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Chasse et pêche

Déjà en Zone 3, le dindon sauvage poursuivrait sa migration vers la 2

Dès le lendemain de l’ouverture de la chasse du dindon sauvage, le 30 avril à 5 h 45, Line Garceau récoltait fièrement son premier spécimen à vie, un dindon juvénile, dit un « jake », dans la Zone 3, à Saint-Roch-des-Aulnaies. (Photo Courtoisie Louis Turbide)

La récolte récente des dindons sauvages de Line Garceau et de Louis Turbide, dans la Zone 3 à Saint-Roch-des-Aulnaies; et de nombreux autres dans la même zone, démontre de toute évidence que le grand oiseau multicolore poursuit sa migration vers l’Est.

Pourtant, le dindon sauvage, installé en permanence dans le Sud du Québec depuis plusieurs années, est à 500 km au Nord de sa limite historique et c’est là que devrait s’arrêter sa progression.

Rappelons que le dindon sauvage a été observé pour la première fois au Québec en 1976.  En 1984, des preuves de nidification étaient rapportées. Puis entre 2001 et 2013, la Fédération Québécoise des Chasseurs et des Pêcheurs a effectué 634 lâchers d’oiseaux, en Outaouais, du Centre-du-Québec et en Mauricie.

Des scientifiques du Département de Biologie et des Centres d’études Nordiques et de la Forêt de l’Université Laval, ont étudié, pendant quelques années, trois populations de dindons au Sud du Québec, en Estrie, et en Montérégie, où les hivers sont rigoureux, tant en abondance de la neige, que des températures très froides.  Et selon leurs conclusions, il serait peu probable que des dindons sauvages se retrouvent dans l’Est du Québec, au Bas-Sainte-Laurent et en Gaspésie, voire au Lac St-Jean et même sur la Côte Nord.

Or, la Zone 3, qui borne évidement avec la Zone 2 Bas-Saint-Laurent, enregistre des hivers tout aussi rigoureux que sa voisine de l’Est.  Pourtant, la neige est une contrainte majeure à la migration du dindon, vers le Bas-Saint-Laurent où ailleurs. La neige empêche les dindons de s’alimenter de grains aux champs. Un obstacle majeur car les dindons doivent s’alimenter à chaque jour pour répondre à leurs besoins énergétiques. Comme le grand oiseau ne peut accumuler de réserves de graisses, il doit manger au quotidien pour se protéger du froid.

Une semaine plus tard, le 6 mai à 7 h, c’était au tour de son conjoint, Louis Turbide, de « 100pour100chassepeche.com », de récolter un mâle adulte, un « Tom », exactement au même endroit que celui de Line. ((Photo Courtoisie Louis Turbide)

Progression encore vers l’Est

Une biologiste de Forêts, Faune et Parcs Québec, à la Direction de la gestion de la faune du Bas-Saint-Laurent, Élise Roussel-Garneau, a déjà indiqué à Radio-Canada en mai 2021, que l’espèce est bien installée dans le secteurs compris entre La Pocatière et Rivière-du-Loup. Comme la couverture de neige limite la survie de l’espèce, la biologiste croit néanmoins que le dindon sauvage pourrait poursuivre sa progression au Bas-Saint-Laurent. Il y aurait donc espoir pour les chasseurs de la Zone 2.

Et la présence du dindon sauvage dans la Zone 3, se mesure par le succès de la récolte de l’espèce à chaque année. En 2021, il s’est récolté 365 dindons sauvages dans la Zone 3, soit 59 de plus qu’en 2020. En 2019, les chasseurs avaient prélevé 174 oiseaux, 106 en 2018 et 80 en 2017. En 2012, seulement deux dindons avaient été prélevés.

La chasse printanière de 2021 avait attiré un nombre record d’adeptes dans les Zones permises, avec plus de 21 200 permis vendus pour une récolte semblable à 2020, avec quelque 8 400 oiseaux. 

À noter qu’il n’y a aucune chasse automnale dans la Zone 3 où les densités de dindons ne le permettent pas. La chasse d’automne est permise dans les zones à fortes densités que sont les Zones 4, 5, 6, 7, 8 et 10.

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