Ne plus être au menu
L'opinion de Robin Lebel
Mark Carney a véritablement marqué l’histoire. À Davos, il a livré un discours digne des plus grands leaders, un discours où, sans jamais prononcer son nom, il a exposé le véritable visage de Donald Trump. Comme l’a si bien dit Mark Carney, « si vous n’êtes pas à la table, vous êtes au menu ».
L’opinion de Robel Lebel
L’élite mondiale a salué cette intervention calculée de notre premier ministre. Reste maintenant à voir ce que cela signifie pour nous, ici, au Québec.
Les dernières nouvelles montrent un Parti québécois en pleine ascension, suffisamment pour envisager une entrée au pouvoir et, par conséquent, un éventuel référendum.
Et la question qui trotte dans toutes les têtes est simple : que deviendrions-nous si le Québec devenait souverain avant le départ de Donald Trump et de son entourage?
Beaucoup craignent que nous soyons « déculottés » en moins de deux. La raison semble évidente : l’appât du gain. Alors imaginons le pire. Qu’est-ce que les États-Unis pourraient convoiter chez nous avec un dirigeant comme Donald Trump, que plusieurs décrivent comme sans classe, prêt à intimider et à mentir sans limite?
Nos minerais, comme le fer, le cuivre, l’or ou le lithium, notre hydroélectricité, notre eau douce, nos alumineries, le contrôle du fleuve Saint-Laurent… La liste est longue!
Comment un Québec souverain pourrait-il se protéger d’une invasion? Dans les faits, nous n’aurions pas plus de chances que le Canada n’en a actuellement.
Souris contre un éléphant
Militairement, la comparaison est celle d’une souris face à un éléphant. Autrement dit, la peur d’une invasion ne peut pas, à elle seule, dicter un vote lors d’un référendum.
Alors pourquoi la population a-t-elle reculé lors des deux derniers référendums? La peur? Pas vraiment. Le vote des immigrants en 1995? On peut en parler, même si un appui francophone plus massif aurait été souhaitable.
Mais au fond, il y a toujours eu une question silencieuse, celle que personne n’ose dire tout haut : qu’allons-nous réellement gagner à devenir un pays, alors que la vie va bien pour la majorité d’entre nous?
J’ai voté oui deux fois dans ma vie. Et aujourd’hui, en 2026, je le referais sans hésiter. Nous sommes devenus l’un des peuples les plus instruits d’Amérique. Notre économie ne repose pas sur l’automobile. Nous avons une expertise solide en ingénierie, en architecture, en informatique et dans bien d’autres domaines.
Les craintes que j’avais en 1980 et en 1995 se sont dissipées. Comme peuple, nous avons tout ce qu’il faut pour faire bonne figure sur la scène internationale. Devenir un pays nous permettrait enfin de prendre pleinement notre place sur l’échiquier mondial.
Bientôt, ce sera à nous de choisir. Aurons-nous le courage de faire un pas de plus? S’épanouir comporte toujours des risques. Mais une chose est certaine : je ne suis pas né pour un petit pain. Et vous?


Par 