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La COVID-19 a fait vivre des émotions fortes à Pierre Chassé et sa conjointe

Le couple salue le dévouement et l’efficacité du personnel de la santé

L’éditeur du journal le soir, Pierre Chassé, et sa conjointe, Arlyne Langlais, ont vécu des jours angoissants au cours des trois dernières semaines, étant atteints tous les deux de la COVID-19.



Monsieur Chassé a tenu à partager son expérience aujourd’hui, principalement en voulant informer ses concitoyens et en souhaitant mettre en valeur le travail des employés du réseau de la santé. Il s’estime chanceux d’avoir vu sa conjointe revenir à la maison le 27 décembre, après qu’elle ait dû séjourner aux soins intensifs et par après dans la zone froide de l’hôpital de Rimouski pendant sept jours.

« Je pense que c’est très important de mettre en valeur les employés du système de santé qui sont vraiment extraordinaires. Ma conjointe a été accompagnée par des employés de la santé pendant tout son séjour à l’hôpital, notamment la veille de Noël et le jour de Noël. Leur présence a eu un impact positif sur la suite des choses en ce qui nous concerne », croit monsieur Chassé.


Symptômes

Vers le 10 décembre, Arlyne Langlais et Pierre Chassé subissaient les premières attaques du coronavirus. « Au début, on ne sait pas trop. Les symptômes se sont manifestés de manière différente. Pour ma part, je sentais de la pression autour des yeux, je me demandais si je ne faisais pas une sinusite ou quelque chose du genre. J’ai pensé à aller consulter mon médecin. Arlyne, elle, pendant un jour ou deux, avait des douleurs musculaires. On est allés passer des tests de la COVID-19. En soirée, je n’avais pas encore les résultats, mais j’ai eu un pressentiment en constatant que je venais de perdre l’odorat », explique Pierre Chassé.

Résultats et enquête

« On nous a appelés rapidement pour nous dire qu’on était positifs. Dès lors s’amorce l’enquête de la Santé publique pour déterminer quelles sont les personnes avec qui on a été en relation avec nous dans les jours critiques. La première chose qui nous préoccupe, ce sont les gens avec qui on a été en contact ces jours-là. Le questionnement qui nous assaille va loin. C’est très difficile de mettre le doigt sur comment survient exactement la contamination dont on est victime. On vient qu’on se demande qui on a vu au guichet automatique. C’est un exercice laborieux », témoigne-t-il.

Soins intensifs

« On a eu les symptômes. On a eu la gorge serrée au sens propre, de la difficulté à respirer, mais on se disait qu’on allait passer à travers, malgré l’inquiétude. Un moment donné, moi, j’allais assez bien, mais Arlyne s’est mise à tousser et à faire de la fièvre. Elle était en train de faire une pneumonie importante. Son taux d’oxygène baissait. On était suivis, alors on nous a recommandé de nous rendre à la clinique spécialisée dédiée à la COVID-19. C’est devenu clair rapidement, après quelques tests, que c’était très sérieux », poursuit Pierre Chassé.

« Je voulais l’amener à l’urgence, mais on m’a dit « non, non, non, tout de suite aux soins intensifs! » Tout se met à débouler. On ne comprend pas tout! Je ne peux pas être avec elle. On prévoit la brancher sur un respirateur dans la soirée pour faire monter son taux d’oxygène. On me prévient qu’elle est aux soins intensifs. Un médecin me dit : « Monsieur Chassé, on ne sait pas quelle direction ça peut prendre. On doit vous prévenir. C’est très, très sérieux. » Ça a duré une journée ou une journée et demie. »

Soutien

« La situation d’Arlyne s’est un peu aggravée. On l’a prévenu qu’elle serait mise dans le coma pour mieux utiliser le respirateur. Cependant, son état s’est améliorée juste assez pendant la nuit pour qu’elle évite cette étape. Je parlais au téléphone avec des infirmières. Je veux dire à quel point tous ces gens-là sont extraordinaires! Elles me disaient voir des réactions positives. Un des deux médecins qui se sont occupés d’Arlyne m’a expliqué qu’elle a commencé à mieux respirer. Après 48 heures aux soins intensifs, on peut dire qu’on a fait un voyage en montagnes russes. De nombreux membres de l’équipe soignante se sont occupés de ma conjointe. On nous a tenus au courant de tout. »

« Quand quelqu’un a le cancer, on a le temps de se préparer. Là, c’était comme un voyage accéléré dans un cauchemar, mais qui s’est heureusement bien conclu. C’était vraiment curieux. Pendant que moi, je récupérais, l’état d’Arlyne empirait. Un médecin m’a expliqué que ça aurait pu être moi, que c’est vraiment aléatoire, avec ce virus », précise encore Pierre Chassé.

Beaucoup d’amour

« Nous avons reçu beaucoup d’amour de nos amis et notre famille en guise de soutien, aussi. Quand Arlyne m’en a donné l’autorisation, j’ai pu transmettre les bonnes nouvelles sur les réseaux sociaux. On a vu à quel point on peut être désemparé par le caractère explosif de la maladie. Dès qu’on nous a donné de l’espoir, on s’est nourri de cet espoir. Ça change les perspectives. Je suis devenu très serein et heureux et j’adore voir ma femme près de moi. Nous avons fêté Noël ensemble le 31 décembre. Ça a été un Noël très particulier, mais heureusement, j’ai pu parler à notre fille, on a eu beaucoup, beaucoup de soutien », se souvient aussi Pierre Chassé.

« Arlyne va de mieux en mieux. Elle va prendre des marches et va recommencer à travailler bientôt. On va continuer de faire attention et de suivre les mesures sanitaires. Je dis aux gens : « faites attention, prenez ça au sérieux. C’est sournois », conclut monsieur Chassé.


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