19.09.2020
Chroniques Jules-A. Brillant doit se retourner dans sa tombe

Jules-A. Brillant doit se retourner dans sa tombe

Que serait devenue la ville de Rimouski sans cet entrepreneur  visionnaire qui a été à l’origine de plusieurs projets dans les décennies 50 et 60? On n’a qu’à penser à Québec-Téléphone, la Compagnie de pouvoir, CJBR, l’Institut de Marine, l’École de commerce et bien d’autres. À juste titre, le prix remis à l’Entreprise de l’Année lors du Gala organisé par la Chambre de commerce et de l’industrie Rimouski-Neigette porte son nom. Bien sûr, pour réaliser ces défis, M. Jules-A. Brillant pouvait compter sur des acolytes qui ramaient tous dans la même direction dans le bateau. Mais sans cette présence bénéfique, ce dynamisme déployé au milieu du siècle dernier à quoi pourrait ressembler Rimouski? Une petite bourgade à mi-chemin entre Rivière-du-Loup et Matane? Est-ce dire que Rimouski vit sur du «vieux gagné»?

La Métropole du Bas-Saint-Laurent

Titre ronflant s’il en est un, Rimouski se vante d’être la métropole du Bas-Saint-Laurent. Oui, si l’on parle en terme démographique. Elle se targue également d’être la Technopole maritime du Québec, bref une sorte de «Silicon Valley». Non, mais est-ce qu’on a une haute estime de nous autres? Par contre, en analysant notre comportement quand vient le temps de se mobiliser face à un projet, je suis loin d’être convaincu que Jules-A. Brillant serait fier de ses contemporains.

Difficulté à faire consensus

Le mot consensus est difficile à introduire dans notre vocabulaire quand un projet intéressant est proposé pour l’avenir de notre ville. Un climat de controverse, de suspicion se met de la partie. Les exemples sont légion : pensons à la Salle Desjardins-Télus, la bibliothèque Lisette-Morin, le nom du Boulevard René-Lepage (dossier non réglé), la réserve foncière des propriétaires riverains, la Cathédrale, la venue éventuelle de Costco et j’en passe. Dernièrement, un autre dossier a soulevé l’ire des citoyens des districts Le Bic et Sacré-Cœur. On demande une consultation publique concernant la division des deux districts électoraux, rien de moins. Pour reprendre une expression populaire : «Nous ne sommes vraiment pas sortis de l’auberge»!

Des «chiqueux» de guenille

Comment expliquer cette réaction instantanée de « chialage » quant au contraire, nous devrions nous mobiliser face à un projet structurant? Est-ce dû à notre peur du changement, du manque d’ouverture, d’un manque de leadership ferme. Un petit peu de toutes ces réponses est bon et je suis sûr que nos lecteurs pourraient en rajouter à la liste. Certains d’entre vous vont opiner qu’il est légitime de s’exprimer, de débattre. Après tout, nous vivons dans une démocratie. Mais quand l’opposition dure des années, voire des décennies, le développement de la municipalité en prend pour son rhume. Les Rimouskoises et Rimouskois se qualifient de gens fiers, mais fiers de quoi?

L’acceptabilité sociale

Nos élus, de tous les paliers de gouvernement, carburent à l’acceptabilité sociale. À n’en point douter, ça facilite la réélection. L’ancien ministre du comté voisin, monsieur Jean D’Amour, avait compris la dynamique qui animait la population rimouskoise. Lors d’une intervention, il avait mentionné et je cite : «Gens de Rimouski, prouvez-moi que vous pouvez vous rallier dans le dossier de l’Autoroute 20 et je le ferai réinscrire au programme québécois des infrastructures». Il savait très bien que la chicane pognerait encore dans le patelin, certains prétextant que nous n’avons pas besoin d’une infrastructure routière efficace pour favoriser notre développement.

Un vaccin contre le « rimouskivirus »

Le récent coronavirus fait la manchette à l’échelle planétaire depuis quelques mois, mais le « rimouskivirus » affecte notre ville depuis plus de trente ans. Il est grand temps que les Rimouskoises et Rimouskois se mobilisent et se fassent vacciner contre ce syndrome qui les afflige. Il faudra être prêt quand nos gouvernements réinjecteront des fonds pour repartir l’économie. Les opportunités seront là, il faudra en profiter. Alors, retroussons nos manches et passons à l’action de façon constructive comme le faisait si bien Jules-A. Brillant et ses pairs à l’époque.

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