Blanchette Vézina respectueuse du départ de Legault
Après l'avoir invité à réfléchir sur son avenir au sein de la CAQ
Après l’annonce de la démission du premier ministre du Québec, François Legault, l’ex-ministre caquiste, aujourd’hui députée indépendante de Rimouski, Maïté Blanchette Vézina, aborde le sujet de l’heure, quelques mois après avoir invité son ancien chef de parti à réfléchir sur son avenir au sein de la Coalition Avenir Québec (CAQ).
Élue sous la bannière de la CAQ en 2022, a quitté le parti à l’automne 2025 pour siéger comme indépendante, après la perte de son poste de ministre des Ressources naturelles et des Forêts.
Ce remaniement ministériel effectué par François Legault, lui avait aussi fait perdre ses fonctions de ministre responsable du Bas-Saint-Laurent, de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine, au profit d’Amélie Dionne.
Au lendemain de sa démotion, elle déclarait que sa confiance envers le premier ministre était ébranlée. Une semaine plus tard, elle annonçait son départ de la Coalition Avenir Québec et invitait du même coup François Legault à quitter son poste.
« Un chef doit savoir reconnaître le moment de préparer la relève pour assurer la continuité et la vitalité de ce qu’il a bâti. J’invite le premier ministre à réfléchir sérieusement à ce plan de relève. Pour moi, le lien de confiance est brisé », mentionnait alors Maïté Blanchette Vézina.
Présentement à l’extérieur du pays, dans l’impossibilité d’accorder des entrevues avant quelques jours, la députée indépendante de Rimouski a réagi à l’annonce effectuée par François Legault, mercredi matin. Malgré les critiques qu’elle a pu lui adresser depuis septembre, Maïté Blanchette Vézina s’est montrée respectueuse dans ses propos.
« Le rôle de premier ministre est exigeant, autant sur le plan politique que personnel. La décision de quitter ses fonctions n’est jamais simple et mérite d’être accueillie avec respect. Au fil des dernières années, François Legault a posé des gestes importants et pris des décisions qui ont marqué le Québec, souvent dans des contextes complexes et sous une forte pression. On peut débattre des choix politiques, mais il est juste de reconnaître l’engagement et le sens du devoir que représente le service public à ce niveau de responsabilité », peut-on lire sur la page Facebook officielle de la députée.
Payant pour Rimouski
L’annonce de la démission du premier ministre du Québec, François Legault, a suscité de nombreuses réactions à travers toute la province. Les élus de Rimouski et de La Mitis ont eux aussi réagi à la nouvelle.
Également dans l’impossibilité d’accorder des entrevues, le maire de Rimouski, Guy Caron, a fait parvenir sa déclaration écrite, mercredi en fin d’après-midi.
« J’aimerais remercier le premier ministre François Legault pour sa contribution et son engagement politique. Sous sa gouverne, Rimouski a pu bénéficier de la venue des facultés de médecine et de médecine vétérinaire, de la Maison des Aînés et du Lab-École. Son gouvernement a aussi participé de façon significative aux succès de la Ville de Rimouski pour les mises en chantier résidentielles. Aucun gouvernement ne peut faire l’unanimité, mais au-delà de certains dossiers sur lesquels nous pouvons avoir des opinions divergentes, monsieur Legault a contribué à l’essor institutionnel de Rimouski. »

De son côté, le maire de Mont-Joli, Martin Soucy, a fait une déclaration assez sobre, en remerciant le premier ministre démissionnaire.
« C’était prévisible. Les sondages indiquaient que le premier ministre n’était pas vu favorablement par les Québécois. Je comprends la situation qu’il vit présentement. Je tiens à le remercier pour les années qu’il a donné au Québec, ainsi que pour les grandes choses qu’il a pu accomplir pour la province. »
Le préfet de la MRC de La Mitis, également maire de Price, Bruno Paradis, avoue qu’il s’attendait à une annonce de la sorte.
« Je ne m’attendais pas à cette annonce aujourd’hui, mais que je m’attendais quand même à ce qu’éventuellement, monsieur Legault annonce son départ, pour son parti et pour le Québec. »
Il souligne toutefois les années consacrées par ce dernier, au Québec.
« Je pense qu’il est important de le reconnaître, quand des hommes et des femmes d’états consacrent des années de leur vie, au sacrifice de leur temps personnel, pour servir le bien commun et l’appareil public, qu’on soit d’accord ou non avec les décisions qui ont été prises. Je pense qu’il faut aussi reconnaître le rôle fondamental que François Legault a joué pendant la pandémie, qui était à la fois rassurant et compétent. »
Vent de changement
Il espère que son départ sera accompagné d’un vent de changement pour les régions du Québec, marqué par une décentralisation des pouvoirs.
« Je vais souhaiter que les différents candidats prennent le temps d’arrêter de centraliser les pouvoirs sur Québec, en revenant à la base, en écoutant les régions et en appliquant des politiques qui ne sont pas mur-à-mur et qui peuvent être malléables en fonction des différentes réalités. »
S’il déplore la centralisation des dernières années, tous partis confondus, il estime que François Legault a tout de même accompli de bons coups dans la région, notamment dans le domaine de l’éolienne.
« Même si au départ, il n’était pas d’accord, il a changé son fusil d’épaule et ce qui a été lancé comme projet d’énergie éolienne est un legs important pour notre région. Est-ce que ça aurait pu être fait différemment? À mon avis, oui. »
On avait beaucoup d’espoir d’avoir une réelle décentralisation du pouvoir, malheureusement, comme tout parti confondu, c’est plus une centralisation à laquelle nous avons assisté. »

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