PEQ : Québec doit revoir sa position selon les élus bas-laurentiens
Revoir les orientations en matière d’immigration
La Table régionale des élus municipaux du Bas-Saint-Laurent (TREMBSL) demande aux gouvernements du Québec et du Canada de revoir leurs orientations en matière d’immigration, à la suite de l’abolition du Programme de l’expérience québécoise (PEQ) et du resserrement des règles entourant le Programme des travailleurs étrangers temporaires (PTET).
Réunis le 5 février dernier, les élus municipaux de la région ont adopté une résolution réaffirmant leur solidarité envers les personnes immigrantes établies au Bas-Saint-Laurent et leur appui à la mobilisation nationale, réclamant des décisions jugées plus équitables et responsables, tant pour les personnes concernées que pour les communautés d’accueil.
La résolution de la TREMBSL vise notamment le maintien des conditions actuelles du PTET pour les employeurs et leurs employés, ainsi que l’octroi de droits acquis aux personnes détenant déjà un permis de travail ou d’études et répondant aux critères d’admissibilité du PEQ, afin de leur permettre d’accéder à la résidence permanente.
Selon la Table, l’immigration joue un rôle clé dans la vitalité des territoires bas-laurentiens, notamment en contribuant à l’équilibre démographique dans un contexte de vieillissement de la population, au maintien des services de proximité et à la réponse aux besoins criants de main-d’œuvre.
« Notre position est forte et unanime. Ces décisions manquent d’humanité et d’équité et nuisent directement au développement de notre région », affirme le préfet de la MRC de La Mitis et président de la TREMBSL, Bruno Paradis.
Il soutient que le PEQ contribuait efficacement à la régionalisation de l’immigration en facilitant l’établissement durable de personnes déjà intégrées au tissu économique et social des communautés.
La TREMBSL rappelle qu’environ 600 entreprises du Bas-Saint-Laurent ont recours à des travailleuses et travailleurs étrangers temporaires, principalement dans des secteurs stratégiques tels que le manufacturier, la construction, la foresterie, l’agriculture, le transport, la transformation alimentaire, la santé et le tourisme.
Dynamique de confrontation
Le vice-président de la TREMBSL et maire de La Pocatière, Vincent Bérubé, déplore pour sa part la dynamique de confrontation entre les gouvernements fédéral et provincial en matière d’immigration.
« Cette mésentente nuit directement à l’économie régionale et à la stabilité des entreprises. Travailler ensemble n’est plus une option, c’est une urgence », insiste-t-il, appelant à des actions coordonnées et pragmatiques.
Dans le cadre de son appui à l’initiative de l’Union des municipalités du Québec (UMQ), la TREMBSL affiche un cœur bleu en soutien aux personnes immigrantes et formule plusieurs demandes.
Elle réclame du gouvernement du Québec l’instauration d’une clause de droits acquis pour les « orphelins du PEQ » et demande également au gouvernement du Canada d’accorder des droits acquis aux travailleuses et travailleurs du PTET déjà au pays, de mettre en place des mesures transitoires claires et flexibles, de rétablir le processus de traitement simplifié et de proposer des solutions mieux adaptées aux besoins des PME québécoises.
Créée en 2019, la Table régionale des élu·es municipaux du Bas-Saint-Laurent regroupe les préfets des huit MRC de la région ainsi que les maires des principales municipalités et agit comme interlocutrice politique privilégiée auprès des gouvernements supérieurs.


Par 