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« Trop de guerres de clochers »

Le préfet Saint-Pierre lance un appel à la solidarité
Francis Saint-Pierre (Photo: courtoisie)

Les guerres de clochers, ce bon vieux concept purement régional, sont encore choses trop courantes dans la MRC Rimouski-Neigette, selon son préfet, Francis Saint-Pierre.

C’est ce qui ressort notamment d’une grande entrevue de début d’année avec le préfet de la MRC Rimouski-Neigette, Francis Saint-Pierre, aussi maire de Saint-Anaclet. Cette dernière est l’une des voisines les plus immédiates de Rimouski et située au Sud-Est de la ville centre.

« Je vais vous le dire exactement comme je le dis à mes collègues du conseil des maires. Il faut qu’on apprenne à travailler tous ensemble. Le jour où tout le monde aura appris à travailler ensemble -particulièrement les municipalités rurales avec la ville-centre et les municipalités rurales entre elles-  je pourrai m’en aller. Mon travail (comme préfet) sera fait. »

Vœu

« Ça va bien, mais il nous reste des pas à faire en ce sens. Je ne parlerai pas de fusions municipales, parce que vous savez que ça ne fait pas partie de mon vocabulaire. Mais on pourrait mettre beaucoup plus de ressources en commun », constate notamment monsieur Saint-Pierre, lorsque nous l’invitons à formuler un vœu pour la prochaine année.

Comme pour les autres grands entretiens de début/fin d’année du Soir, nous vous présentons le reste de celui-ci en formule questions-réponses.

Journal Le Soir : De quelle réalisation êtes-vous le plus fier en 2022?

Francis Saint-Pierre : « Ma plus grande fierté en 2022, comme maire de Saint-Anaclet, c’est la reprise de la construction résidentielle. C’est l’élément marquant. Sur le plan industriel et sur le plan institutionnel, il y a le projet de Miralis et de la garderie à souligner. Mais sur le plan résidentiel, c’est encore mieux, c’est l’une de nos meilleures années. Sur le plan de la MRC, il y a eu de nouveaux élus municipaux, il a fallu reformer des équipes et je crois que nous avons bien réussi. Avec le départ de Robert Duchesne en cours d’année, il reste deux anciens maires. »

Robert Duchesne (Photo: Facebook-Robert Duchesne)

« Dans les grands dossiers, on a réussi à déposer notre schéma de couverture de risques qui est en approbation. On travaille aussi sur la cartographie des milieux humides et hydriques qui progresse à grands pas. On devrait compléter ça en cours d’année. »

Prise de conscience contre la violence

JLS : Mis à part ces réalisations, que retenez-vous de 2022, par exemple sur le plan social?

FSP : « La crise sanitaire semble avoir favorisé de la violence –verbale, on s’entend- sur les réseaux sociaux. On dirait que les gens en ont pris conscience, commencent à réagir un peu. Et j’en suis content, parce que régulièrement, on entend parler d’élus, provinciaux, fédéraux ou municipaux, qui se font intimider, traiter de n’importe quoi. Pour être impliqué depuis longtemps, je sais que nous faisons un travail le plus honnête possible. On prend des décisions avec les informations qu’on a au moment où on les prend. C’est facile de jouer au gérant d’estrade et après, de dire : ‘’ t’aurais donc dû ‘’ ».

150 nouvelles résidences

JLS : Avez-vous des projets prioritaires pour 2023?

FSP : « À la Municipalité, on a un projet de développement qui vise 150 nouvelles résidences. On va procéder à compter de février à l’adoption des résolutions qui vont permettre ce projet résidentiel. Mais on a beaucoup de travail déjà fait, comme les analyses de sol. On échange avec le propriétaire du terrain qui est aussi un entrepreneur et tout semble se dérouler selon les plans. J’espère qu’on pourra faire une première pelletée de terre, parce que c’est gros, pour Saint-Anaclet. »

Plus d’accidents

JLS : Y a t-il des enjeux de sécurité routière parmi vos préoccupations?

FSP : « Certainement. On l’a vu : le nombre d’accidents graves a augmenté depuis un mois, un mois et demi. C’est certainement un problème. Est-ce lié à un manque de main-d’œuvre, à un manque d’entretien ou à un manque de prudence des conducteurs? Difficile à dire! Dans les municipalités, la crise de la main-d’œuvre, on la vit comme les autres. Il y a eu des épisodes de verglas et de pluie, avec de grands vents. C’est parfois difficile de maintenir nos chemins dans un bon état. On comprend la frustration des citoyens, des fois, mais de leur côté, ils doivent aussi comprendre qu’on travaille avec la nature. Et avec le personnel dont on dispose. »

Mauvaises surprises

JLS : Où en sommes-nous sur le plan des finances municipales? (À titre de préfet)

FSP : « Pour les municipalités qui gèrent la décroissance et la stabilité, ce n’est pas facile, mais pour celles qui gèrent la croissance, c’est différent. Vous le verrez quand vous aurez fait le tour des municipalités pour connaître les augmentations de taxes -certaines ne sont pas encore sorties-, il y a des citoyens qui auront de mauvaises surprises. C’est ce qui se produit quand tu gères de la décroissance avec des coûts qui vont en augmentant; coûts de personnel, coût de carburant et coût de machinerie. On ne s’en sort pas. Ce sont toujours les mêmes payeurs de taxes. Même si des maisons prennent de la valeur, le nombre de contribuables n’augmente pas. »

Mise en commun

 « C’est une situation qui relance le dossier de la mise en commun de services dans certaines municipalités. On pourrait avoir des directions générales partagées, on pourrait partager des ressources, en loisirs notamment; même des équipements. Une niveleuse pour entretenir les chemins, l’été, elle ne sert qu’un jour et demi ou deux à la municipalité. La même machine pourrait desservir plusieurs municipalités. Le plus grand frein à la mise en commun de ces ressources, ce sont les guerres de clocher. C’est le seul frein. »

JLS : Estimez-vous que les relations sont bonnes entre les élus municipaux et ceux des autres paliers de gouvernement?

FSP : « Nous venons de changer de gouvernement. On a de nouveaux députés et de nouveaux ministres régionaux. On va voir à l’usage, mais dans Rimouski-Neigette, notre députée (NDLR : et ministre!), on la connaît déjà. Ce n’est pas une inconnue, car c’est une ancienne élue municipale. On a eu l’occasion de travailler ensemble. Je n’anticipe pas de problème. Les relations publiques, ce sont comme les relations humaines : c’est souvent une question d’individus, de respect. On a tous un peu la même mission, celle de développer notre milieu. »

La députée de Rimouski, ministre des Ressources naturelles et des Forêts, ministre responsable de la Gaspésie et ministre responsable du Bas-Saint-Laurent, Maïté Blanchette Vézina. (Photo: Facebook-Maïté Blanchette Vézina députée)

À l’abri du besoin

Par ailleurs, en ce qui concerne ses vœux pour 2023, le préfet souhaite également que ses concitoyens trouvent les moyens de se mettre à l’abri du besoin en période d’incertitude économique. « Je souhaite que tout le monde ait un emploi ou sinon un revenu stable. »

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