Actualités > Abolition du PEQ : Rimouski réclame une clause grand-père
Actualités

Abolition du PEQ : Rimouski réclame une clause grand-père

Manifestation au parc de la Gare
Le maire de Sainte-Flavie, Jean-François Fortin et le préfet de la MRC de La Mitis, Bruno Paradis, ont participé à la manifestation la suppression du Programme de l’expérience québécoise. (Photo courtoisie)

Plus de 200 personnes ont dénoncé avec vigueur la suppression du Programme de l’expérience québécoise (PEQ), samedi après-midi (7 février), lors d’une manifestation au parc de la Gare de Rimouski. Il s’agissait de la plus récente mobilisation contre la réforme du gouvernement du Québec touchant les voies d’accès à la résidence permanente pour les étudiants et travailleurs étrangers.

L’événement a été organisé par l’Association générale étudiante du campus de Rimouski de l’UQAR (AGECAR), le Centre des Travailleuses et Travailleurs Immigrant·e·s (CTTI) et le Conseil central du Bas-Saint-Laurent (CCBSL–CSN), avec l’appui de plusieurs élus municipaux et groupes communautaires.

Face aux changements apportés au Programme de l’expérience québécoise, les manifestants ont réclamé minimalement l’application d’une clause grand-père pour les personnes déjà établies au Québec, tout en exigeant, idéalement, le retour complet du PEQ.

Les organisations dénoncent une réforme qui, selon elles, précarise volontairement les étudiants et travailleurs étrangers et rompt avec les engagements pris par le gouvernement.

L’AGECAR a ouvert la marche en réclamant une refonte en profondeur des politiques migratoires afin de protéger la dignité humaine.

« En tant que membre de la Campagne québécoise pour la régularisation et la justice migrante, l’AGECAR revendique non seulement la réouverture immédiate du PEQ, mais également un statut pour toutes et tous à travers un programme de régularisation complète et inclusive, l’abolition du permis fermé, l’accès à la résidence permanente ainsi qu’un moratoire sur les déportations », a déclaré le responsable aux affaires sociopolitiques de l’AGECAR, Patrick Landry, dans un communiqué de presse.

Situation jugée « inhumaine »

Pour le Centre des Travailleuses et Travailleurs Immigrant·e·s du Bas-Saint-Laurent (CTTI), la situation observée sur le terrain confirme l’urgence d’agir.

« Les gouvernements du Québec et du Canada s’acharnent à précariser les conditions de vie des personnes migrantes actuellement sur le territoire. Au Bas-Saint-Laurent, nous observons de plus en plus de personnes migrantes, travailleuses ou étudiantes, qui perdent leur statut en raison des failles du système d’immigration. C’est inhumain », a soutenu l’organisateur communautaire au CTTI, Florian Freuchet.

Les étudiants internationaux ont également témoigné des répercussions psychologiques liées à l’incertitude politique actuelle.

« On a quitté nos familles pour venir apprendre, pas pour être rejeté. On nous a fait une promesse et le fait de ne pas la respecter nous plonge dans beaucoup d’incertitude face à l’avenir », a exprimé Amadou Bebel Diallo, étudiant au baccalauréat en génie civil à l’UQAR.

« Changer les règles en cours de partie »

La présidente du Conseil central du Bas-Saint-Laurent — CSN, Liette Ross, dénonce aussi la gestion du dossier par le gouvernement québécois.

« En fermant le PEQ, la CAQ brise sa parole et change les règles du jeu en cours de partie. Le PEQ est une création du Québec, abolie par le Québec; c’est donc à Québec de résoudre le problème. À défaut d’un retour complet du programme, nous exigeons immédiatement l’application d’une clause grand-père pour ne pas sacrifier celles et ceux qui sont déjà ici », affirme-t-elle.

Facebook Twitter Reddit