27.09.2020
Nouvelle de 18 h La passion du saumon

La passion du saumon

La plupart des gens ont un jour ou l’autre entendu parler du phénomène qu’est la montaison de poissons. C’est-à-dire, le chemin parcouru d’un poisson migrateur qui remonte un cours d’eau afin de rejoindre son lieu de reproduction ou de développement. On dit que c’est un phénomène instinctif chez de nombreuses espèces de poissons. Le saumon atlantique de la rivière Rimouski n’est pas en reste, mais qu’en est-il au juste quand un barrage électrique l’empêche de poursuivre sa route ?

700 à 750 saumons en moyenne par année

Les installations de Boralex qui permettent de cueillir le saumon dans les cages et de les transporter avec le camion-citerne en amont du barrage de La Pulpe. Photo: Site web La ZEC Saumon Rimouski

Le journal le soir s’est rendu sur les lieux afin de constater comment cela se passait. Dès notre arrivée, nous avons fait la connaissance d’un homme, Richard Sirois, qui collabore gracieusement à ce projet depuis quelques années déjà : « Le but est de permettre aux saumons de contourner le barrage électrique de Boralex. On va chercher le poisson qui entre dans une cage qui flotte au-dessus de la rivière. Ensuite à l’aide d’un treuil on prend la cage et on les transvide dans notre camion-citerne qui reçoit les saumons capturés temporairement. Ils sont ensuite transportés en amont du barrage La Pulpe qui se situe un peu plus haut dans la rivière Rimouski. Bon an mal an, on parle d’environ 700 à 750 saumons que l’on aide à franchir le barrage. Une petite année peut représenter 650 saumons et une année record plus 900 », de déclarer avec passion monsieur Sirois.

Saumon indigène versus saumon ensemencé

Vidéo prise au moment où le saumon est relâché en amont du barrage La Pulpe. Vidéo: Pierre Chassé, journal le soir.

Il peut y avoir plusieurs voyages de camion-citerne dans une journée. Lors de celui-ci, deux saumons allaient être relâchés en amont du barrage de La Pulpe. L’œil averti, monsieur Sirois nous indiquait: « Parfois, pour un seul voyage, on peut en avoir une dizaine, pour ce voyage, je n’en ai que deux de 80 centimètres pour 17 ou 18 livres chaque. Ça fait quand même de belles prises. On remarquera aujourd’hui que l’un d’entre eux a sa nageoire qu’on appelle « l’adipeuse » ce qui veut dire que c’est un saumon indigène alors que l’autre n’en a pas, dans ce cas, on parlera alors d’un saumon qui a été ensemencé jadis », explique-t-il.

Habitat agrandi de 20 kilomètres

Cela fait maintenant plus d’une vingtaine d’années que La ZEC Saumon Rimouski contribue à développer la population de saumons grâce, entre autres, à la collaboration de la Société Boralex qui fournit les installations nécessaires au transport des saumons en amont du barrage. Richard Sirois qui donne de son temps depuis plusieurs années à cette cause explique : « C’est beaucoup plus que juste le maintien de l’espèce, c’est son habitat qui est agrandi de presque 20 kilomètres depuis qu’on procède de cette façon. Je trouve que c’est une belle collaboration pour assurer l’avenir de cette belle richesse qu’est le saumon de l’atlantique », précise-t-il.

Plusieurs enjeux

Le potentiel salmonicole de la rivière Rimouski ne fait pas de doute, la ZEC Saumon Rimouski  a parfois fait la manchette au cours des années à cause d’enjeux qui devront être dénoués et maintenus à l’ordre du jour. Parmi ceux-là, la question du réchauffement climatique et son impact sur la reproduction de l’espèce. Les scientifiques qui suivent la situation de près ont déjà signalé que la rivière Rimouski est considérée parmi les chaudes au Québec avec des températures qui peuvent atteindre les 27°C.

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