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Lettre ouverte

L’accès aux soins dans les régions est-il une priorité?

Lettre ouverte de l'équipe des infirmières de l’urgence de Trois-Pistoles
Une mobilisation tenue le 15 février a attiré 600 personnes à Trois-Pistoles (Photo Le Soir.ca- Alexandre D’Astous)

Monsieur le ministre, en tant qu’infirmières, nous sommes profondément préoccupées par la menace de fermeture de l’urgence de Trois-Pistoles la nuit, annoncées il y a près d’un mois dans le contexte de coupes budgétaires actuelles.

Depuis un mois, nous redoutons que cette annonce soit mise à exécution, ce qui mettrait en danger la qualité et la sécurité des soins dans la région.

Depuis un mois, nous naviguons dans le néant sur l’avenir des soins aux patient-e-s. Il est temps de donner l’heure juste aux citoyennes des Basques ainsi qu’aux employé-e-s de la santé qui seront aux premières loges pour recevoir les contre-chocs si l’urgence devait fermer la nuit.

En fait, il est nécessaire de nous assurer que ce scénario n’est plus envisagé et que l’accès aux soins en région est toujours une priorité du ministre.

La qualité et la sécurité des soins compromis

La fermeture de l’urgence la nuit compromettrait gravement la qualité des soins et la sécurité des patiente-s.

En cas d’urgence, les chances de survie diminuent considérablement avec le délai additionnel nécessaire pour transporter un-e patient-e vers l’urgence de Rivière-du-Loup ou de Rimouski, augmentant ainsi les risques de décès ou de complications graves.

Les délais d’intervention pour les ambulanciers seront inévitables, engendrant une prise en charge plus lente. Cela va au-delà de la question des coûts : il s’agit de vies humaines que nous ne pouvons sacrifier.

La situation actuelle dans les urgences de la région est précaire. Les hôpitaux environnants sont saturés, manquent de lits d’hospitalisation et ne peuvent accueillir davantage de patient-e-s.

La fermeture de l’urgence de Trois-Pistoles n’aurait pour effet que de dégrader davantage l’accès aux soins de santé au Bas-Saint-Laurent. Est-ce que pour vous les gens qui vivent aux Basques sont moins importants que le reste de la population?

Pourquoi les gens vivant en région n’auraient-ils pas le droit aux mêmes services de proximité pour les soins de santé que les gens qui vivent en ville?

Une question d’économie, vraiment?

Fermer l’urgence de nuit implique de devoir transférer tous les patient-e-s sur civière dans un autre établissement situé à plus de 50 km.

Avec tous ces transferts interhospitaliers que cela entraînera, et ce, aux frais du CISSS, on dépasse largement le salaire d’un médecin et de deux infirmières.

De plus notre unité 24-72 heures coûtent beaucoup moins cher qu’une hospitalisation en CH. Alors, elle est où cette économie d’argent?

Et puis, quel sera votre plan quand les routes ferment lors d’intempéries, comme cela a été plusieurs fois le cas dans les dernières semaines?

La santé, un droit!

L’article cinq de la Loi sur la santé et les services sociaux est clair : « Toute personne a le droit de recevoir des services de santé et des services sociaux adéquats sur les plans à la fois scientifique, humain et social, avec continuité et de façon personnalisée et sécuritaire. »

Monsieur le ministre Dubé, tout ce que nous voulons, c’est que le droit à la santé de nos concitoyennes soit respecté.

Fermer l’urgence de l’Hôpital de Trois-Pistoles ferait en sorte de voir ce droit compromis.

Kim Beaulieu, Justine Leblond, Diane Lepage, Lorrie Côté, Véronique Bernier, SarahJane Landry-Joncas, Caroline Bisson, Rachel Labelle, Pascale Godbout, Joanie Ouellet, Emmanuelle Lajoie, Stéphanie Dionne, Jérome Richer, Catherine Alexandra Rioux.

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