Crimes sexuels : le procès de Ronald Audet est en cours
La victime présumée a été le premier témoin appelé à la barre
Prévu pour deux jours, le procès de Ronald Audet, 88 ans, de Mont-Joli, accusé de crimes de nature sexuelle sur une personne mineure, a débuté ce jeudi matin au palais de justice de Rimouski par le témoignage de la plaignante.
La victime présumée, dont l’identité est protégée par une ordonnance de non-publication, a été le premier témoin appelé à la barre par la procureure de la Couronne, Me Marie-Pierre Chicoine-Côté.
Celle-ci a raconté qu’elle allait souvent chez l’accusé quand elle était enfant parce que sa mère était amie avec la conjointe de l’accusé.
Elle a mentionné que les gestes ont eu lieu sur le lazy-boy dans le salon. « C’était sous forme de jeux. Il me disait de brasser son pénis pour le faire rallongé et que de l’eau allait sortir. C’était devenu une habitude. Ça se faisait en douceur, sans violence ».
La plaignante a ajouté qu’elle se souvenait qu’il lui avait demandé de mettre son pénis dans sa bouche.
« Je raconte ce qui est clair dans ma tête. J’obéissais. Je ne savais pas ce qu’était une érection. Je ne savais rien de la masturbation. Quand j’ai compris, j’ai eu peur et honte », a-t-il affirmé.
Les événements se seraient produits entre le 4 janvier 1983 et le 31 décembre 1986 à Mont-Joli. « Je ne peux pas dire le nombre de fois, mais c’était chaque fois qu’on allait chez lui et qu’il était là », a précisé la plaignante, qui avait entre quatre et 10 ans au moment des gestes allégués.
Contre-interrogatoire
En contre-interrogatoire, l’avocate de l’accusée, Me Caroline Bérubé, a fait ressortir quelques contradictions dans le témoignage de la plaignante par rapport à sa déclaration faite aux policiers, notamment sur la signification d’un point d’interrogation qu’elle a placé près de la chambre de l’accusé sur un croquis qu’elle a fait.
En cour, elle a dit que c’était parce qu’elle n’était pas sûre qu’il y avait eu des gestes à cet endroit, alors que sur l’enregistrement de son témoignage elle mentionnait que c’était parce qu’elle n’était pas certaine de l’emplacement de la chambre.
Le contre-interrogatoire devait se poursuivre ce jeudi après-midi. Par la suite, le ministère a annoncé un deuxième témoin.

La preuve de la défense suivra celle du ministère public. L’accusé devrait témoigner et au moins une autre personne.
Le procès devrait se poursuivre vendredi avant-midi et reprendre en mai, si nécessaire, puisque la juge Annick Boivin, doit quitter Rimouski vendredi midi et qu’elle reviendra seulement en mai.
Procès dans un autre dossier
Dans un autre dossier, Ronald Audet fait face à deux chefs d’accusation d’attentat à la pudeur et un de grossière indécence. Le vocable attentat à la pudeur n’existe plus aujourd’hui.
Il a été remplacé par celui d’agression sexuelle, mais les accusations doivent être celles qui étaient en place au moment des gestes reprochés.
Dans cette affaire, un procès de quatre jours devrait être fixé le 9 mars.
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