Rimouski fonce… mais dans le mauvais sens
L'opinion de Robin Lebel
L’année 2026 n’a pas juste commencé fort à Rimouski. Elle a explosé comme un moteur qu’on pousse trop haut dans le rouge. Entre un règlement d’emprunt présenté comme un chèque en blanc et un réaménagement improvisé de la place des Anciens Combattants, on a l’impression que le conseil municipal fonce à toute vitesse… sans regarder dans les rétroviseurs.
L’opinion de Robin Lebel
Pendant ce temps, le gouvernement du Québec ajoute sa couche de lourdeur dans le dossier de la traverse Rimouski–Forestville, qui n’avance qu’à coups de paperasse.
Et dans tout ça, il y a des perdants. Les commerçants du secteur ouest de la rue Saint-Germain, qui se débattent déjà comme des diables pour garder leur clientèle, voient arriver un plan d’aménagement qui leur coupe les jambes : 144 cases de stationnement en moins.
Dans un centre-ville où il manque déjà de places, où celles qui restent sont payantes, on décide d’en retirer encore. C’est comme si on voulait réparer un toit qui coule en commençant par ouvrir le puits de lumière.
Ça me rappelle ce petit voisin venu me montrer un jour, tout fier, son nouveau pantalon. « Il est très beau, ton pantalon, mon p’tit, mais tu l’as mis à l’envers. » Quand on va trop vite, on finit par se tromper de sens. Et c’est exactement ce qui se passe ici.
Je respecte profondément le maire Guy Caron. Mais sur ce coup-là, il gagnerait à lever le pied. Le réaménagement de la place des Anciens-Combattants ressemble à un croquis fait sur un coin de table.
Un projet touristique emballé trop vite, sans se demander si les citoyens peuvent réellement vivre avec les conséquences. Comment justifier qu’on retire 144 cases alors que le problème du stationnement payant n’a jamais été réglé? On empile les irritants comme des blocs Jenga, en espérant que la tour ne s’écroule pas.
Emprunt sans ventilation
Et puis, il y a la bombe de 11,8 millions. Un emprunt massif, présenté sans chiffres précis, sans ventilation, sans plan détaillé. On parle de camions, d’asphaltage… mais rien qui ressemble à un dossier solide. Essayez ça à la banque : « J’aimerais avoir 11,8 millions, faites-moi confiance. » On se ferait montrer la porte avant même d’avoir fini la phrase.
Ce qui rend le tout encore plus absurde, c’est le contraste avec le provincial. Rilec arrive avec un projet de traversier ficelé, prêt à lever l’ancre, et Québec lui répond par une muraille de formulaires. Là-bas, on exige la perfection.

Ici, à Rimouski, on demande aux citoyens de signer un chèque en blanc. Deux poids, deux mesures, et toujours les mêmes qui paient la note.
Comme citoyen, je vois bien que le mécanisme grince. Le centre-ville manque de stationnement. On en enlève 144. On demande 11,8 millions sans plan clair. Et pendant ce temps, un projet privé prêt à partir se fait ralentir par une armée de fonctionnaires.
C’est à se demander si quelqu’un, quelque part, regarde vraiment la situation dans son ensemble. Faites vos devoirs, retournez à la table à dessin, que diable.
Au final, l’image est trop parfaite pour ne pas la reprendre : une fois de plus, le petit gars a mis ses culottes à l’envers. Et cette fois, c’est toute une ville qui devra marcher avec.

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