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Dr Alex Cromer-Émond : du football au cabinet de psychiatre

Rien ne prédestinait le jeune natif à Price à devenir médecin
Le Dr Alex Cromer-Émond dans son bureau de psychiatre à l’Hôpital régional de Rimouski. (Photo Le Soir.ca- Johanne Fournier)

Originaire de Price, le Dr Alex Cromer-Émond incarne la persévérance. Marqué par le sport et l’acharnement, son parcours l’a mené de joueur de football universitaire à psychiatre nouvellement établi à Rimouski.

Rien ne prédestinait le jeune Alex à devenir médecin. Ses notes au primaire oscillaient entre 60 et 70 %. Puis, l’apprentissage de la lecture représentait un véritable défi.

« Je n’étais pas bon pour comprendre comment l’agencement des lettres faisait le mot », se souvient-il. Sa mère lui faisait répéter inlassablement ses exercices. Cette éthique de travail héritée de ses parents est devenue sa force motrice.

« Pour moi, c’était normal de travailler autant, d’en faire plus pour avoir ce qu’on veut, explique-t-il. C’est l’exemple que j’ai eu. » 

C’est au secondaire que sa vie prend un tournant. Son anxiété, qui nuisait à ses performances scolaires, trouve un nouveau débouché : le football.

« Le football m’amenait à vouloir plus performer, à être meilleur sur le terrain », raconte-t-il. Il poursuit l’entraînement de son sport favori au Cégep de Lévis, où il côtoie des étudiants brillants qui, plus tard, deviendront médecins. « Moi, j’étais un athlète-étudiant, précise-t-il. Je n’étais pas un étudiant-athlète. Ma priorité était le sport. »

Cette passion le mènera ensuite à jouer cinq ans avec Les Carabins de l’Université de Montréal, soit de 2013 à 2018, où il poursuit des études de médecine. En 2014, il remporte la Coupe Vanier avec son équipe. 

Don pour comprendre les gens

Bien qu’initialement attiré par la chirurgie, c’est en psychiatrie qu’Alex Cromer-Émond découvre sa véritable vocation.

« C’est exactement dans ça que je suis bon, c’est-à-dire de comprendre les gens, affirme-t-il. J’ai un don pour ça. »

Il estime que ses origines rurales sont un atout. « Ma normalité n’est pas celle de la moyenne des gens avec qui j’étudiais. Maman me disait que c’était une force de provenir d’un petit milieu parce qu’on est en contact avec le vrai monde. »

Alex Cromer-Émond dans l’uniforme des Carabins de l’Université de Montréal (Photo archives)

S’il a choisi de revenir dans sa région natale pour pratiquer la psychiatrie, c’est aussi en raison de la polyvalence de l’Hôpital régional de Rimouski, qui dispose notamment de services d’électrochocs et de neuromodulation.

« Mais, peu importe où j’étais, je suis toujours revenu vers ma région », ajoute-t-il.

Redonner à la communauté

Attaché à ses racines, le jeune psychiatre a créé, avec Kimberly Richard, une collègue et amie, le Fonds Alex Cromer-Émond.

Il a comme objectifs d’encourager la persévérance académique, de valoriser l’effort et la détermination, d’offrir des opportunités d’accompagnement et de soutien personnalisé, ainsi que de favoriser le dépassement de soi.

« Le football m’a sauvé la vie, confie-t-il. Si je n’avais pas eu le football, je n’aurais probablement pas été le gars calme que je suis aujourd’hui et je ne serais pas médecin. »

Lancé le printemps dernier, le nouveau fonds a déjà amassé près de 10 000 dollars. « Je veux être le parent que des jeunes n’ont pas, je veux qu’ils aient l’encouragement qu’ils n’ont pas eu », déclare-t-il avec conviction. Une bourse à son nom existe aussi déjà depuis près d’une décennie à l’école Le Mistral de Mont-Joli

Alex Cromer-Émond s’entraîne à la dynamophilie. Il vise à devenir le plus fort au Canada. (Photo courtoisie Michèle Grenier)

Depuis que sa carrière de footballeur est derrière lui, la passion d’Alex Cromer-Émond est la dynamophilie. Il vise à devenir le plus fort au Canada.

Dans ce sport comme dans sa profession, le docteur demeure animé par cette même volonté de dépassement qui l’a toujours défini.

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