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Viol collectif : l’importance de briser le silence

Le CAVAC réagit aux événements survenus à Matane
Les accusations sont en lien avec un événement survenu en août dernier, à Matane. (Photo Unsplash)

La nouvelle rapportant que sept individus ont été accusés d’avoir perpétré un viol collectif sur une personne de moins de 16 ans, à la suite de leurs arrestations à la mi-janvier, aura choqué plus d’une personne.

Bien que la directrice générale du Centre d’aide aux victimes d’actes criminels (CAVAC) du Bas-Saint-Laurent, Sophie Gasse, ne puisse commenter un cas précis et que son travail l’incite à ne pas qualifier de la gravité des crimes, elle est d’accord sur le fait qu’il s’agit d’une triste histoire.

« Je suis au CAVAC depuis 22 ans, alors vous pouvez imaginer que j’ai entendu parler de différents crimes, survenu dans différents contextes, mais je ne pourrais pas dire ce qui est pire ou moins pire. Quelques fois par année, on voit quand même des incidents qui, selon l’opinion publique, peuvent être un peu plus intenses que d’autres et au cours de ma carrière, c’est arrivé à quelques reprises où des crimes nous ont saisis un peu plus. »

Elle rappelle qu’une faible proportion des crimes de nature sexuels sont dénoncés.

« On peut raisonnablement s’attendre à ce qu’il y en ait plus que ce qu’on entend ou que ce qui est dénoncé aux autorités policières. »

Madame Gasse précise toutefois que les cas de ce genre ne sont pas pour autant communs.

D’autres victimes possibles

Quant à la possibilité que d’autres victimes se manifestent, elle soulève qu’il s’agit d’un phénomène observable dans certains cas.

« C’est effectivement quelque chose que l’on peut voir. Le fait qu’une personne dénonce ou le fait qu’un dossier soit médiatisé peut donner le courage nécessaire à d’autres personnes de dénoncer, ou bien leur offre la possibilité de le faire. Il faut savoir aussi que, surtout dans les dossiers de nature sexuelle, souvent il y a une certaine honte, une certaine gêne, puisque c’est très intime, alors si une première victime prend la parole, ça peut en pousser d’autres à se dire qu’elles en sont capables aussi. Quelquefois, il y en a aussi qui le font dans un but de se dire qu’ensemble elles seront plus fortes face à l’adversité. »

Évidemment, il ne s’agit pas d’une certitude, puisque certaines personnes ne veulent pas prendre part au processus judiciaire. La DG réitère toutefois l’importance de parler et de savoir qu’au besoin, de l’aide gratuite et confidentielle est disponible.

« On veut que les gens n’aient pas peur de parler. Dénoncer, ce n’est pas seulement téléphoner aux policiers, c’est aussi obtenir du soutien de la part de professionnels, comme auprès de son médecin, pour qu’au moins la personne ne reste pas seule avec ce qu’elle a vécu. »

Elle souhaite d’ailleurs que les gens se souviennent qu’il est possible d’aller mieux après un tel traumatisme.

« Les personnes qui vont vivre des événements de la sorte, peuvent évidemment être en état de choc et se sentir découragées, en ayant l’impression qu’elles n’iront plus jamais bien, mais c’est faux. Il y a des choses qui peuvent être faites pour leur permettre de s’en sortir et c’est la beauté de notre travail. »

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