27.10.2020
Chroniques Petite histoire du Colisée de Rimouski

Petite histoire du Colisée de Rimouski

Avant le Colisée tel que nous le connaissons aujourd'hui, il y a eu deux autres stades couverts dont un a été la proie des flammes.

Il est impossible de mettre une date sur le premier match de hockey à Rimouski. Une chose est certaine, ce sport est pratiqué chez-nous sur des surfaces gelées et des patinoires extérieures dans le dernier quart du XIXe siècle. Au début du XXe siècle, des patinoires extérieures dotées de bandes sont aménagées. On en trouve une près de la rue St-Pierre tandis que dans la cour du Séminaire, il y en a généralement deux. En 1912, Rimouski joint pour la première fois les rangs d’une ligue bien structurée, la Lower St. Lawrence Amateur Hockey League, qui compte aussi des formations à Métis, Sainte-Flavie et Matane.  

En 1919, la Société d’agriculture du comté de Rimouski construit, rue Rouleau, un pavillon d’exposition. Contrairement à la croyance populaire, il n’y a jamais eu de patinoire à l’intérieur de ce bâtiment. Toutefois, lorsque cet immeuble est détruit par un incendie à la fin de l’été 1935, les directeurs de la Société d’agriculture décident lors d’une réunion tenue le 24 octobre 1935, de reconstruire sur le même emplacement un édifice beaucoup plus grand qui pourra également servir d’aréna.

L’aréna de l’avenue Rouleau, la première patinoire couverte de Rimouski, a été inauguré en 1936. Collection Richard Saindon

Les travaux sont lancés le 29 octobre suivant. L’édifice fait 73,5 mètres sur 39,5 mètres (242 pieds sur 130), permettant l’aménagement d’une patinoire de dimension règlementaire, entourée de gradins pouvant accueillir 3 000 personnes. Sous les gradins, des espaces sont aménagés pour les exposants lors de l’Exposition agricole annuelle. Les coûts de construction s’élèvent à un peu plus de 17 000 $. Le bâtiment est doté d’une charpente en acier. Ce contrat est confié à la Dominion Bridge de Montréal.

Premier match

Les travaux de construction vont bon train et le nouveau stade est inauguré le dimanche 5 janvier 1936 par le maire de Rimouski et président de la Société d’agriculture, le docteur Louis-Joseph Moreault, ainsi que par le président de l’Association sportive de Rimouski, Elzéar Côté. On présente pour l’occasion une partie de la Ligue de hockey du Bas-Saint-Laurent opposant les équipes de Rimouski et de Sayabec. Il s’agit du tout premier match de hockey disputé dans un stade couvert au Bas-Saint-Laurent. Devant une foule de plus de 1 000 spectateurs, Rimouski l’emporte difficilement par la marque de 5 à 4…

L’aréna de la rue Rouleau accueille le 24 janvier 1938, les Canadiens de Montréal à l’occasion d’un match intra-équipe. Les Rimouskois ont pu à cette occasion voir évoluer des joueurs tels Aurèle Joliat, Toe Blake, Georges Mantha et Don Wilson.

Le deuxième aréna

En 1949, à la demande du Séminaire qui souhaite récupérer son terrain, l’aréna de la rue Rouleau est démantelé et déménagé dans l’avenue de la Cathédrale, là où se trouve aujourd’hui la caserne des pompiers. Le gérant de la Société d’agriculture en poste à l’époque, Gérard Hupé, dote alors l’amphithéâtre d’une glace artificielle, ce qui en fait le premier du genre à l’est de Québec. On l’appelle officiellement le Colisée.

Le Colisée de l’avenue de la Cathédrale en 1964. Photo Rita Chevron, collection Richard Saindon.

En 1964, le Colisée est en piteux état. La Ville de Rimouski souhaite faire l’acquisition du bâtiment et des terrains de la Société d’agriculture afin d’ériger un nouveau stade. Un accord de principe est conclu à l’issu de deux réunions tenues les 20 et 27 avril 1964. La Société d’agriculture accepte de vendre le Colisée et les terrains d’une superficie de 567 000 pieds carrés pour la somme de 100 159 $. En contrepartie, la Ville de Rimouski accorde aux anciens propriétaires le droit, à perpétuité, d’utiliser le bâtiment pour tenir son exposition régionale annuelle. Dans les semaines suivantes, le maire Maurice Tessier annonce que la ville va construire sur le site de l’ancien Colisée de l’avenue de la Cathédrale, un complexe comprenant un amphithéâtre de 5 000 places, une piscine, des salles d’exposition et la bibliothèque municipale. Des appels sont lancés aux architectes. Cependant, au début du mois de décembre 1964, au moment de signer le contrat de vente chez le notaire Ronaldo Raboin, les dirigeants de la Société d’agriculture déposent de nouvelles exigences que les responsables municipaux jugent inacceptables. Les négociations sont alors rompues.  

Par la suite, les événements se bousculent. Moins de deux mois après la fin des pourparlers, le Colisée que l’on disait pourtant à l’épreuve du feu est rasé par les flammes dans la nuit du 22 janvier 1965. L’assurance détenue par la Société d’agriculture ne couvrait pas la totalité du montant des pertes. La cause exacte de l’incendie n’a jamais pu être déterminée. De leur côté, les joueurs des Feuilles d’Érable de Rimouski perdent tous leurs équipements et doivent poursuivre la saison à Mont-Joli.

Le maire Maurice Tessier inaugure le Colisée de Rimouski le 27 août 1966. Photo Rita Chevron, collection Richard Saindon.

Le nouveau Colisée

Comme nous l’avons vu, même avant ce sinistre, la décision avait été prise de doter Rimouski d’un colisée moderne. Ne pouvant plus compter sur le terrain de la Société d’agriculture, le maire Tessier se met à la recherche d’un nouvel emplacement. Deux terrains sont considérés ; l’un tout près du garage municipal dans la rue St-Germain est et l’autre qui correspond à l’emplacement actuel du parc Beauséjour. Finalement, la Ville de Rimouski obtiendra gratuitement du ministère de l’Éducation, un terrain dans la 2e Rue ouest. Les plans du nouveau Colisée comprenant 4 500 sièges sont réalisés par les architectes Albert Leclerc et Gaston Martin. Le 21 août 1965, le Conseil municipal accorde le contrat à la firme Construction St-Hilaire au montant de 1 223 803 $. L’édifice est inauguré le 27 août 1966 devant une foule de 2 800 personnes par le maire Maurice Tessier. Notons que le Colisée a été agrandi et rénové en 2008 au coût de 7 M$.   

Richard Saindon, bachelier en histoire de l’Université du Québec à Rimouski, a mené pendant 36 ans une carrière de journaliste à la radio et à la télévision de Radio-Canada au Bas-Saint-Laurent. Il est l’auteur de Chronique du Bas-Saint-Laurent publié aux Éditions du Septentrion. Il a également écrit ou coécrit quatre autres livres portant sur l’histoire de Rimouski et de la région. Pendant 15 ans, il a aussi collaboré à la section Tourisme du plusieurs journaux dont La Presse, Le Soleil et Le Quotidien de Chicoutimi.

Suivez-nous sur les réseaux sociaux



   

Inscrivez-vous à notre infolettre

Télécharger l'application web du journal le soir

Télécharger
×