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Producteurs agricoles : cri du cœur et manifestation monstre

Devant les bureaux de la députée-ministre de Rimouski, Maïté Blanchette Vézia
Un convoi de 250 tracteurs a convergé vers Rimouski. (Photo courtoisie)

Plus de 400 producteurs agricoles des huit MRC du Bas-Saint-Laurent ont convergé vers Rimouski avec leurs tracteurs et les véhicules de ferme, vendredi matin, pour lancer un cri du cœur et se faire entendre des députés, particulièrement de la ministre responsable de la région, Maïté Blanchette-Vézina.

Ils dénoncent la précarité de leurs entreprises et le manque d’écoute des gouvernements. Ils ont manifesté pendant environ deux heures devant les bureaux de la ministre Blanchette-Vézina.

Preuve que la situation est dramatique, les organisateurs espéraient 50 tracteurs, ils en ont eu plus de 250, ce qui a paralysé la circulation à Rimouski.

Plus de 400 producteurs agricoles ont manifesté ce vendredi matin à Rimouski. (Photo journallesoir.ca- Alexandre D’Astous)

« Nous avons des gens de la Gaspésie et même trois tracteurs de la Beauce qui ont fait le trajet jusqu’à Rimouski. La situation est intolérable. Nos entreprises agricoles n’ont plus aucune rentabilité. L’inflation nous frappe durement. Plusieurs entreprises sont en péril et on ne sent pas d’écoute de la part de nos gouvernements nos initions le mouvement dans l’Est-du-Québec, mais d’autres régions vont emboîter le pas dans les prochaines semaines », lance la présidente de l’UPA du Bas-Saint-Laurent, Nathalie Lemieux.

Il faut que ça change

« C’est un cri du cœur que nous poussons aujourd’hui. Si rien n’est fait, il n’y aura plus d’agriculture au Québec. Je ne suis plus capable d’entendre dire des producteurs qu’ils hésitent à transférer leurs entreprises à leurs enfants pour ne pas les mettre dans la misère. L’ampleur de la manifestation démontre qu’il faut que ça change », poursuit madame Lemieux.

La présidente de l’UPA du Bas-Saint-Laurent, Nathalie Lemieux. (Photo journallesoir.ca- Alexandre D’Astous)

« La situation est critique. Nos revenus sont en baisse et nos dépenses augmentent. Malheureusement, la passion ne suffit plus. Ce n’est pas de la pitié qu’on veut, mais de l’équité. L’endettement de nos fermes est critique. Assez, c’est assez. On se bat pour l’avenir de nos fermes. Ce n’est pas normal que des propriétaires doivent travailler à l’extérieur pour maintenir leur entreprise en opération », déclare le président de la confédération de l’UPA, Martin Caron, qui ajoute que le fait de nourrir les gens devrait être davantage reconnu par les gouvernements.

Des appuis

Un récent sondage démontre que 94% de la population appuie les producteurs agricoles. Sur place, le député de Matane-Matapédia, Pascal Bérubé, et le président de la Table des élus municipaux du Bas-Saint-Laurent, Bruno Paradis, ont démontré leur soutien aux manifestants.

« Il n’y a pas un autre endroit où le devrais voudrais être en ce moment. J’ai beaucoup de respect pour des gens qui se lève très tôt le matin pour nourrir les gens. Votre mobilisation démontre un point de découragement inédit. Les revenus ne sont plus là. Je vais m’assurer de porter votre message au ministre de l’Agriculture (André Lamontagne) et au premier ministre (François Legault) et leur demander de poser des gestes. Au Québec, 1% de notre budget va à la culture. Pourquoi ce ne serait pas le cas en agriculture? Ça doit devenir un enjeu », commente monsieur Bérubé.

(Photo journallesoir.ca- Alexandre D’Astous)

Pour Bruno Paradis, l’ampleur de la mobilisation démontre l’urgence de la situation.

« Il faut faire une réflexion. Ce n’est pas normal de pouvoir acheter des bananes de l’extérieur à 69 cents la livre pendant que nos producteurs agricoles peinent à joindre les deux bouts. On parle de souveraineté alimentaire, il faudrait se donner les moyens de nos ambitions et permettre à nos producteurs de bien vivre de leur production ».

La ministre absente

La ministre Maïté Blanchette Vézina n’était pas présente à son bureau. Les organisateurs de la mobilisation assurent avoir avisé les élus plusieurs jours à l’avance. Ils sont déçus de ne pas avoir pu parler avec la ministre.

Certains tracteurs à leur arrivée au centre-ville de Rimouski. (Photo courtoisie)
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