26.10.2020
Actualités Économie L’aide d’urgence pour le loyer commercial sous-utilisée

L’aide d’urgence pour le loyer commercial sous-utilisée

L’aide d’urgence du Canada pour le loyer commercial (AUCLC) reste grandement sous-utilisée selon les données de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI) qui montrent que seuls 15 % des PME locataires ont eu droit à l’aide au loyer.

Selon la FCEI, plus de la moitié des propriétaires de PME ont bénéficié de la Subvention salariale d’urgence du Canada (SSUC) et trois sur cinq ont eu recours au Compte d’urgence pour les entreprises canadiennes (CUEC).

« Bien que cela ait pris du temps, le gouvernement a tenu compte des inquiétudes des chefs de PME à l’égard de la SSUC et a apporté des modifications très utiles à ce programme. Il faut aussi reconnaître que les critères d’admissibilité au CUEC ont été élargis à deux reprises, ce qui a été une véritable bouée de sauvetage pour des centaines de milliers d’entreprises au pays. Malheureusement, il semble que les progrès se soient arrêtés là. À ce jour, trop peu d’entreprises ont accès au CUEC malgré le fait que le premier ministre Trudeau ait promis, à la mi-mai, que les nouvelles entreprises ainsi que les entrepreneurs qui gèrent leur entreprise avec un compte bancaire personnel pourraient s’en prévaloir », commente le vice-président des affaires nationales à la FCEI, Jasmin Guénette.

L’AUCLC ne fonctionne pas

« En ce qui concerne l’AUCLC, c’est une autre histoire. Le programme ne fonctionne pas du tout, autant pour les locataires que pour les propriétaires commerciaux. Malgré cela, il n’a pas été amélioré depuis sa mise en place, hormis le fait qu’il ait été prolongé pour juillet et août », déclare M. Guénette.

« Le compte d’urgence et la subvention salariale sont bien utilisés par les propriétaires de PME du pays, et plus des deux tiers trouvent ces deux programmes très utiles ou plutôt utiles. En revanche, ils ne sont que 20 % à se dire satisfaits de l’AUCLC au moment où le gouvernement fédéral et les provinces n’ont pas encore trouvé de terrain d’entente pour permettre aux PME locataires de recevoir directement les versements de l’AUCLC si leur propriétaire décide de ne pas participer à ce programme », continue M. Guénette.

Ajustements réclamés

La FCEI a demandé à Ottawa d’apporter un certain nombre de modifications essentielles au CUEC et à l’AUCLC, notamment de permettre à un plus grand nombre de PME d’accéder au CUEC, y compris celles dont les dépenses non reportables n’atteignent pas 40 000 $, les entreprises en démarrage et les entrepreneurs qui gèrent leur entreprise avec un compte bancaire personnel, expliquer clairement les raisons justifiant le rejet des demandes au CUEC et fournir un soutien individuel pour les questions de suivi, augmenter à 60 000 $ le montant du prêt du CUEC et porter à 50 % la portion du CUEC transformable en subvention, permettre aux PME locataires de recevoir l’AUCLC directement, indépendamment de la décision de leur propriétaire de participer ou non à ce programme, mettre en place un système à échelon dans le cadre de l’AUCLC pour s’assurer que les entreprises qui connaissent divers niveaux de baisse de revenus puissent y participer, comme cela a été fait avec la SSUC et simplifier la subvention salariale et inclure dans la rémunération admissible une partie des dividendes que verse l’entreprise à son propriétaire et aux membres de sa famille.

« Selon nos estimations, il pourrait y avoir entre 55 000 et 218 000 fermetures de PME à cause de la COVID-19. Les programmes d’aide gouvernementaux sont absolument vitaux à ce stade. Le gouvernement doit rester à l’écoute des propriétaires de PME et revoir ses programmes d’aide pour leur permettre de remonter la pente avant qu’il ne soit trop tard », conclut M. Guénette.

Méthodologie 

Les données présentées ici sont les résultats préliminaires d’un nouveau sondage en ligne de la FCEI, La COVID-19 et votre entreprise (18édition), auquel 4 669 membres FCEI ont répondu depuis le 31 juillet 2020. À titre de comparaison, pour un échantillon probabiliste ayant un nombre égal de répondants, la marge d’erreur serait de plus ou moins 1,4 %, 19 fois sur 20.

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