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Faits divers

Le débat fait rage sur l’interception sans motif

(Photo: courtoisie, Sûreté du Québec)

Un débat fait rage présentement à savoir si les policiers peuvent toujours procéder à l’interception d’un conducteur et de son véhicule sans raison.

À l’instar de la Sûreté du Québec et de l’Association des directeurs de police, l’Association des policières et des policiers provinciaux du Québec (APPQ) annonce qu’elle accueille favorablement la décision du gouvernement du Québec de porter en appel la décision du juge Yergeau, de la Cour supérieure, invalidant l’article 636 du Code de la sécurité routière, qui permet aux policiers d’intercepter des véhicules sans motif.

Profilage racial

Le juge Michel Yergeau a rendu une décision à ce sujet le 22 octobre dernier, dans une affaire de profilage racial. « ‘’On ne peut pas comme société attendre qu’une partie de la population continue de souffrir en silence […]. Le profilage racial existe bel et bien. C’est une réalité qui pèse de tout son poids sur les collectivités noires ‘’, a commenté le juge Michel Yergeau en sonnant le glas des contrôles routiers ‘’aléatoires’’ », rapportait le Journal de Québec.

Lutter contre la criminalité

« La décision du juge Yergeau dans ce dossier priverait les policiers d’outils importants pour assurer la sécurité routière et lutter contre la criminalité. Le ministre de la Sécurité publique, François Bonnardel, a confirmé ce matin que l’article 636 doit être préservé », explique un communiqué de l’APPQ.

« L’utilité de l’article 636 du Code de la sécurité routière comme outil visant à remplir adéquatement la mission des policières et policiers est sous-estimée par le tribunal », estime monsieur Jacques Painchaud, nouveau président de l’APPQ.

Jacques Painchaud, nouveau président de l’APPQ. (Photo: courtoisie)

Fléau?

« Sans pour autant nier l’existence du phénomène de profilage racial, on est loin du « fléau » décrit par le ministre Christopher Skeete. Une telle affirmation exagérée à l’égard du milieu policier peut avoir pour effet d’augmenter ce qui peut être qualifié de “désaffection des patrouilleurs qui ne cherchent qu’à remplir au mieux les devoirs de leur charge”, pour reprendre les propos du juge Yergeau », ajoute-t-il.

Déficit

L’APPQ est toutefois favorable à la diffusion d’une formation continue chez les policiers portant spécifiquement sur le sujet.

« D’ailleurs, il est erroné de prétendre que la négociation du contrat de travail empêche ou retarde l’implantation de cette formation. La Sûreté du Québec est déficitaire en matière de formation de ses policiers dans ce domaine, comme dans bien d’autres », termine monsieur Painchaud.

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