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Poser un autre regard sur la maison du gardien

(Photo: journallesoir.ca, Véronique Bossé)

La maison du gardien du parc Lepage a fait les manchettes dernièrement pour le projet de la maison des jeunes de Claire Dubé et de Chantale Marin : maintenant que la Ville a décidé de ne pas appuyer le projet, elle songe à la faire démolir ou à la déménager.

Indépendamment du projet de la maison des jeunes, le parc Lepage et par conséquent sa maison, sont des éléments importants, qui font partie du paysage depuis une soixante-dizaine d’années. Par son historique et l’attachement de sa communauté, le parc Lepage a beaucoup évolué depuis son implantation.

Historique

La Société rimouskoise du Patrimoine (SRP) a d’ailleurs rédigé un texte de recherche historique concernant la maison du gardien pour permettre de la située.

« Au début du 20e siècle, toutes les grandes villes se dotent d’un parc urbain. L’idée que les espaces verts sont bons pour la santé et le bien-être couplée à l’étalement urbain qui rend l’accès à la nature plus difficile expliquent le phénomène. À Rimouski, il faut attendre les années 60 pour la création de tels parcs, correspondant à sa période d’urbanisation. La Ville achète, en 1959, un terrain de 25 acres à Romuald-René Lepage pour en faire le Parc Lepage. Le projet est porté par Paul Malenfant, conseiller municipal, et le parc est finalement inauguré en 1966. »

« La Maison du gardien du Parc Lepage est construite en 1947 non loin de son emplacement actuel. Déjà sur le terrain du parc, elle est déménagée sur la rue de la seigneuresse pour l’inauguration de l’espace vert. Le gardien et vraisemblablement sa famille y habitaient. Ce dernier avait comme mandat de faire l’entretien horticole du parc, d’assurer la sécurité, ainsi que l’intégrité des installations et maintien du zoo qu’il y avait sur place. Ce travail n’était pas une mince tâche considérant la grande attention portée à l’aménagement paysager lors de la construction du parc, les nombreuses activités qui y tenaient lieu et aux groupes qui le fréquentaient. Plus tard, la maison servira à des groupes communautaires, puis cessera d’être occupée. »

Son style

« La maison est de style vernaculaire américain avec son toit à deux versants, son volume à 1 étage et demi, ainsi que sa brique. Ce style émerge avec l’industrialisation qui permet de développer les techniques de construction et de réduire les couts des matériaux. On retrouve ces maisons en vente dans des catalogues, ce qui fait en sorte que ce style se retrouve partout en Amérique du Nord. Nombreuses maisons de ce style peuplent le quartier Saint-Robert, historiquement un quartier ouvrier. »

(Photo: journallesoir.ca, Véronique Bossé)

« Typique du quartier et d’une époque, la maison du gardien reste tout à fait singulière par l’usage qui en était fait, son emplacement et l’attachement de la communauté à son égard. »

L’avis du conseiller Pelletier

Le conseiller du district de Saint-Robert, Jocelyn Pelletier, avait fait savoir en 2017 que parmi ses priorités en tant que conseiller serait de veiller à la restauration de la maison.

« Eh bien en 2017, lorsque j’ai abordé le dossier, je n’avais pas tous les éléments en main. Ma priorité numéro un, ce que je désire encore, c’est de la conserver et de sauvegarder l’immeuble, même si la seule option pour le faire serait de la déménager. Il faut savoir que je ne suis jamais rentré à l’intérieur et que la salle de bain est au deuxième étage. Si on voulait transformer cette maison pour qu’elle soit capable de recevoir des gens, un groupe, de façon commerciale, à ce moment-là il faudrait changer la vocation de la maison. »

« La maison a été construite pour une famille ou une personne seule. Alors là c’est totalement différent, il y aurait énormément de travaux à faire. La maison se ferait tellement transformer qu’elle ne se ressemblerait probablement plus, étant donné les nouvelles normes à suivre. Ça coûterait plusieurs centaines de milliers de dollars. Mon objectif, c’est quelqu’un l’a acheté pour la déménager, comme le maire l’a expliqué. C’est sûr que si on devait la faire démolir, j’en serais attristé. C’est pour cette raison là que je souhaite que quelqu’un en fasse l’acquisition, qu’il la déménage et qu’il puisse l’occuper. »

Retrouver sa vocation d’antan?

Plusieurs se souviennent de l’époque où le parc Lepage abritait des animaux. Des cerfs et des ours ont été parmi les premiers pensionnaires du petit zoo du parc, puis des animaux de ferme y ont résidés.

Est-ce qu’un retour à cette vocation serait possible ? Étant donné les traitements qu’ont infligés certains visiteurs du parc aux animaux, c’est loin d’être souhaitable.

(Photo: journallesoir.ca, Véronique Bossé)

« C’était un fermier qui prêtait ses animaux. Puis il est arrivé des actes assez scandaleux qui se sont échelonné sur plusieurs années. Puis, à un moment donné, garder des animaux dans un parc où les gens peuvent entrer librement, ce n’est peut-être pas toujours ce qui est le mieux pour des animaux. En étant président du centre de service animalier de Rimouski, ma recommandation ne serait pas d’envoyer des animaux là sans surveillance. Ça serait allé à l’encontre du règlement municipal pour le bien-être des petits animaux. »

Des changements adéquats

Monsieur Pelletier souligne toutefois que si le parc a pris une direction bien différente de celle qu’il avait au départ, qu’il ne s’en tire pas plus mal, au contraire.

« Le parc n’a été jamais été aussi bien occupé les soirs et les fins de semaine. Il y a plein de monde, surtout depuis que les loisirs ont mis des lumières. Les gens vont faire du jogging, donc il est beaucoup plus achalandé qu’il ne l’était dans les 10 années avant qu’ils ne remettent des lumières. »

Il restera à suivre l’évolution du dossier de la maison des jeunes.

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