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Faits divers

Décès d’un enfant de 4 ans : le coroner presse Québec d’agir

Rapport du coroner Arnaud Samson
Les services d’urgences ont été appelés à se rendre sur les lieux à la suite de l’accident. (Photo courtoisie SQ) 

À la suite de la mort d’un enfant de quatre ans survenue en motoneige en avril 2025 à Saint-Fabien, le coroner Arnaud Samson presse les autorités de lancer rapidement une campagne de sensibilisation sur les dangers liés à la conduite de véhicules hors route sur des terrains privés par des jeunes de moins de 16 ans.

Dans son rapport, le coroner conclut à un décès accidentel, mais insiste sur le contexte légal et les risques associés à l’utilisation de ces engins par des mineurs.

L’événement s’est produit sur un terrain privé, où l’enfant se trouvait aux commandes d’une motoneige. Pour une raison qui n’a pu être déterminée, il aurait actionné l’accélérateur.

Deux autres jeunes occupants, dont un enfant de deux ans, ont été éjectés du véhicule, alors que la motoneige a poursuivi sa course sur une distance estimée entre 30 et 60 mètres avant de percuter un arbre. Aucun des occupants ne portait de casque de sécurité.

À l’arrivée des paramédics, 13 minutes après l’appel au 9-1-1, l’enfant était inconscient et présentait de multiples traumatismes à la tête et au corps. Transporté au Centre hospitalier universitaire de Québec, il n’a jamais repris conscience et est décédé six jours plus tard.

Au-delà des circonstances factuelles, le rapport s’attarde surtout au cadre législatif. Le coroner rappelle que la loi québécoise autorise un mineur à conduire un véhicule moteur sur un terrain privé, à condition d’avoir le consentement du propriétaire. Aucune formation n’est exigée dans ce contexte.

Pas d’âge minimal

Bien qu’une réforme adoptée en 2020 visait à améliorer la sécurité liée aux véhicules hors route, elle ne fixe pas d’âge minimal pour la conduite sur des terres privées. En pratique, cela signifie qu’un enfant, même très jeune, peut légalement conduire une motoneige ou un VTT avec l’autorisation parentale.

Le document souligne également l’ampleur du phénomène. En moyenne, 48 décès par année au Québec sont liés à l’utilisation de motoneiges ou de véhicules tout-terrain. Dans trois dossiers récents étudiés par le coroner, entre 2021 et 2024, des enfants ont perdu la vie dans des circonstances comparables.

Le rapport insiste par ailleurs sur l’évolution technologique marquée de ces véhicules.

Alors que les motoneiges des années 1980 développaient entre 30 et 50 chevaux-vapeur, certains modèles actuels peuvent atteindre 150 chevaux-vapeur, ce qui accroît considérablement la vitesse et les risques potentiels. On estime qu’environ 600 000 Québécois utilisent occasionnellement ces engins.

En conclusion, le coroner recommande que le ministère des Transports et de la Mobilité durable mette en place une campagne de sensibilisation ciblant les propriétaires de véhicules hors route.

L’objectif serait de mieux faire connaître les dangers associés à ces machines, particulièrement lorsqu’elles sont accessibles à des personnes d’âge mineur.

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