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Chasse et pêche

Québec renouvelle l’aide au saumon atlantique

4,2 M$ sur trois ans principalement destinée à des mesures de protection
Un père et son fils partagent la passion de la pêche du saumon. (Photo courtoisie Saumon Québec)

La Fédération québécoise du saumon atlantique accueille avec soulagement le renouvellement du Programme de développement, de conservation et de protection du saumon atlantique. Le gouvernement du Québec versera à l’organisme une aide financière de 4,2 M$ sur trois ans, principalement destinée à des mesures de protection.

Après des chutes marquées des montaisons au cours des dernières années, le prolongement du programme permettra notamment aux gestionnaires de rivières de compenser une partie de leurs pertes de revenus.

À l’été 2024, les montaisons de saumons ont atteint un creux imprévu dans presque toutes les rivières de la province, une baisse historique qui a semé l’inquiétude.

À la ZEC saumon de la rivière Rimouski, moins de 150 poissons ont été recensés. Les madeleineaux, ces jeunes saumons de moins de 63 centimètres ayant passé un seul hiver en mer, étaient particulièrement rares.

L’été dernier, toutefois, environ 300 madeleineaux ont été observés sur la rivière Rimouski, un résultat dans la moyenne.

« On s’attendait à une faible montaison des grands saumons en 2025, et c’est ce qu’on a eu. Mais on a eu un retour surprise des madeleineaux. Ça faisait deux ans qu’il n’y en avait pratiquement pas. On a au moins une lueur d’espoir », affirme le directeur de la ZEC, Jean-François Desgagnés.

Selon lui, une bonne présence de jeunes saumons laisse généralement présager de meilleures montaisons de grands poissons l’année suivante.

Pour sa part, la directrice générale de la Fédération québécoise du saumon atlantique, Myriam Bergeron, affiche un optimiste prudent devant la situation actuelle.

« En 2025, comme on a observé une plus grande présence de madeleineaux un peu partout, la probabilité d’un retour plus important des grands saumons en 2026 est meilleure. Évidemment, on travaille avec le vivant, alors on vit d’espoir. Le retour de jeunes saumons laisse aussi supposer que les conditions en mer ont été moins difficiles pour leur survie. Les indicateurs biologiques et écologiques sont bons », explique-t-elle.

Des hypothèses à l’étude

Les causes du déclin demeurent toutefois mal comprises. Les biologistes notent une forte mortalité lors de la migration des saumons dans le golfe du Saint-Laurent, près du détroit de Belle Isle, alors qu’ils se dirigent vers les côtes du Labrador ou du Groenland.

« Échantillonner dans le golfe, sur de grandes étendues d’eau, et obtenir une réponse précise, ce n’est pas simple. On n’est pas capables de savoir exactement ce qui s’y passe ni pourquoi, une année, il en survit plus qu’une autre », souligne Jean-François Desgagnés.

Un des nombreux pêcheurs de saumon qui affectionnent la rivière Rimouski. (Photo courtoisie)

Parmi les hypothèses avancées figurent la pêche commerciale au hareng et au capelan dans les zones de migration, les changements climatiques, notamment le réchauffement des eaux océaniques, qui pourrait modifier les routes migratoires ainsi que la propagation possible de maladies provenant de fermes d’élevage.

Davantage d’études seront nécessaires pour identifier les causes exactes du déclin.

Appui jugé essentiel

Lorsque les saumons se font rares, les pêcheurs désertent également les rivières. Les revenus des organismes gestionnaires diminuent, rendant plus difficile le maintien des activités de protection.

La Fédération québécoise du saumon atlantique se réjouit donc du renouvellement de l’aide financière accordée par le ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs.

« C’est extrêmement important. C’est un pivot central pour le maintien des activités des organismes de gestion. Dans les années difficiles, on a encore plus besoin d’eux pour assurer la protection, la surveillance du territoire et le décompte des saumons », dit-elle.

À la rivière Rimouski, Jean-François Desgagnés partage ce soulagement. « Quand il y a beaucoup de pêcheurs, ça crée une forme de protection. Ça laisse moins de place aux gens mal intentionnés. »

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