Bob Morane : le James Bond francophone
L'un des héros des adolescents masculins au Québec et en Europe dans les années 1960 et 1970
Connaissez-vous Bob Morane ? Jadis, dans les années 1960 et 1970, c’était le héros de nombreux romans d’aventure dont les adolescents masculins raffolaient, au Québec comme en Europe.
L’auteur principal, le Belge Henri Vernes, a publié plus de 200 de ces aventures, surtout aux Éditions Pocket Marabout.
Elles mettent en vedette l’intrépide Bob Morane, ingénieur et pilote d’avion, ainsi que son collègue Bill Balantine, un géant écossais qui a un penchant pour le whisky. Assez régulièrement, de jeunes et jolies aventurières participaient à leurs expéditions.
Les ennemis à affronter étaient toujours menaçants, notamment l’Ombre Jaune et Miss Ylang-Ylang.
Les titres avaient toujours un côté fabuleux : « La vallée des crotales », « La piste de l’ivoire » ou « Le cratère des immortels ».
Les romans ont engendré quelques bandes dessinées, une série télévisée et un seul film, qui n’a pas connu le succès. Bob Morane n’avait pourtant rien à envier aux scénarios de James Bond…
Commando épouvante
Pour l’amusement, j’ai relu une aventure de Bob Morane, celle qui a pour titre « Commando épouvante » et qui représentait la centième aventure à voir le jour, en 1970. Je voulais voir, 55 ans plus tard, si l’histoire racontée avait bien vieillie…
Nos deux comparses se rendent en mission dans la jungle brésilienne pour essayer de comprendre ce qui est arrivé depuis qu’un immense cône de métal, gros comme un avion, s’est écrasé et cause des rayonnements mystérieux sur les autochtones des environs.
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Dans cette aventure, ils sont accompagnés de Jacinta, une charmante journaliste brésilienne qui veut faire un reportage sur le cône.
En chemin, Bob et Bill doivent affronter non seulement des bandits qui veulent leur peau, mais aussi des indigènes armés de machettes et des vampires géants. Ils arrivent même à se demander si le vaisseau conique ne serait pas d’origine extraterrestre. (On apprend que non, finalement…)
Des questionnements ? Oui. Comment font-ils pour se diriger tout bonnement à pied dans la jungle amazonienne avec simplement une boussole?
Il n’y a jamais d’insectes dans ces marécages touffus? Et la meilleure : pouvez-vous imaginer que Morane transporte dans son sac-à-dos… une « bombe nucléaire portative » pour faire exploser le cône…?
Des surprises ? Oui. L’auteur utilise à l’occasion l’imparfait du subjonctif, ce qu’on voit rarement aujourd’hui. « J’aurais voulu que vous vinssiez à moi ».
Aussi, c’est le mot « computer » qui est employé au lieu d’ordinateur.
Parcourir le vaste monde
Bref, Bob Morane aura sans doute permis à une foule de jeunes de parcourir des endroits inconnus du vaste monde et d’améliorer leur vocabulaire.
Du bon temps de lecture. De courts chapitres qui se terminent par une intrigue. De l’action et des rebondissements continuels. Des découvertes géographiques. Les ados d’aujourd’hui ne savent pas ce qu’ils ont raté…
Le livre « Commando épouvante » contient aussi un petit Dictionnaire des personnages des 100 premières aventures de Bob Morane, qui relève plus de 1000 noms.
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