Chroniques Une institution, le Club de curling de Rimouski

Une institution, le Club de curling de Rimouski

Mine de rien, le Club de curling de Rimouski se dirige allègrement vers ses 80 ans. Il s'agit d'un legs de la compagnie Price Brothers.

En 1944, pour réaliser un rêve caressé depuis plusieurs années par un groupe de ses employés, la compagnie Price Brothers accepte de fournir gratuitement tous les matériaux pour permettre la construction, dans sa cour à bois, d’un immeuble permettant la pratique du curling. La compagnie conserve cependant la propriété du bâtiment. La construction de l’édifice qui domine l’embouchure de la rivière, s’effectue de septembre à novembre 1944. Durant ces trois mois, il n’est pas rare de voir les travailleurs bénévoles s’activer sans interruption de 6h00 à 22h30 !

Au départ, l’organisme porte le nom de Pee Bee Curling Club. Parmi les fondateurs on retrouve Robert Duffey, Bill Brook, Alex Murray, Ernest Wells, Walter Burgess, Léopold Lambert et Léo McClaren. Alex Murray, le gérant des installations de la compagnie Price à Rimouski, occupe la présidence du Club de Curling de façon ininterrompue pendant les 17 premières saisons. Il sera suivi par Don Wilson pour un mandat de trois ans et par Ernest Wells qui accède à la présidence en 1964 au moment où le club célèbre ses 20 ans.



Épinglette du Club de Curling de Rimouski datant de la première saison en 1944

Développements

En 1950, la compagnie Price voit ses bureaux partir en fumée lors du grand feu de Rimouski. Pour se dépanner, l’entreprise transforme le chalet du curling en bureaux. Quelques années plus tard, la Price Brothers va libérer l’espace en transférant son bureau régional de Rimouski à Price.


Une équipe féminine en 1963 devant le logo du Pee Bee Curling Club. Musée régional de Rimouski. Photo Rita Chevron, don de Richard Saindon.

Au cours de l’été 1954, les bénévoles se remettent à l’œuvre pour installer un système permettant la fabrication de glace artificielle. La saison peut dès lors être prolongée. Elle s’amorce en octobre pour se terminer fin avril.

En 1966, la Price Brothers accepte de vendre l’édifice aux membres pour la somme de 25 000 $. Un peu plus tard, le nom Pee Bee Curling Club est changé pour celui de Club de curling de Rimouski Incorporée.



Nombreux tournois

Au fil des années, le Club de curling a été l’hôte d’un nombre incalculable de tournois et de compétition d’envergure dont plusieurs servant de qualification aux championnats canadiens. En 1990, le club rimouskois a été l’hôte du championnat canadien mixte, en 1994, il accueille le championnat provincial de l’Association des curleurs de la province de Québec et en 1998 du championnat provincial sénior féminin. On note également la présentation en 2008 du tournoi provincial juvénile.


Le journaliste Claude Pearson lance la première pierre lors du tournoi de CJBR les 4,5 et 6 mars 1966. Musée régional de Rimouski. Photo Rita Chevron, don de Richard Saindon.

Les tournois sociaux ont également attiré les foules. Le tournoi des Faisans Mal présenté pendant près de 20 ans dans le cadre du Festival d’automne de Rimouski a été sans doute l’un des plus populaires, sans oublier celui de l’Association des marchands et, durant la décennie 1960, le tournoi de CJBR.

Projets

Au fil des ans, on a élaboré un certain nombre de projets dans le but d’agrandir ou encore de déménager les installations du Club de curling. Ainsi, dès 1963, des plans sont échafaudés pour l’ajout d’une troisième allée. L’affaire demeure cependant au point mort. 

Une belle occasion survient au début de la décennie 1980. La Ville de Rimouski avait alors posé sa candidature pour l’organisation des Jeux d’hiver du Canada en 1983. Parmi les projets qui devaient être réalisés pour accueillir les athlètes de tout le pays, il y avait la construction d’un nouveau centre de curling à l’intersection de la 2e Rue et de la rue Émile-Nelligan au coût de 650 000 $. Malheureusement, lors de l’étape finale de sélection, la Ville de Rimouski a été coiffée au fil d’arrivée par la région du Saguenay-Lac-St-Jean.

Esquisse du projet de club de curling présenté dans le document de mise en candidature de Rimouski pour l’organisation des Jeux du Canadah hiver 1983.

À l’automne 1989, les dirigeants du Club de curling et des Tennis de Rimouski présentent à la ville un projet conjoint évalués à 1,5 M$. Il s’agissait de l’agrandissement du bâtiment abritant les tennis intérieurs pour ajouter des courts mais aussi quatre glaces de curling. Toutefois, l’administration du maire Pierre Pelletier ne retiendra pas dans ses priorités ce complexe curling/tennis et le projet s’inscrira à la liste des rendez-vous ratés.

En 1997, le Club de curling étudie une nouvelle idée; la démolition de ses installations et la construction sur le même site d’un nouveau complexe de 4 allées. Cependant, le projet d’un peu plus de 2 M$ va se retrouver sur une tablette.

En 2000, le Club de curling, l’Association du hockey mineur et le Club de patinage artistique de Rimouski s’unissent pour déposer un nouveau projet. Les organismes prévoient la transformation du Pavillon polyvalent de l’avenue de la Cathédrale pour y aménager 4 allées de curling et la construction d’un bâtiment annexe abritant une patinoire de dimension réglementaire. Coût total estimé; 3,6 M$. Au fil des années ce projet va évoluer et la Ville de Rimouski va finalement opter pour la construction d’un complexe glaces/piscines dans la 2e Rue Est.

Malgré ces déboires et grâce à la ténacité de personnes bénévoles très attachées à ce sport, le Club de curling de Rimouski poursuit toujours ses activités dans ses locaux datant de 1944.

Richard Saindon, bachelier en histoire de l’Université du Québec à Rimouski, a mené pendant 36 ans une carrière de journaliste à la radio et à la télévision de Radio-Canada au Bas-Saint-Laurent. Il est l’auteur de Chronique du Bas-Saint-Laurent publié aux Éditions du Septentrion. Il a également écrit ou coécrit quatre autres livres portant sur l’histoire de Rimouski et de la région. Pendant 15 ans, il a aussi collaboré à la section Tourisme du plusieurs journaux dont La Presse, Le Soleil et Le Quotidien de Chicoutimi.


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