Bilan 2025 : la dangerosité de la route 132
Accidents mortels à répétition entre Le Bic et Notre-Dame-des-Neiges
Le Soir.ca poursuit sa rétrospective des nouvelles marquantes de 2025. Est-ce que la route 132 est dangereuse entre Le Bic et Notre-Dame-des-Neiges ? Est-ce que les accidents qui s’y produisent auraient pu être évités, dans l’éventualité où l’autoroute 20 aurait existé à cette hauteur ? Est-ce que l’autoroute 20 pourrait améliorer le bilan routier ?
Voilà autant de questions qui refont surface depuis un accident mortel survenu le 26 octobre dernier à Saint-Simon-de-Rimouski. Le Soir a fouillé le dossier.
Ce drame relance sans contredit le débat sur la sécurité de la route 132 et sur l’urgence de prolonger l’autoroute 20 dans ce secteur.
Le dernier accident mortel, qui s’est produit sur le fameux tronçon où l’autoroute 20 est inexistante, n’est malheureusement pas un cas isolé.
Le tronçon de la route 132 entre Notre-Dame-des-Neiges et Le Bic a été le théâtre de 14 accidents mortels entre 2014 et 2023, selon les données de la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ).

Pour cette même période, cette section de route a enregistré 931 accidents, dont 17 graves et 201 avec blessures légères. Les dommages matériels représentent la majorité des 699 accidents recensés.
Les années 2015 et 2021 se distinguent plus particulièrement avec respectivement 107 et 106 accidents.
En comparaison, l’autoroute 20 entre Rimouski et Mont-Joli, sur une distance comparable, affiche un meilleur bilan avec 637 accidents sur la même période, soit 294 de moins que sur la route 132.
Le nombre d’accidents mortels y est aussi légèrement inférieur avec 11 décès, comparativement à 14 sur la route 132.

Infrastructure jugée sécuritaire
Malgré ces chiffres, le porte-parole du ministère des Transports et de la Mobilité durable du Québec (MTMQ) maintient que « la route 132 entre Notre-Dame-des-Neiges et Rimouski est une infrastructure routière sécuritaire ».
« Le ministère déploie tous les moyens possibles pour assurer la sécurité des usagers de la route », affirme Jean-Philippe Langlais.

Il précise du même souffle que le ministère « échange régulièrement avec ses partenaires municipaux et demeure à l’écoute des besoins de ceux-ci ».
Selon monsieur Langlais, lorsqu’une municipalité présente une demande visant à améliorer la route, « celle-ci est analysée par le ministère ». « Si les études menées concluent que des améliorations sont requises, le ministère apporte les correctifs qui s’imposent », assure-t-il.
L’autoroute 20 aurait-elle pu éviter certains de ces drames ? Le ministère des Transports et de la Mobilité durable du Québec (MTMD) refuse de se prononcer.
« À savoir si les accidents survenus sur la route 132 auraient pu être évités advenant la présence d’une autoroute dans ce secteur, le ministère ne peut se prononcer en raison du caractère hypothétique de la question », répond son porte-parole, Jean-Philippe Langlais.
Il renvoie la balle à une autre instance gouvernementale. « Les questions sur les causes et les recommandations découlant des enquêtes réalisées à la suite d’accidents mortels doivent être adressées au Bureau du coroner. »
Jean-Philippe Langlais précise toutefois que, « lors d’un accident mortel, le ministère collabore avec la Sûreté du Québec et le Bureau du coroner dans le cadre de leurs enquêtes respectives ».
« Le ministère prend connaissance des recommandations du coroner, les analyse et pose des gestes additionnels si nécessaire », renchérit-il.
Solution pour l’avenir ?
Sans établir de lien direct avec les accidents passés, le ministère reconnaît les avantages sécuritaires d’une autoroute.
« Le projet de bonification de l’autoroute 20 a pour objectif de procurer différents gains en favorisant notamment la mobilité et l’accessibilité des régions du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie », explique monsieur Langlais.
Même si le ministère se garde bien d’établir un lien direct avec les accidents survenus sur la route 132, il laisse tout de même entrevoir que le prolongement de l’autoroute 20 pourrait effectivement améliorer le bilan routier dans la région.

« Du point de vue de la sécurité, une autoroute permet entre autres d’éliminer les intersections et les accès le long du lien routier, ce qui vient réduire les risques d’accident », confirme le porte-parole du MTMD.
En attendant la concrétisation de ce projet d’envergure, la route 132 entre Notre-Dame-des-Neiges et Le Bic soulève toujours des questions quant à sa sécurité.

Par 