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«Les querelles sur la cathédrale ont assez duré»

Le député LeBel dépose une demande de classement pour obtenir du financement
Le député LeBel avec la cathédrale en arrière-plan. (Photo: courtoisie, Samuel Ouellet)

Le député de Rimouski à l’Assemblée nationale, Harold LeBel, met le poing sur la table dans le dossier de la cathédrale et invite les différentes parties prenantes à entreprendre le dialogue, un consensus étant absolument nécessaire pour obtenir du financement du gouvernement du Québec.

Le député LeBel a obtenu de l’ouverture de la part de la ministre de la Culture, Nathalie Roy, pour que la cathédrale devienne un immeuble patrimonial et puisse se qualifier pour des subventions pouvant atteindre la moitié des sommes qui seront investies dans la restauration de la cathédrale.

Il y a deux semaines, la Fabrique Saint-Germain a déposé un carnet de santé de la cathédrale réalisé par un ingénieur indépendant, Marcel Leblanc, qui établit les coûts des travaux urgents à 350 000 $ et des travaux à plus long terme à 2,3 M$. Cela signifie que la subvention provinciale pourrait atteindre 1,15 M$.

Demande de classement

« Avec cette demande de classement, nous allons passer une étape vers un processus pour la sauvegarde de la cathédrale. Je souhaite que cette démarche permette à toutes les Rimouskoises et à tous les Rimouskois de se rassembler pour mettre de l’avant une vision commune de notre cathédrale. D’ailleurs, dans la lettre que la ministre de la Culture et des Communications m’a envoyée, il est clairement indiqué qu’une des conditions  incontournables au succès de la démarche c’est que nous trouvons un usage régulier au bâtiment qui fera consensus chez la majorité des gens de Rimouski. Je crois que nous pouvons y arriver avec de l’humilité et de l’ouverture d’esprit », mentionne le député de Rimouski.

Cette démarche impliquerait la Ville de Rimouski, qui devra adopter une résolution pour désigner la cathédrale édifice patrimonial. C’est la seule implication demandée à la Ville, qui est toujours frileuse quand vient le temps de parler de la cathédrale. La demande de classement du député auprès de Québec a été rédigée avec la collaboration de spécialistes en histoire et en patrimoine bâti, Pascal Gagnon, Charles Ruest, Kurt Vignola et Michel Saint-Pierre.

Les professeurs d’architecture et d’histoire, Michel Saint-Pierre et Pascal Gagnon. (Photo: journallesoir.ca, Pierre Michaud)

Démarche

Aussi, monsieur LeBel a réussi une première démarche dans le consensus visé en obtenant des lettres d’appui à sa démarche de la Ville, de la Fabrique Saint-Germain, de la Société rimouskoise du patrimoine (SRP) et de l’Archevêché. Mais il y a encore beaucoup à faire et monsieur LeBel ne veut pas « convoquer » les quatre organisations mentionnées ci-haut. Il espère plutôt que l’une d’entre elles en prenne l’initiative.

« Je ne peux que faire en sorte de parler à tout le monde et d’apporter un climat constructif. Que tout le monde mette un peu d’eau dans son vin et qu’on arrive à protéger la cathédrale et à réaliser un projet collectif », affirme monsieur LeBel.

Consensus

« La ministre nous dit qu’elle est prête à faire quelque chose, qu’elle est prête à s’impliquer. Mais s’il n’y a pas de consensus, elle ne pourra pas le faire. Nous avons une prise de conscience à faire, comme communauté. Est-ce qu’on continue encore à se renvoyer la balle ou est-ce qu’on essaie de trouver une formule qui nous permettra d’arriver à quelque chose. C’est un dossier très, très sensible et avant de m’embarquer, je veux passer le message qu’il y a la possibilité de faire quelque chose. Les arguments pour le projet sont solides, là il faut se demander si on est prêt à aller de l’avant ensemble. La population le veut. Personne ne veut voir ce monument tomber. Il me semble qu’on est capable de se parler », renchérit Harold LeBel.

« Les querelles ont assez duré. Un moment donné, il faut que ça arrête. Je tente de provoquer quelque chose en déposant la demande de classement de la cathédrale. La ministre, comme moi, affirme la nécessité d’un consensus pour aller plus loin », conclut monsieur LeBel.

Reste maintenant à voir comment réagiront la Fabrique Saint-Germain et l’Archevêché, tout comme le Regroupement diocésain pour la sauvegarde de la cathédrale et la Ville de Rimouski. Rappelons qu’une poursuite judiciaire a été entamée par l’Archevêché pour démettre les marguilliers de la Fabrique Saint-Germain de leurs fonctions.

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