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Un système d’alerte lors des vagues de froid pour prévenir les problèmes de santé

Une équipe de l’Institut national de la recherche scientifique (INRS) et de l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ), sous la direction du professeur Fateh Chebana, vient de développer un système d’alerte pour les vagues de froid en relation avec la santé, une première dans le monde.

Les résultats ont été publiés en novembre dans le journal Science of The Total Environment. Le professeur Fateh Chebana de l’INRS est spécialisé dans la modélisation hydrogéologique. En 2010, son équipe a également développé un système d’alerte pour les vagues de chaleur.



Chaque année, les indices de refroidissement éolien élevés et les fortes tempêtes hivernales entraînent la mort prématurée de plus d’une centaine de Canadiennes et de Canadiens selon l’INSPQ.

Le froid affecte tout le monde


« Les vagues de froid, particulièrement importantes au Québec, peuvent affecter tout le monde, mais particulièrement les personnes atteintes de maladies chroniques. Les données fournies par l’INSPQ indiquent une hausse des hospitalisations et de la mortalité par temps froid. Concevoir un système d’alerte similaire à celui que nous avons développé pour les vagues de chaleur en 2010 nous paraissait donc essentiel », explique le professeur Chebana qui a dirigé l’étude.

Grâce aux données historiques, l’équipe de recherche a pu déterminer deux seuils de température qui déclencheraient une alerte par courriel afin de prévenir les professionnelles et les professionnels de la santé d’une vague de froid imminente. Selon la région, les seuils de température pour une vague de froid d’une durée de deux jours provoquant une alerte et reliés à un excès de mortalité observé dans la population varient entre −15 °C et −23 °C le jour, et entre −20 °C et −29 °C la nuit. Les seuils provoquant une alerte et reliés quant à eux à un excès d’hospitalisations dans la population varient entre −13 °C et −23 °C le jour, et entre −17 °C et −30 °C la nuit.



Lorsque le système sera opérationnel, il se basera sur les prévisions d’Environnement Canada et tiendra compte de leur fiabilité. Le système d’alerte considèrera aussi l’effet de délai entre l’exposition et les impacts sanitaires observés. « Ce n’est pas parce qu’il fait froid une journée que les gens meurent ou vont à l’hôpital le jour même. Cela peut prendre plusieurs jours avant de voir l’effet, plus longtemps qu’avec la chaleur », rapporte le chercheur.

Un système prometteur



Pour l’instant, les seuils déterminés sont les mêmes durant toute la période hivernale. L’équipe prévoit donc bonifier l’outil en les modulant selon le mois. « Une température de -15 en décembre n’aura pas le même effet sur la santé qu’en février, puisque le corps ne s’est pas encore acclimaté », indique le professeur Chebana.

Le système d’alerte considère présentement l’ensemble de la population, mais il pourrait s’attarder à des groupes plus à risque comme les personnes âgées ou celles avec des problèmes respiratoires. Les chercheurs envisagent aussi une spécificité applicable au tourisme ou au milieu de l’éducation, lors de la fermeture des écoles, par exemple.

Désormais entre les mains de l’INSPQ, ce modèle sera intégré au Système de surveillance et de prévention des impacts sanitaires des événements météorologiques extrêmes (SUPREME), une source d’information relative à l’incidence sur la santé des événements météorologiques extrêmes.

Comme les vagues de chaleur

« La mortalité ou les hospitalisations excédentaires causées par les vagues de froid sont des problèmes qui ne sont pas aussi bien connus que pour les vagues de chaleur, même si leurs conséquences sont nombreuses. Ces travaux, réalisés en collaboration avec les experts en modélisation des données hydrométéorologique de l’INRS, vont permettre aux acteurs de la santé publique de mieux surveiller les vagues de froid et de mettre en œuvre des interventions adéquates pour prévenir ces mortalités ou ces hospitalisations évitables. »

L’article « A cold-health watch and warning system, applied to the province of Quebec (Canada) » a été publié en novembre 2020 dans le journal Science of the Total Environment. Les chercheurs ont reçu un soutien financier du gouvernement du Québec dans le cadre du Plan d’action 2013-2020 sur les changements climatiques, de l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ), de Mitacs et du consortium Ouranos.


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