Miser sur le partage plutôt que les fusions
L’exemple de Price et Sainte-Angèle analysé
Invité par Le Soir à réagir à la récente sortie du maire de Mont-Joli, Martin Soucy, qui estime que des fusions municipales sont inévitables dans La Mitis, le préfet Bruno Paradis penche davantage pour des partages de ressources sur le modèle de ce qu’il a instauré dans sa municipalité.
Si monsieur Soucy imagine un modèle idéal de regroupement de quatre ou cinq municipalités avec des conseils d’arrondissement, son homologue de Price constate que les élus devront avoir des réflexions en profondeur sur le sujet.
« Les moyens que nous avons à notre disposition comme municipalité sont de moins en moins grands en termes de financement et de ressources humaines. La capacité de payer des citoyens a atteint sa limite. Il faut toujours en faire plus avec moins. Devant ce constat, et avec des enjeux de pénurie de main-d’œuvre et d’augmentation de paperasse administrative, on devra avoir des réflexions pour savoir si ça doit passer par des fusions de municipalités ou des collaborations comme nous (Price), on le fait avec Sainte-Angèle-de-Mérici », commente-t-il.
Ressources disponibles
Le préfet précise que ce partenariat, initié il y a huit ans, comporte le partage des administrations.

« Nous avons un directeur général et un directeur des travaux publics pour les deux municipalités. Pour les autres ressources administratives, il y a de l’échange qui se fait. Souvent, une des ressources reçoit les appels des deux municipalités. Quand il y a une grosse activité comme Price en Fête ou le Ice Cross SAM, les ressources sont dirigées vers la municipalité concernée. Les adjointes administratives, secrétaires et les personnes aux loisirs s’adaptent à ce qui passe et aux besoins », explique Bruno Paradis.
Prêt de machineries
L’entente prévoit également des prêts de machineries. « Selon notre entente, si une municipalité n’est pas utilisée à Price ou à Sainte-Angèle, l’autre municipalité peut aller la chercher et l’utiliser moyennant le paiement d’une location, dont le coût est fixé selon les grilles de Transport Québec », poursuit le maire de Price.
Pour illustrer les avantages pour sa municipalité d’avoir une entente avec sa voisine, Bruno Paradis indique qu’il n’aurait pas les moyens d’engager un directeur général du niveau de celui que les deux municipalités partagent.
« Si on était seul, on embaucherait un directeur général le plus généraliste possible qui aurait assurément des forces et des faiblesses. Là, on peut compter aussi sur un directeur des travaux publics qui vient compenser sur des aspects que ma direction générale connaît moins. Au lieu d’avoir accès à 100 % d’une ressource x, j’ai accès à 50 % d’une ressource x et 50 % d’une ressource y qui sont complémentaires. J’ai accès à une plus grande gamme de compétences pour le même prix ».
En jumelant les ressources humaines de deux ou quelques municipalités, on peut créer une petite équipe de travail, ce qui n’est pas possible individuellement pour les plus petites municipalités qui tombent souvent sans service si la direction générale doit s’absenter. Dans le cas de Price et de Sainte-Angèle, les employés de la voirie restent dans leur municipalité respective, sauf exception.

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