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Autisme : des chandails pour sensibiliser à Rimouski

Au profit de la Fondation pour les personnes déficientes intellectuelles du Bas-Saint-Laurent
Bianca Rousseau a conçu le design qui se trouve sur les chandails. (Photo Facebook – Lamijac Impression photo)

Dans le cadre du mois de la sensibilisation à l’autisme, l’entreprise basée à Rimouski, Lamijac Impression photo, présente une collection exclusive conçue par l’une de ses employées, Bianca Rousseau, qui est elle-même une femme autiste.

100 % des profits engendrés par la vente de gilets conçus par madame Rousseau seront reversés à la Fondation pour les personnes déficientes intellectuelles du Bas-Saint-Laurent (CRDI-TSA).

« C’est une ressource qui est disponible pour toutes les personnes autistes, qui ont, ou non, un diagnostic, c’est-à-dire qu’elle peut soutenir les personnes dans l’obtention de leur diagnostic. Souvent, on pense que les organismes sont là pour ce qui fait suite au diagnostic, mais comme l’autisme n’est pas facile à diagnostiquer, la fondation est là pour aider la population », explique Bianca.

« À chaque autiste son remix »

Elle ajoute que la collection est née à la suite d’une réflexion, d’une erreur de commande et d’une autre réflexion, le tout en étant soutenu par son employeur, Frédérik Beaudin pour créer un design qui serait à l’image de la communauté.

« Il n’y a pas si longtemps, nous avons intégré dans le cadre de mon milieu de travail des services de soutien aux personnes autistes, parce que je vis quand même des difficultés personnelles dans le cadre de mon travail. Elles sont légères, parce que je me suradapte énormément. C’était donc pour me protéger qu’on s’est dit qu’on pourrait commencer à mettre en place des mesures d’aides. C’est quelque chose à laquelle on réfléchissait depuis un certain temps. Par le hasard des choses, un jour nous avons fait une commande de vêtements et il y a eu une erreur : au lieu de recevoir un chandail, nous en avons reçu 100. »

« Comme les deux événements sont arrivés en même temps, les démarches de soutien à l’emploi et l’erreur avec les chandails, on s’est dit que ce serait peut-être une bonne idée, quand ce serait le mois de sensibilisation à l’autisme de faire un chandail pour passer ces 100 chandails et finalement rentabiliser notre erreur. Sur le moment, l’idée m’avait plu, mais je trouvais que le chandail n’était pas assez doux. Étant une personne autiste, je suis très sensible aux textures, alors nous avons un peu laissé tomber l’idée, jusqu’au jour où j’ai croisé un client qui était surpris de savoir que j’étais autiste. »

Le design qui se trouve sur les trois types de chandails disponible à l’achat (chandail à manches courtes, sweatshirt et gilet à capuche) (Photo tirée du site lamijac.ca)

« J’ai commencé à lui expliquer ce qu’était le spectre de l’autisme : qu’on est tous un peu différents et ainsi de suite. En le disant, je me suis dit, pourquoi est-ce qu’on dit le spectre de l’autisme? Ce sont plutôt les spectres, sur lesquels on se positionne. C’est à ce moment-là que j’ai eu un flash d’inspiration et que j’ai réalisé qu’on est en fait un remix. Un peu à l’image du design sur le chandail, avec la table de sons, ce sont des gradateurs sur lesquels on se situe avec les aspects de l’autisme. J’aime beaucoup aimer cette image qui m’est venue en tête et j’ai pensé qu’on pourrait la faire à la mode rétro des années 1990. »

L’autisme au féminin

Pour conclure, madame Rousseau espère que cette initiative permettra d’engager le dialogue sur l’autisme, afin de le démystifier et de faire reconnaitre les retards du système quand vient le temps de diagnostiquer une femme.

« C’est très difficile pour les femmes d’obtenir un diagnostic d’autisme. Généralement, ça passe par le biais de la santé mentale. Ce sont des femmes que l’on va voir faire des dépressions, recevoir des diagnostics de bipolarité ou de trouble de la personnalité limite, parce que le milieu médical connait mal l’autisme au féminin, parce qu’historiquement, la recherche a été faite sur des hommes. On est donc mal outillé pour reconnaitre l’autisme chez les femmes et ça en fait des femmes qui souffrent et qui n’obtiennent pas le bon diagnostic et donc pas les bons services. C’est quelque chose que je veux vraiment mettre de l’avant. »

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