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Traverse Rimouski–Forestville : quand l’État ralenti le processus

L'opinion de Robin Lebel
Le promoteur de la Traverse Rimouski-Forestville, Louis-Olivier Carré, discute avec le maire sortant de Rimouski, Guy Caron. (Photo Le Soir.ca-Olivier Therriault)

La Traverse Rimouski–Forestville est branchée sur un respirateur artificiel. Comment sortir ce projet de l’impasse ? Franchement, je n’en ai aucune idée.

L’opinion de Robin Lebel

Mais une chose saute aux yeux : le dossier repose entre les mains d’employés salariés, de fonctionnaires qui n’ont rien en commun avec le milieu des affaires. Et soyons honnêtes : quand a-t-on vu un projet impliquant le gouvernement fonctionner du premier coup ?

En décembre dernier, j’écrivais qu’il faudrait peut-être inscrire ce dossier au livre des records Guinness si Louis-Olivier Carré et son entreprise, Rilec, réussissaient à lancer la traverse en 2026. Mon doute était simple : le mot « gouvernement » apparaissait dans le dossier.

Et qui dit gouvernement dit fonctionnaires. Ce n’est pas qu’ils ne valent rien, loin de là, mais ils n’ont pas la fibre entrepreneuriale. Je ne l’ai pas moi non plus, et ça ne fait pas de moi un imbécile. Mais pour prendre des décisions sous pression, mieux vaut cogner à une autre porte.

On me dira : « Oui, mais il y a eu des décisions rapides pour Northvolt, Lion Électrique ou même le troisième lien. » Justement. Vous comprenez mieux mon scepticisme. La date butoir est maintenant fixée au 1er juin 2026. Qu’est-ce que ça change pour un employé salarié, au gouvernement ou ailleurs ?

Pas grand-chose, sinon que le bateau ne partira pas si le dossier n’est pas ficelé. Pourquoi une telle attitude ? Parce que ce n’est ni leur argent ni leur projet. Et, en prime, la Société des traversiers du Québec, une autre structure gouvernementale, existe déjà.

On pourrait espérer un coup de pouce de Pascal Bérubé, député de Matane. Mais soyons sérieux : au mieux, un appui du bout des lèvres. Il ne se tirera pas dans le pied auprès de ses électeurs, quand même.

Alors, comment sortir ce projet de sa vilaine position maintenant que les cartes sont sur la table ? Je lance une idée : transférer une partie des fonds prévus pour le troisième lien de Québec. Pourquoi pas ?

Bouée de sauvetage

Avec la CAQ qui coule à pic, le moment est tout choisi pour faire tourner un projet, pour une fois, dans le sens des aiguilles d’une montre. Côté affaires, la CAQ n’a plus rien dans les mains. Ce serait enfin une première bonne décision. Ils n’ont plus rien à perdre.

Sans être le coup de circuit que le gouvernement Legault a toujours cherché, ce serait au moins une bouée de sauvetage pour ce qu’il reste de la CAQ au Québec.

J’entends déjà les réactions, à Québec comme à Montréal. Vous savez, pour eux, je l’écris souvent, la frontière du Québec s’arrête à Lévis et sur la rive nord, à Beauport. Comment intéresser les médias nationaux à notre cause ?

Le navire réservé par Louis-Olivier Carré pour assurer la relance de la Traverse Rimouski-Forestville. (Photo courtoisie)

Même le déraillement d’un train à Kamouraska n’a pas suffi à attirer leur attention. Imaginez le drame si cela s’était produit entre Québec et Montréal : le vacarme médiatique aurait été instantané.

Comme je dis souvent à ma blonde : « Les nouvelles nationales au Québec, tout comme les vox pop, se font toujours autour des bâtisses des diffuseurs à Montréal. Pas le choix : ils n’ont plus une cenne pour aller ailleurs. »

Vivre en région offre une qualité de vie exceptionnelle. Mais il y a un prix à payer quand vient le temps de faire avancer un dossier. La Traverse Rimouski–Forestville en est la preuve la plus flagrante.

Quand on y repense, il y a de quoi déchirer ma chemise. Pour ne pas dire pire. C’est révoltant.

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