la lecture que vous en ferez et le récit verbal que je vous fais.

Je vous invite, seul ou en famille, à refaire cette histoire en vos mots en la racontant devant les membres de votre famille.

Une riche vieille dame va faire une marche dans une forêt près de Rimouski. Elle amène son fidèle vieux Charlie pour lui tenir compagnie.
Un jour, le caniche part à la chasse aux papillons, et avant longtemps, il s’aperçoit qu’il s’est perdu.
Errant au hasard en tentant de retrouver son chemin, il voit un ours courir vers lui avec l’intention visible de faire un bon repas.

Dessin Grizzly sur l’arbre


Le vieux chien pense :
« Ouais je suis dans un beau pétrin! »
Remarquant les quelques os d’une carcasse sur le sol, il se met aussi tôt à mâcher les os, tournant le dos à l’ours qui approche.
Quand celui-ci est sur le point de lui sauter dessus, le vieux caniche s’exclame haut et fort :
« Ouah, cet ours était vraiment excellent ! Je me demande s’il y en a d’autres par ici ? »
En entendant cela, le jeune ours interrompt son attaque en plein élan, il regarde le caniche avec effroi, et s’enfuit en rampant sous les fourrés.
« Ouf ! », soupire-t-il, « C’était tout juste ! Ce vieux chien a failli m’avoir! »
Cependant, un corbeau, qui avait observé toute la scène percher sur une branche d’arbre se dit qu’il pourrait mettre à profit ce qu’il a vu et entendu pour négocier avec l’ours et obtention de sa protection.
Il court donc le rattraper, mais le vieux caniche, le voyant voler à toute vitesse après l’ours, réalise que quelque chose doit se tramer.
Le corbeau rattrape vite l’ours, lui dévoile le pot aux roses, et lui propose son accord.
Le jeune ours est furieux d’avoir été trompé :
« Viens, corbeau, monte sur mon dos, et tu vas voir ce qui va arriver à ce petit malin ! »


Charlie le chien, voit le jeune ours courir avec l’oiseau sur son dos et s’inquiète :
« Que vais-je faire maintenant? »
Au lieu de s’enfuir, le chien s’assied dos à ses agresseurs, faisant semblant de ne pas les avoir vues, et juste au moment où ils arrivent à portée de voix, il s’exclame :
« Où est donc passé ce foutu corbeau ? Ça fait une heure que je l’ai envoyé me chercher un autre ours ! »

Par la même occasion, tout en jasant, pourquoi ne pas faire colorier les animaux du conte aux plus jeunes!

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