Disparition de RénoRégion : une décision qui ne passe pas
Budget 2025-2026
Le préfet de la MRC de La Mitis, également maire de Price, Bruno Paradis, qui a appris la semaine dernière que le programme RénoRégion (PRR) n’était pas reconduit, s’explique mal cette décision du gouvernement provincial.
En effet, le PRR, qui pour objectif d’aider financièrement les propriétaires-occupants à revenu faible qui vivent en milieu rural à faire effectuer des travaux pour corriger les défectuosités majeures que présente leur résidence, n’a pas été reconduit au budget 2025-2026.
Une déclaration du Cabinet de la ministre responsable de l’Habitation, France-Élaine Duranceau, indique que le plus récent budget a nécessité que des choix difficiles soient faits.
« Le budget 2025-2026 s’inscrit dans un contexte économique complexe, marqué par des pressions tarifaires croissantes et des défis importants pour les finances publiques. Dans la recherche d’équilibre, des choix doivent malheureusement être faits et ce programme n’a pas été reconduit. On est conscient des besoins des régions dévitalisés et on travaille avec les partenaires municipaux pour stimuler la construction de logements sociaux et abordables en région. De nouveaux projets s’en viennent aux quatre coins du Québec et cela résulte du travail accompli avec les municipalités pour créer plus de logements avec le même dollar. »

Le préfet et maire, Bruno Paradis, s’interroge sur l’incapacité du gouvernement à trouver les sommes nécessaires pour ce programme.
« Ce qu’on nous dit, c’est qu’il n’est pas reconduit parce que le gouvernement doit faire des choix difficiles et ainsi de suite. De ce que je comprends, pour équilibrer le budget, ils ont dû couper, mais c’est un programme de 19 M$ sur des dépenses du gouvernement du Québec de 168.5 milliards de dollars. On ne comprend pas pourquoi nous ne sommes pas en mesure de trouver 19 M$ pour les personnes qui ont les revenus les plus faibles. »

Monsieur Paradis réitère le fait que les travaux effectués dans le cadre du PRR sont des travaux qui sont nécéssaires pour la qualité de vie et la sécurité des propriétaires-occupants.
« On parle de toiture qui peut couler, de problèmes d’électricité qui posent des risques d’incendie, de problèmes avec une fosse septique parce qu’elle contamine un puits, des travaux d’isolation, etc. Ce sont vraiment des travaux nécessaires et non du luxe. En moyenne, dans la MRC de La Mitis, on parle de 15 500 $ par projet et sur deux ans, il est question de 73 projets qui ont été déposés. Le maximum que nous avons vu est entre 20 000 $ et 25 000 $ par dossier. C’est aussi un programme qui s’adresse aux gens à très faibles revenus, soit pour des gens qui ont des revenus inférieurs à 41 500 $ pour une personne seule ou en couple. Quand un couple gagne au-dessus de 26 000 $, le pourcentage va descendre. Si on gagne par exemple de 0 à 29 500$ pour une personne en couple, c’est 95 %. Si on a des revenus de 41 500 $, on n’a alors droit qu’à 20 % de subventions. »
La valeur du logement ne peut pas non plus excéder 150 000 $.
« Vous comprendrez qu’avec l’augmentation-marchande des maisons dans la région après la COVID, cela fait en sorte que de moins en moins de ménages sont en mesure de s’inscrire à ce programme. »
Donner une voix aux moins bien-nantis
Le maire de Price est aussi d’avis que si les personnes à très faibles-revenus des régions écopent de la sorte, ce n’est pas un hasard.
« Je pense que notre poids politique dans les différents gouvernements est de moins en moins grand. Il est aussi question de couper dans des programmes qui s’adressent à des personnes qui n’ont pas nécessairement de porte d’entrée au gouvernement, qui n’ont pas de voix pour eux souvent. Ça fait que c’est plus facile : ça crie moins fort. Je pense que c’est pour ça aussi que les élus municipaux tiennent à parler d’eux, pour démontrer que leurs besoins sont nécessaires et que d’y répondre c’est tout aussi nécessaire et fondamental, surtout quand il est question de montants aussi dérisoires quand on regarde l’ensemble du budget gouvernemental. »

Le coordonnateur d’Action Populaire Rimouski-Neigette, Michel Dubé, ajoute sa voix à celle du maire.
« C’est un programme qui venait soutenir la vitalité de notre région et qui soutenait les personnes les plus démunies. C’est vraiment ridicule comme décision et je suis content de voir la réaction de Bruno Paradis. Il n’y va pas de main morte et sachant qu’il est aussi président de la Table régional des élus municipaux du Bas-Saint-Laurent, c’est bon de le voir aller. »
« Je me demande comment Maïté Blanchette Vézina compte défendre cette décision de son gouvernement, mais qu’il s’agit vraiment d’un frein à la vitalité des communautés rurales. On s’attaque directement aux populations les plus démunies. En plus, ça risque d’emmener d’autres conséquences, par exemple pour nos quincailleries et nos entreprises de construction. On se tire carrément dans le pied en suspendant ce programme. »