28.10.2020
Chroniques Découvertes brassicoles Comme un jour de fête

Comme un jour de fête

Il y a quelques semaines, les produits de la Brasserie du Bas-Canada et de Messorem Bracitorium débarquaient pour la première fois à Rimouski lors d'un événement unique au Paradis de la Bière.

Au moment de publier ces lignes, il y aura 1 an très exactement que la présente chronique aura vu le jour. C’est un honneur et un privilège pour moi d’avoir une tribune pour vous entretenir de l’un de mes sujets de prédilection! La bière occupe en effet une place importante parmi mes sujets de conversation préférés. J’en parle avec passion et j’essaie toujours de convertir les novices à me suivre sur la route de la découverte des microbrasseries de la région, du Québec et d’ailleurs. Rien de tel que de rencontrer et de discuter avec un amateur de brassins exclusifs qui ne jurait auparavant que par la petite montagne bleue.

Comme le laisse entendre le titre de cette chronique, aujourd’hui j’avais envie de vous entretenir à propos d’un événement qui a eu lieu ici à Rimouski il y a à peine quelques semaines et qui avait tout des meilleurs jours de fêtes! L’espace d’un instant, les inconditionnels de houblon ont pu avoir accès à quelques bières provenant de deux microbrasseries des plus en vogue. La Brasserie du Bas-Canada et Messorem Bracitorium, dont les produits sont normalement impossibles à dénicher débarquaient en ville pour la première fois!

Hypa V, Océanides, Bank Hotel du côté de la Brasserie du Bas-Canada et Suffoquer, 7 pieds sous terre et One Hunna du coté de Messorem Bracitorium. Cette offrande de houblon – du jamais vu pour les amateurs Bas-Laurentiens – a été écoulée en moins de temps qu’il ne faut pour le dire et les amateurs étaient prêts à aller faire la file pour obtenir leur ration limitée à une ou deux canettes de chaque sorte. 

Pour ceux et celles qui ignoreraient de quoi je parle, sachez que la Brasserie du Bas-Canada et Messorem Bracitorium sont des brasseries qui ont le vent dans les voiles depuis leur ouverture. BBC et Messo pour les initiés, ont redéfini le standard de qualité au niveau des IPA, DIPA et autres bières outrageusement houblonnées. Avec un branding efficace, des sorties ultra limitées et des bières de qualité, tous les ingrédients sont réunis pour que le hype perdure dans le temps. J’ai eu l’occasion de goûter quelques unes de leurs créations respectives et celles-ci sortent souvent des sentiers battus. Situées à Gatineau (BBC) et Montréal (Messorem) n’hésitez pas à y faire un détour pour y attraper quelques canettes de leurs dernières créations.

La petite histoire du release

Selon les paroles de Denis Couillard, gérant au Paradis de la Bière, c’est grâce au travail du conseiller en bière Mathieu Dubé que ce véritable tour de force a été rendu possible.

« Profitant de la présence de ces brasseries à Percé qui y célébraient La Picole, un événement remplaçant l’Oktoberfest Gaspésien en cette année de pandémie, Matthieu a pris son courage à deux mains et il les a appelé » de dire celui qui occupait jadis le poste de conseiller à la place de Matthieu. « Ce qui est merveilleux, c’est que maintenant, la communication est ouverte avec les deux brasseries pour avoir leurs produits dès l’instant où la distribution sera possible de façon plus large » ajoute-t-il en mentionnant que la Brasserie du Bas-Canada est en train d’agrandir ses installations pour produire davantage d’excellentes bombes houblonnées – et en faire parvenir plus régulièrement vers l’est du Québec. Qui a dit que 2020 n’apporte que des mauvaises nouvelles?!

Je tiens donc à remercier personnellement Matthieu, son enthousiasme débordant et son accent gaspésien charmeur qui paraît-il fait des miracles auprès des microbrasseries et de leurs représentants!

Notes de dégustation

Arrivé un peu tard dans la file d’attente, j’ai quand même été en mesure de me procurer trois des excellentes bières disponibles ce jour là. Voici donc quelques notes de dégustation qui j’espère vous inciteront à joindre les rangs des inconditionnels lors du retour de ces produits en sol rimouskois.

La HYPA V de la Brasserie du Bas-Canada. Une IPA aux houblons Mosaic et Simcoe. (Photo: Guillaume Chevrette)

HYPA V | Brasserie du Bas-Canada

IPA aux houblons Mosaic et Simcoe
6,5 % alc./vol.

Dès l’ouverture de la canette, on sent l’omniprésence des houblons utilisés. Dire qu’il y a quelques années à peine, de telles bombes houblonnées n’existaient même pas au Québec! Depuis, beaucoup de chemin a été parcouru pour faire aussi bien que nos voisins du sud, véritables précurseurs sur la route des IPA et IPA doubles, houblonnées à crû puis doublement houblonnées à crû! Tel qu’abordé dans une précédente chronique, ce sont les houblons ajoutés après l’ébullition du moût, qui confèrent tous leurs arômes fruités, souvent tropicaux à ces bières troubles qui peuvent rappeler l’opalescence d’un grand verre de jus d’orange. Avec la HYPA V – V comme dans la blague du Romain qui entre dans une microbrasserie et commande 5 bières en levant 2 doigts vers le barman (!!!) – ce sont les houblons Simcoe et Mosaic qui nous mènent en terre tropicale, au pays de l’ananas et de la noix de coco. Dans un assemblage soyeux, un soupçon d’amertume vient équilibrer l’ensemble et en augmenter la buvabilité. Produit phare de la Brasserie du Bas-Canada depuis leurs tous débuts, la HYPA – de I a X – propose une exploration quasi systématique des houblons les plus appropriés pour ce type de bière. Affichant un 6,5 % alc./vol. tout en douceur, la HYPA V confirme ce que les amateurs savaient déjà: c’est très bon et ça descend bien!

La Océanides de la Brasserie du Bas-Canada. Une DDH DIPA au houblon Galaxy. (Photo: Guillaume Chevrette)

Océanides | Brasserie du Bas-Canada

DDH DIPA au houblon Galaxy
8 % alc./vol.

DDH DIPA! Double IPA… Double Dry Hop! Évidemment, la logique veut que pour soutenir plus d’alcool et quand même présenter un équilibre certain, le cahier des charges dicte l’utilisation plus massive de houblon. Ici, c’est le houblon australien Galaxy qui explose tout en agrumes, pêches mûres et fruits de la passion. C’est résolument plus costaud que la HYPA avec ses 8 % alc./vol. qui se font sentir tout de suite après la première lampée. Offrant plus de corps sans toutefois être trop lourde, cette Océanides, nommée en l’honneur de divinités gréco-romaines aquatiques, représente exactement ce que ce type de bière devrait être.

La Suffoquer de Messorem Bracitorium. Une DDH IPA aux houblons Citra, Idaho Gem et Vic Secret. (Photo: Guillaume Chevrette)

Suffoquer | Messorem Bracitorium

DDH IPA
6,2 % alc./vol.

Du côté de Messorem Bracitorium et la Suffoquer, une simple IPA doublement houblonnée à crû avec la trinité Citra, Idaho Gem et Vic Secret, c’est l’aspect visuel qui frappe d’abord. Un lait de houblon! En bouche, c’est le côté pamplemousse blanc et son amertume bien sèche qui domine. Contrairement aux autres Messo que j’ai eu la chance de goûter, Suffoquer est la plus raisonnable avec 6,2 % alc./vol. seulement… et bien honnêtement c’est parfait ainsi. Non pas que je dédaigne une triple IPA de temps en temps, mais comme son nom le laissait entendre, la OK Bonne Nuit savourée il y a déjà quelques mois avait un petit quelque chose qui incitait à tomber dans les bras de Morphée – une autre divinité grecque – avec ses 10 % alc./vol. bien tassés. Ici, le résultat est beaucoup plus désaltérant pour le plus grand bonheur de nos papilles. Décidément, ça nous prend plus de Messorem Bracitorium à l’est de la rue Pitt!


Je veux vous entendre! Quels sont les sujets dont vous aimeriez entendre parler dans cette chronique? Les nouveautés disponibles sur les tablettes des détaillants spécialisés? Les processus de brassage? Les rumeurs du monde brassicole? Partagez vos commentaires pour que cette chronique, comme la bière, nous permette de partager, discuter et avoir beaucoup de plaisir ensemble.

gchevrette@journallesoir.ca

Quand j’étais petit, il y avait au fond de l’épicerie du quartier où j’ai grandi, une espèce de chambre froide avec une porte très lourde. Toutes les semaines, l'épicier en sortait une caisse de 24 bières de marque Labatt pour mon père, parce que c’était de la Labatt qu’on buvait chez nous. Ensuite, Robert Charlebois s’en est mêlé et collectivement les Québécois ont découvert les microbrasseries. Cette chronique est pour moi l'occasion de partager ma passion pour l'heureux mélange provenant de l'assemblage de l'eau, de l'orge, du houblon, de la levure et de toute ma curiosité. Santé!

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