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C-21 : Ottawa vise les mauvaises cibles

C'est ce qu'estime la DG par intérim de la Fédération québécoise des chasseurs et pêcheurs, Stéphanie Vadnais
Si Ottawa nie cibler les chasseurs et les tireurs sportifs qui agissent de façon très sécuritaire, Stéphanie Vadnais estime que le fédéral rate sa cible. (Photo courtoisie)

« Si Ottawa veut vraiment s’attaquer à des enjeux liés à la sécurité publique, le gouvernement doit mettre en place les bons moyens. Ses amendements ne sont pas concrets et efficaces pour améliorer la sécurité du public ».

C’est ce que croit la directrice générale par intérim de la Fédération québécoise des chasseurs et pêcheurs (FédéCP), Stéphanie Vadnais, en réaction à la tourmente créée par le gouvernement Trudeau, la semaine dernière.

Si Ottawa nie cibler les chasseurs et les tireurs sportifs qui agissent de façon très sécuritaire, madame Vadnais estime que le fédéral rate sa cible en ajoutant des armes de chasse semi-automatiques à la liste des celles interdites au pays dans le projet de loi C21.

En entrevue cette semaine à l’émission « Rendez-Vous Nature », elle rappelle que Justin Trudeau s’était pourtant engagé à ne pas s’en prendre aux chasseurs. Or, dans l’amendement proposé, les mots « armes de chasse » sont écrits noir sur blanc.

Des amendements inquiétants

Stéphanie Vadnais manifeste son étonnement dans la façon de faire d’Ottawa. Sans prévenir et ni consulter les groupes intéressés, le gouvernement fédéral a décidé soudainement de reformuler sa définition d’une arme prohibée, tout en ajoutant de nouveaux amendements aux armes prohibées.

« Ces amendements sont très inquiétants et ils sont apparus dans le processus à midi moins une. Et soudainement, ils visent les armes de chasse. Or au printemps dernier, lors du dépôt de C-21, on visait principalement des enjeux de sécurité publique », affirme madame Vadnais.

La directrice générale par intérim de la Fédération québécoise des chasseurs et pêcheurs (FédéCP), Stéphanie Vadnais. (Photo courtoisie)

Cette nouvelle définition d’une arme à feu prohibée se lit comme suit : » une arme à feu qui est un fusil, ou un fusil de chasse, capable de décharger des munitions à percussion centrale de manière semi-automatique et qui est conçue pour accepter un chargeur de cartouches détachable d’une capacité supérieure à cinq cartouches … »

Image de la chasse

Stéphanie Vadnais estime que toute la controverse qui a entouré le débat de la dernière semaine et la prise de position de Carey Price n’entachent pas l’image de la chasse pour autant.

« Les chasseurs sont très bien représentés. La population comprend que ce qui est revendiqué, c’est du gros bon sens. Nous avons été inclus dans le projet de loi à la dernière minute, après des consultations d’experts. Et Ottawa arrive avec une définition trop large d’une arme prohibée, qui met toutes les armes dans le même panier. Je ne suis pas inquiète pour l’image de la chasse, au contraire, on se défend bien, notre discours a du sens et réaliste. Tout ce qu’on veut, c’est dire c’est qu’on se préoccupe de la sécurité publique, et que les chasseurs et les tireurs sportifs ne sont pas des criminels. Ils sont très bien outillés pour utiliser leurs armes de façon sécuritaire », poursuit-elle.

Madame Vadnais déplore la désinformation entourant le débat, et la complexité technique des amendements qui laissent place à une foule d’interprétations, sans tracer une ligne droite entre arme prohibée et arme de chasse.

Les chasseurs comme les non chasseurs ne manqueront pas cette entrevue avec Stéphanie Vadnais. Cliquez sur le lien ci-haut.

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