Chroniques Chasse et pêche Des enclos de maternité pour contrer le déclin des caribous

Des enclos de maternité pour contrer le déclin des caribous

Les caribous forestiers et montagnards continuent, pour la grande majorité des hardes, à tirer de la patte et leur pérennité demeure encore précaire, à moins que des enclos de maternité viennent protéger les veaux des prédateurs.

C’est ce que révèlent six rapports d’inventaire que vient de rendre public leministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP), à la suite de dénombrements aériens réalisés sur six différents troupeaux de caribous forestiers et montagnards du Québec, au cours de l’automne de 2019 et de l’hiver 2020.



À noter que les caribous du Québec appartiennent à la sous-espèce caribou des bois. Les biologistes utilisent le concept d’écotype ou sous-espèce, pour distinguer les populations. On en compte trois au Québec : forestier, montagnard et migrateur. « Malgré de légères différences entre les écotypes, comme la coloration du pelage, il demeure difficile, voire impossible, de différencier les caribous des différents écotypes par leur apparence physique », explique le MFFP.

Alerte rouge en Gaspésie


C’est ainsi que le dénombrement de la petite harde de caribous montagnards du Parc national de la Gaspésie, qui comptait 230 caribous en 2007, puis 70 en 2018, en compterait actuellement entre 40 et 50. Tous les voyants rouges sont allumés et les biologistes du MFFP sont en état alerte. On l’a déjà écrit, la prédation par l’ours noir et le coyote, combinée à la perte de l’habitat par l’exploitation forestière et des incendies de forêt, demeurent les principales causes du déclin. La majorité des caribous qui évolue à l’intérieur du Parc, se retrouvent dans les secteurs des Monts Logan, Albert et McGerrigle, à quelque 700 mètres d’altitude.

Si on dénombrait 230 caribous en 2007, 75 en 2018, pour une perte de 155 caribous en 11 ans, il suffirait de quelques années, 10 tout au plus, pour que les caribous disparaissent totalement de la carte gaspésienne, si rien n’est fait. Et dire qu’en 1978, le ministère responsable du temps a sonné l’alarme avec le film documentaire « La dernière chance du Caribou »!



Déclin prononcé à Charlevoix…

Sur la Rive Nord du Saint-Laurent, le déclin des populations de Charlevoix se poursuit aussi. Des 126 caribous forestiers dénombrés en 1992, ils étaient 56 en 2017 et 26 en 2019.


Pour sauver les caribous de ces deux régions, et favoriser une certaine pérennité, le MFFP prévoit construire des enclos de maternité, ou des aires de protection des veaux des prédateurs, situés à l’intérieur des territoires concernés, où on retrouve des conditions alimentaires et des habitats favorables à leur survie.

Le MFFP indique également que les caribous des secteurs de Manicouagan, de la Moyenne-Côte-Nord, et de Pipmuacan, semblent moins nombreux. « Pour Val-d’Or, la précarité de la population de caribous demeure un enjeu important. Les données des secteurs de la Baie-James, de Rupert, de La Grande et du Nord-du-Québec démontrent un certain potentiel de croissance », précise le MFFP.

…et dangereux à Val-d’Or

Pour Val-d’Or, Québec prévoit construire un enclos dit de plus grande taille pour offrir un meilleur environnement aux caribous. « Les inventaires aériens de l’automne 2019 et de janvier 2020 comptent « minimalement » sept individus et décline dangereusement depuis 2016.  Les caribous forestiers de Val-d’Or font face à un risque élevé d’extinction », note le MFFP.

Des appels d’offres pour ces enclos de maternité seront lancés dès l’hiver 2021 pour leur construction au printemps de 2021. Le MFFP indique aussi que des mesures mises en œuvre ou à venir, et sa stratégie avec ses partenaires, seront rendues publiques en 2021.

On peut consulter les six rapports d’inventaires aériens 2020 et les fiches techniques s’y rapportant, sur le site du Ministère à :  https://mffp.gouv.qc.ca/la-faune/especes/caribou-quebec/amenagement-habitat-caribou-forestier/rapports-inventaires/

Mon nom est Ernie Wells, chroniqueur chasse et pêche et animateur depuis six ans de l’émission hebdomadaire d'une heure « Rendez-Vous Nature », diffusée via 18 stations de radio, sur Facebook et www.rendezvousnature.ca. Journaliste, j’ai été correspondant du « Montreal Star », et collaborateur régional du Soleil de 1990 à 2020. De 1983 à 2014, j’ai signé la chronique chasse - pêche dans les hebdos régionaux de Québecor, où j'ai été rédacteur en chef et directeur de l'information. J’ai écrit dans Sentier Chasse-Pêche, et j’ai fondé le Salon Expo-Nature Rimouski, et Le Salon National Chasse Pêche Plein Air Rimouski. Je suis le promoteur de la Tournée annuelle des Films Chasse Pêche.


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