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Harold Lebel a couru à sa perte

L’ex-député de Rimouski, Harold Lebel, a été reconnu coupable d’agression sexuelle au palais de justice de Rimouski. (Photo archives Parti québécois)

Sa déclaration à la police dans les heures suivant son arrestation, combinée à l’aplomb de la victime lors de sa comparution, auront mené Harold Lebel à sa perte dans le procès pour agression sexuelle dont il a été reconnu coupable, mercredi dernier, au palais de justice de Rimouski.

C’est ce que croit le criminaliste Charles Cantin, appelé à commenter le verdict de l’ex-député de Rimouski.

Pour l’avocat spécialisé en droit criminel, Harold Lebel aurait dû user de son droit de garder le silence à la suite de son arrestation, le 15 décembre 2020.

« Dans une procédure criminelle, un principe juridique fondamental veut que le ministère public soit tenu de présenter une « preuve complète » avant qu’on puisse s’attendre à une réaction de la part du défendeur. Monsieur Lebel a trop parlé aux enquêteurs qui cherchaient à avoir sa version des faits », estime Me Cantin.

Débattre du consentement

Afin de discrétiser la plaignante, l’avocat d’Harold Lebel, Me Maxime Roy, a jugé qu’elle avait exposé un « récit invraisemblable » durant le procès. Il affirmait aussi avoir décelé de nombreuses contradictions.

Le criminaliste Charles Cantin (Photo courtoisie)

Or, Charles Cantin croit que le témoignage détaillé et solide de la victime, juxtaposé aux discordances de monsieur Lebel entre ses interrogatoires au poste de police et à la cour, ont pesé lourd dans la décision du jury.

La défense utilisée par le clan Lebel durant le procès fait aussi sourcillé à la suite du verdict. Au lieu de nier les faits allégués, Me Roy aurait pu débattre sur la notion du consentement entre les deux individus impliqués. Puisque le jugement a été rendu seulement après 48 heures de délibérations, Harold Lebel n’a jamais bénéficié du doute raisonnable.

« Si tu ne contredis pas la victime et que l’accusé se mêle, c’est terminé. Le fait d’avoir opté pour un procès devant juge et jury n’était pas nécessairement un mauvais choix. Les gens sont libres de penser, peu importe leur sexe, leur âge, leur couleur ou leur orientation. Pour moi, c’est véritablement le jour de son arrestation que tout s’est joué », explique Me Cantin.

Quelle sera la sentence ?

Plusieurs questions restent en suspens. Quelle peine pourrait être imposée à Harold Lebel ? Pour un chef d’agression sexuelle, la loi prévoit une peine maximale de 10 ans de prison. Le minimum représente l’absolution, ce qui équivaut à recevoir un pardon du Tribunal.

Harold Lebel et son avocat, Me Maxime Roy. (Photo journallesoir.ca- Olivier Therriault)

À cet effet, les deux parties tiendront une séance de travail, le 6 décembre prochain, pour établir la suite des procédures. S’il n’y a pas de suggestion commune, des représentations sur sentence qui devront être fixées.

« Il faut évaluer les conséquences exactes sur la victime. Il faut aussi établir le profil de M. Lebel. Quelle seront les conséquences d’avoir un casier judiciaire sur sa vie ? En bout de piste, le juge devra trancher », indique Me Charles Cantin.

Est-ce que l’ex-député de Rimouski portera le jugement en appel ? Si elle opte pour cette option, la défense devra trouver une faille dans les directives que le juge Serge Francoeur a prononcé au jury.

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