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Québec investit plus de 180 M$ pour la lutte contre la violence conjugale

Près d’un an après s’être vu confier par le premier ministre le mandat d’élaborer une réponse gouvernementale aux manifestations tragiques de la violence conjugale qui continuent de faire des victimes au Québec, la ministre déléguée à l’Éducation et ministre responsable de la Condition féminine, Isabelle Charest, a dévoilé jeudi le Plan d’action spécifique pour prévenir les situations de violence conjugale à haut risque de dangerosité et accroître la sécurité des victimes 2020-2025.

Ainsi, plus de 180 M$ seront investis pour la mise en place de plusieurs mesures visant à accentuer les efforts de prévention de la violence conjugale et à offrir un meilleur accompagnement aux victimes. Une somme de 120 M$ sera réservée au cours des cinq prochaines années au financement et à l’adaptation des services offerts par les maisons d’hébergement pour femmes victimes de violence conjugale. À cela s’ajoute un investissement de 6 M$, consacré à l’amélioration et à la rénovation de ces infrastructures.



« L’année dernière, le premier ministre m’a donné le mandat important de réunir mes collègues pour trouver des solutions afin de renforcer le filet de sécurité autour des victimes de violence conjugale. L’annonce d’aujourd’hui, qui cadre parfaitement avec les Journées d’actions contre la violence faite aux femmes, permettra de mettre en œuvre plusieurs actions pour sécuriser les femmes. L’ensemble des intervenants pourront être mieux outillés pour accompagner les victimes, tout en leur offrant un environnement sécuritaire. Je profite de l’occasion pour saluer le travail remarquable de ces organismes. Merci d’accueillir des femmes et des enfants et de leur offrir une chance de se reconstruire », commente la ministre Isabelle Charest.

Grâce à cet investissement important, le financement du réseau de maisons d’aide et d’hébergement pour femmes victimes de violence conjugale sera rehaussé dans l’ensemble de la province. Les services des maisons d’hébergement de deuxième étape, qui permettent aux victimes de se reconstruire en leur offrant un logement transitoire et sécuritaire, seront également consolidés.


9 M$ pour la Sécurité publique

Aussi, près de 9 M$ seront alloués au ministère de la Sécurité publique. Cela lui permettra notamment d’étendre son Service d’évaluation des conjoints violents au stade de la mise en liberté provisoire à trois nouvelles régions, soit le Saguenay-Lac-Saint-Jean, les Laurentides et la Montérégie (Sud-Ouest et Nord-Est), en plus de celles qui sont déjà servies. Les sommes transférées serviront également à analyser la faisabilité d’implanter des bracelets anti-rapprochement pour prévenir les homicides conjugaux au Québec. De plus, un outil sera élaboré pour évaluer les personnes condamnées pour une infraction liée à la violence conjugale. De cette manière, les modalités de leur prise en charge ainsi que leurs permissions de sortie ou de libération conditionnelle seront mieux établies. Finalement, la formation des corps policiers, qui sont souvent parmi les premiers répondants en situation de violence conjugale, sera bonifiée.



« Chaque victime est une victime de trop. Votre gouvernement est grandement conscient de la problématique de la violence conjugale, et c’est pourquoi nous tenons d’abord à travailler en amont, sur la prévention. Nous savons qu’il est de notre devoir de prendre tous les moyens à notre disposition pour assurer la protection des femmes et ainsi pouvoir les aider à s’en sortir. Pour ce faire, il est primordial que nos corps policiers soient bien outillés, de façon que les victimes se sentent épaulées durant le processus. Les sommes annoncées nous permettront de travailler avec des partenaires et avec d’autres ministères pour orchestrer la mise en place des mesures de façon rapide et efficace », déclare la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault.

Cellules d’intervention rapide


Les investissements annoncés permettront également de consolider les cellules d’intervention rapide servant à assurer un suivi des personnes ayant des comportements violents à risque d’homicide déjà en place au Québec, et d’en implanter de nouvelles dans six régions, grâce à un financement du Secrétariat à la condition féminine.

Le ministère de la Famille et le ministère de la Justice seront également mis à contribution. Une trousse virtuelle à l’intention du personnel en CPE sera produite afin d’aider celui-ci à mieux repérer les enfants à risque de subir de la violence dans un contexte conjugal et à intervenir auprès d’eux. De son côté, le ministère de la Justice créera un service juridique d’urgence pour déterminer, notamment, les droits de garde d’enfants en contexte de violence conjugale.

« Certains enjeux vécus par les victimes de violence conjugale ont été exacerbés par la pandémie et le confinement. C’est une situation qui ne peut durer et que nous ne pouvons tolérer. Il est de notre devoir d’agir rapidement et de mettre en place les mesures nécessaires pour prévenir la violence conjugale et lutter contre celle-ci. Ces nouvelles mesures permettront notamment d’améliorer les services et l’accompagnement offerts aux personnes victimes, en plus d’assurer une meilleure coordination des différents intervenants », mentionne le ministre de la Justice, Simon Jolin-Barrette.


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