Méfiez-vous des faux amis
Beaucoup de mots presqu'identiques et qui ont une signification très semblable
Quand on traduit des mots d’une langue à l’autre, et surtout dans les langues qui ont une même origine (par exemple, les langues latines), on trouve beaucoup de mots qui sont presqu’identiques et qui ont une signification très semblable. Méfiez-vous des faux amis!
Cependant, parmi cette foule de vocables, on est confronté parfois à ce qu’on appelle des « faux amis », c’est-à-dire des mots qui se ressemblent mais qui n’ont pas du tout le même sens d’une langue à l’autre. Ça peut être amusant, oui, mais ça peut aussi créer de sérieux malentendus…
En voici quelques-uns!
Ainsi, en espagnol, le mot constipado veut dire « enrhumé » (et non constipé). Embarazada a pour premier sens « enceinte » (plutôt qu’embarrassée).
Raro signifie « bizarre, étrange » (et non rare); débil a le sens de « faible »; enfermo équivaut à « malade » (pas nécessairement enfermé!); et largo veut dire « long ».
Toujours en espagnol, un bombón est plus précisément un « chocolat » et habitación équivaut à notre mot « chambre ». Attention : les verbes entender, salir et subir peuvent respectivement signifier : « comprendre », « sortir » et « monter ».
En italien, les faux-amis sont également un phénomène courant. Benevolo veut dire « bienveillant » (et non bénévole).
Burrasca a le sens d’un « orage violent » (rien à voir avec une petite bourrasque). Calzoni signifie « pantalon » (plutôt que caleçon). Diplomato équivaut à « diplômé » (et non à diplomate).
Le mot farfalla n’a rien de farfelu : c’est un « papillon ». Vous pouvez être fortunato sans avoir beaucoup d’argent dans vos poches : ça veut dire « heureux » ou « chanceux ». Nave n’a rien d’un navet, c’est un « navire ».
Un regalo est un « cadeau » (pas nécessairement un régal). Stupito indique que quelqu’un est « étonné » (sans être stupide). Enfin, le verbe volere équivaut à « vouloir » (plutôt qu’à voler).
La langue portugaise a aussi son lot d’amis peu fiables. Ainsi, abraçar veut dire « serrer dans ses bras » (et non embrasser). Burro se traduit par « idiot ou stupide » (et non bureau ou bourreau).
Gostar est l’équivalent du verbe « aimer » (et non de goûter). Azar a plus à voir avec la « malchance » qu’avec le hasard. Pimenta veut dire « poivre » (et non piment). Tapete a pour traduction le mot tapis (et non tapette). Enfin, violão représente une « guitare » (et non violon, qui se traduit par violino).
Dans d’autres langues aussi
Bien que moins nombreux, de tels embrouillements linguistiques peuvent aussi exister avec des langues qui ne sont pas latines. À la base, ce sont souvent des mots qui ont été empruntés au français mais qui se sont développés dans l’usage avec un sens différent.
L’exemple le plus connu, en anglais, c’est to demand, qui signifie «exiger» (et non demander). Dans des négociations diplomatiques, imaginez, ça peut créer des incidents majeurs…
Autre exemple : en anglais, il faut utiliser deux mots : memory et souvenir, là où en français on utilise le même mot pour le «souvenir» (d’un fait passé) ou le petit «souvenir» (qu’on achète en cadeau).
En allemand, garderobe équivaut à « vestiaire ». Le mot friseur nous oriente vers un « coiffeur ». Komisch peut vouloir dire comique, mais également « étrange » ou « bizarre ». Rat est simplement un « conseil » et rot se traduit par la couleur « rouge ». Attention, un baiser, c’est une « meringue ».
En russe, le mot magazine donne l’impression de se traduire par magazine, mais ça veut plutôt dire « magasin ». Le mot français « magazine » se traduit par journal, et le mot français « journal » s’exprime par le mot gaziéta…
Il y a de quoi perdre son latin! Soyez prévenus : dans la vie, c’est toujours préférable d’avoir de vrais amis…
Pour d’autres textes de la chronique « Lecture » : https://journallesoir.ca/category/lecture/


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