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Harold Lebel, député de Rimouski

Les temps changent, le rôle du député aussi!

Un peu plus de trois ans après avoir été réélu député de Rimouski à l’Assemblée nationale du Québec, Harold LeBel, entouré de son équipe, observe, analyse et commente les 12 priorités qu’il s’est fixées pour son présent mandat. L’heure est maintenant venue d’apporter les compléments d’information pour chaque tâche d’Harold.

Q. : Maintenant que nous avons fait un survol de toutes vos priorités, parlons de votre rôle en tant que député. Ce rôle vous plaît-il toujours autant?

R. : Oui, mais il y a un bémol et c’est pour cette raison qu’il est important pour les gens de ma région et de partout au Québec de comprendre l’ampleur du travail du député dans le contexte actuel. Le rôle du député n’est plus ce qu’il a déjà été. De nos jours, je suis beaucoup plus un législateur qu’un intermédiaire et je déplore cette situation. Le temps alloué à ma circonscription est devenu presque inexistant par la force des choses.

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Harold LeBel à l’Assemblée nationale de Québec le 28 février 2019. Photo Francis Vachon / courtoisie Parti québécois.

Selon la définition de l’Assemblée nationale, « le député remplit trois rôles principaux : législateur, contrôleur de l’action gouvernementale et intermédiaire.

L’activité première du député est d’étudier, d’analyser et de voter les projets de loi. Ce rôle de législateur se joue en plusieurs étapes, à l’Assemblée et en commission parlementaire. Le député est aussi contrôleur de l’action gouvernementale.

Le député exerce un rôle d’intermédiaire entre ses électeurs et l’Administration. Il s’assure que sa communauté reçoit sa juste part des programmes publics en santé, en éducation, sur le plan de l’aide à l’emploi, etc. Il peut, au nom d’un groupe, présenter à l’Assemblée une pétition demandant le redressement d’une situation que subit une personne ou une association et qu’il considère injuste.

Enfin, le député fait la promotion du développement régional. Il fait valoir les besoins de sa circonscription auprès des ministres et des fonctionnaires responsables de l’allocation des finances de l’État. »

C’est la raison principale de ma venue en politique, soit de représenter mes concitoyens. Chaque semaine, dans les moments où je ne siège pas à l’Assemblée, je travaille dans ma circonscription. À mon bureau, je traite les demandes des citoyens.

Avec toutes ces années en politique, l’expérience me démontre que malheureusement mon rôle d’intermédiaire est hypothéqué devant l’ampleur de la législation depuis des années.

Q. : Ce que j’entends dans vos propos, c’est que vous vivez des frustrations par rapport à votre fonction de député?

R. : Effectivement, de nos jours, le rôle du député est frustrant! Je sais que je ne mâche pas mes mots, mais mon rôle a changé. Il fut un temps où, la tradition était respectée. Les lundis étaient consacrés au rôle d’intermédiaire, les vendredis et les fins de semaine aussi. Aujourd’hui, les commissions nous obligent à siéger à Québec plus fréquemment, le lundi aussi et parfois le vendredi matin. L’agenda du député n’est plus respecté.

Harold LeBel à l’Assemblée nationale de Québec le 28 février 2019. Photo Francis Vachon / courtoisie Parti québécois.

À la limite, maintenant, tout ce que je peux faire, c’est prendre contacte avec les ministres ou sortir dans les médias pour dénoncer des situations.

Le député d’aujourd’hui n’a plus le loisir de simplement téléphoner pour faire ses demandes, par exemple à la direction d’un ministère. Autre exemple : de nombreux fonds sont maintenant gérés par les élus municipaux, car on a voulu se rapprocher des citoyens et c’est excellent. Je ne remets pas cela en question, au contraire. Ce que je dis, c’est que le député a été un peu mis à l’écart dans cette façon de faire. Pour ma part, j’ai la chance de travailler avec les maires de ma région et de faire avancer les projets dans un contexte de concertation. Un bon exemple de cela, c’est la Réserve Duchénier et TERFA [NDLR Territoire d’expériences récréatives des forêts anciennes], projet incluant le Canyon des Portes de l’Enfer, pour lequel nous sommes allés chercher 10 M$. C’est une belle réussite!

Q. : Est-il possible de remettre votre rôle en question? Et qu’est-ce que cela impliquerait?

R. : Je pense qu’on devrait carrément songer à changer le système. Ce dernier est désuet et il est devenu limitatif pour certains, dans un contexte où l’on doit respecter la réalité d’aujourd’hui, comme la conciliation travail-famille. Le rôle du député est de plus en plus celui du législateur et cela force à passer plus de temps à Québec. Le député est donc moins présent dans sa circonscription avec sa population. Il faut pouvoir vivre dans sa circonscription, ça va prendre un changement, c’est clair. J’estime que des ajustements s’imposent quant à mon rôle!  

Tant que je suis dans ma circonscription, je suis heureux. C’est certain qu’il y a des dossiers nationaux qui requièrent mon attention et on ne peut pas être partout. J’ai mes priorités et les gens de ma région figurent au début de la liste de mes priorités!

À ce stade-ci de ma carrière et pour avoir participé à des recherches dans le but d’améliorer les conditions de travail des députés, je pense que l’heure est venue d’enclencher des discussions sérieuses à ce sujet et qu’il faut revoir le rôle du député et son emploi du temps. 

Natif de la région, Harold LeBel est arrivé à Rimouski en 2014 après avoir travaillé pendant 20 ans dans les cabinets politiques à Québec. Maintenant, il se considère comme Rimouskois, c’est certain. Avec le recul, il est persuadé que l’expérience acquise à Québec le sert au quotidien dans ses fonctions de député de Rimouski. Il dispose d’une équipe accueillante au bureau de circonscription et tout aussi présente que lui sur le terrain. Il estime que l’accessibilité demeure primordiale dans un contexte où il doit comprendre les requêtes et revendications pour bien guider les gens.

Rappelons qu’à l’occasion de la campagne électorale qui lui a accordé un deuxième mandat en 2018, l’idée a surgi de cibler ses enjeux locaux pour qu’ils ressortent du lot dans le programme provincial et surtout, que les citoyens et les citoyennes de sa circonscription en prennent connaissance.

L’outil de travail « Les 12 travaux d’Harold » venait ainsi au monde. Ce qui devint un guide reflète très bien les objectifs de celui qui est considéré à Québec comme LE représentant de Rimouski depuis son élection en 2014. « Il fallait quelque chose de simple à retenir et à analyser au besoin par les citoyens que je représente », explique le député de Rimouski. En 12 points, dont certains englobent plusieurs thèmes et catégories, cette liste a permis au député de Rimouski de garder le cap sur les enjeux qui, à son avis, restent prioritaires.

Les douze travaux d’Harold : 

  

1- Établir une faculté de médecine à Rimouski.

2- Instaurer un service de proximité en santé pour desservir le Haut-Pays.

3- Créer de nouvelles places en CPE.

4- Donner de meilleures conditions de vie aux aînés.

5- Déployer des initiatives culturelles et touristiques à Rimouski et dans le Haut-Pays.

6- Soutenir et appuyer des projets de relance des domaines agricole et forestier.

7- Développer une véritable stratégie d’action en matière d’environnement.

8- Concrétiser des infrastructures (autoroute 20) et un modèle de transport moderne.

9- Développer l’économie.

10- Appliquer un plan d’action favorisant l’attractivité.

11- Soutenir les initiatives de lutte contre la détresse chez les jeunes, la pauvreté et l’exclusion sociale.

12- Accompagner les citoyens et citoyennes dans le cheminement de leurs dossiers et de leurs projets.

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