Nouvelle de 18 h Une grande vision d’avenir qui a pour nom Novarium

Une grande vision d’avenir qui a pour nom Novarium

Rimouski, le bâtiment construit par Tanguay et le secteur maritime

La Société de promotion économique de Rimouski (SOPER), en partenariat notamment avec la Ville de Rimouski et la MRC Rimouski-Neigette, s’inscrit dans la démarche des zones d’innovation du gouvernement du Québec en développant un pôle d’excellence axé sur le secteur maritime.

La démarche, le grand projet, porte un nom : Novarium. Il s’agit d’une contraction des mots innovation et aquarium, en référence à la volonté des promoteurs de vouloir élargir les références à la vocation maritime qui ne se limite pas à la pêche, mais bien à tout ce qui touche aux sciences de la mer, à partir des bouées électroniques jusqu’aux recherches scientifiques comme celles effectuées au Centre de recherche sur les biotechnologies marines (CRBM).



Dans un communiqué, le gouvernement du Québec précise que la création de zones d’innovation de calibre international vise à augmenter la commercialisation des innovations, les exportations, les investissements locaux et étrangers ainsi que la productivité des entreprises. Les zones d’innovation attireront, dans des territoires géographiques délimités, des talents, des entrepreneurs, de grands donneurs d’ordres ainsi que des chercheurs du Québec et d’ailleurs.

« Différents acteurs socio-économiques seront mis à contribution, par exemple : des entreprises, des organismes à vocation économique, des établissements de recherche et d’enseignement et des municipalités. » Une telle dénomination permettrait d’obtenir du soutien financier et de l’accompagnement pour différents projets.


Point d’ancrage

Le point d’ancrage de Novarium est le bâtiment construit par Groupe Tanguay sur la 2e rue, face à l’UQAR. C’est la SOPER qui gèrera l’utilisation du bâtiment. Toute la stratégie de la SOPER est articulée autour de cette pierre d’assise qui réunira des scientifiques et des entrepreneurs.



« Je suis très content de l’avancement de ce dossier. Le marché rimouskois est basé sur l’innovation, mais pas seulement maritime. On a des entreprises qui se démarquent régulièrement en tant que novatrices. Quand on a travaillé avec l’ancien gouvernement sur la stratégie portuaire, on avait besoin d’un campus d’innovation avec un bâtiment-phare. Le bâtiment-phare est en cours de construction. Dans les prochains jours, l’enveloppe va être fermée, les murs et les fenêtres seront installés. Avec l’annonce des zones d’innovation, on s’est rendu compte que le bâtiment pouvait être aussi le trait d’union entre ce qu’était la zone portuaire et ce que pouvait être une zone d’innovation. Mais la zone d’innovation n’est pas une finalité en soi : nous sommes une communauté articulée autour de l’entrepreneuriat et de la recherche universitaire avant et nous le serons toujours, après », précise le président et directeur général de la SOPER, Martin Beaulieu.

Pris les devants


« Avant même d’avoir un signal du ministère de l’Économie que Rimouski pouvait être potentiellement une zone d’innovation, nous avions déjà décidé de créer un poste à la SOPER qui est la Direction de l’innovation. La titulaire en est Amélie Desrochers. Nous avons un bâtiment et le bâtiment, il faut mettre des programmes dedans. Ça ne peut pas rester que de la brique et du mortier. Il y aura des programmes de soutien à l’entrepreneuriat et à l’innovation qui vont être annoncés dans les prochains mois. On peut parler même d’un campus, car on ne parle pas juste d’une bâtisse, mais de toute la communauté du Bas-Saint-Laurent qui est mobilisée. Et même au-delà de ça, puisqu’une entreprise qui voudrait être accompagnée dans le secteur maritime pourrait venir s’installer ici. C’est pour ça qu’on est tout droit dans l’esprit des zones d’innovation. On vise à être un pôle d’excellence qui rayonne au Québec, mais aussi à l’international », estime monsieur Beaulieu.

Approche transversale

« Notre approche est transversale. On va inclure du génie, du pharmaceutique, de la transformation alimentaire, des nouvelles technologies. Nous sommes à la croisée des chemins, parce que le maritime est souvent perçu comme étant linéaire : on va chercher la ressource, on la transforme et on la vend. Au fil des ans, nos universités et nos centres de recherche ont développé un savoir-faire. Ce savoir-faire, on le retrouve par exemple au CRBM et il est applicable à plusieurs secteurs. Il y a des procédés, ou des tests ou des applications qui ont été développées pour le secteur maritime, mais qui peuvent trouver des applications dans d‘autres secteurs, comme l’alimentaire », affirme le patron de la Société de promotion économique de Rimouski.

Ce dernier cite par exemple la brasserie artisanale Pit Caribou qui utilise des produits de la mer dans sa fermentation.

« Il y a un potentiel transversal. Autre exemple, Gin St.Laurent fabrique du gin avec des algues dedans. L’économie bleue devient de plus en plus transversale. Même chose en génie : on se rend compte que des savoir-faire peuvent appliquées dans d‘autres secteurs, ce qui procure des occasions d’affaires pour nos entreprises, mais aussi pour celles du Québec. Le campus vise ça. »

Une ou des usines de fabrication

« Nous sommes soutenus par le ministère de l’Économie pour développer notre zone d’innovation. Les entreprises intéressées à nos produits ne vont pas nécessairement déménager ici, mais elles vont pouvoir rapidement avoir accès à l’expertise dont elle a besoin pour avoir de meilleurs produits et d’être compétitives. Ça pourrait aussi se traduire par la construction d’une usine », croit Martin Beaulieu.

« À partir du moment où on a un pôle d’excellence, dédié à l’entrepreneuriat et à l’innovation, c’est clair que si quelqu’un nous dit qu’il a besoin d’une usine, on va l’analyser et on va essayer de répondre à la demande. Notre projet est axé comme ça : comprendre quoi faire de nos centres de recherche; comprendre les besoins des entreprises qui sont connectées sur les marchés; être au service des entreprises pour que les résultats de recherche trouvent plus d’applications et que les entreprises aient plus accès aux résultats des recherches, pour développer plus rapidement des produits qui vont avoir accès aux marchés, tous secteurs confondus », résume-t-il.

Martin Beaulieu (Photo: courtoisie)

Le port

Le port de Rimouski pourrait jouer un rôle dans la démarche, mais la planification stratégique de la Société portuaire du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie, qui en est maintenant propriétaire, n’est pas terminée.

« La vocation du port de Rimouski a toujours été multiple : transport, traversier, marina, dessertes, pêche, recherche maritime. Mais c’est certain qu’on ne pourra jamais de rentrer de gros bateaux en raison de son tirant d’eau. Les gros navires qui transportent des marchandises, c’est plus l’affaire de Matane et de Gros-Cacouna qui sont tout de même à proximité. L’implication que nous avons toujours préconisée, c’est une vocation scientifique, mais elle ne sera pas exclusive », constate Martin Beaulieu.

Premiers locataires

« Les premiers locataires de l’édifice Tanguay seront connus bientôt. Les organisations concernées en feront l’annonce. Ce qu’on vise, à terme, c’est d’avoir un centre de services, un pôle de recherche d’innovation et d’entrepreneuriat. On peut accommoder entre 70 et 80 personnes dans le bâtiment. La prochaine grande étape sera pour le gouvernement du Québec de faire la sélection des projets et d’annoncer quelles seront les régions désignées zones d’innovation. Le gouvernement nous a dit qu’il veut en être le partenaire. Nous lui avons déposé un plan d’affaire. On est en train de l’analyser et de le compléter. Ça ne nous empêche pas d’avancer, entretemps. Au mois d’août, après les vacances de la construction, on va commencer à accueillir des gens dans le bâtiment. Nous mettrons en place des programmes qui stimulent l’innovation et l’entrepreneuriat », avance-t-il.

« Dans les prochaines semaines, on va annoncer comment on va accompagner les entreprises dans tout ça. Une prochaine étape est donc aussi l’annonce de programmes de soutien. Nous avons déjà le soutien du ministère de l’Innovation  pour faire avancer le projet Novarium. Pour nous, c’était important de nommer notre démarche et de lui donner une existence propre. Il y a beaucoup de parties prenantes dans ce projet qui est piloté par la SOPER, mais au nom de toute la communauté qui implique notamment la Technopole maritime, le Groupe Immobilier Tanguay, l’UQAR, les centres de recherche, des entreprises, des organismes socio-économiques, la Ville et la MRC. C’est tout un écosystème qui est autour de la table avec nous », conclut Martin Beaulieu.

C’est ce à quoi devrait avoir l’air le bâtiment de Groupe Tanguay, une fois terminé. (Photo: courtoisie-Groupe architecture MB)


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