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Droits dans les zecs : face cachée d’une fausse controverse

Lettre ouverte de la Fédération québécoise des gestionnaires de zecs
Des motoneigistes parcourent un sentier. (Photo courtoisie Patric Nadeau- Tourisme Bas-Saint-Laurent)

La Fédération québécoise des gestionnaires de zecs (FQGZ) souhaite faire une autre mise au point concernant le dossier des droits de circulation et les amateurs de véhicules hors route sur les zecs, en particulier les motoneigistes.  

Lettre ouverte- Fédération québécoise des gestionnaires de zecs

La désinformation dans ce dossier prend des proportions démesurées, en particulier à cause de groupes de citoyens qui mettent en confrontation les droits de circulation sur les zecs et les droits de passage des propriétaires privés qui ont des terres adjacentes à celles-ci.

Pourtant, la FQGZ est disposée à s’asseoir immédiatement avec l’ensemble des intervenants pour poursuivre les solutions déjà entamées depuis les trois dernières années. 

Prise d’otage de groupes de personnes

Malheureusement, certains groupes de citoyens ou d’amateurs indépendants de motoneige menacent de retirer leurs droits de passage sur leurs terres privées où passent des sentiers fédérés qui donnent aussi accès aux zecs, sous prétexte qu’ils ne reçoivent pas de compensation.

Ils argumentent donc que les organismes gestionnaires de zecs (OGZ) ne devraient pas percevoir des droits de circulation. Cette prise d’otage est complètement déraisonnable, surtout qu’elle ne concerne qu’un groupe restreint de personnes qui protègent des intérêts personnels.  

La FQGZ reconnaît la générosité de propriétaires privés qui donnent accès à certains sentiers ou chemins et qui contribuent à rendre le territoire plus accessible, mais ils ne peuvent pas mettre la mission des zecs et les droits de circulation sur le même pied d’égalité que leur droit de passage.

Le président de la ZEC Bas-Saint-Laurent, de la régionale des zecs de l’Est-du-Québec et président de Zecs Québec, Guillaume Ouellet (Photo Myriam Quenneville / Audet Photo)

Il serait pourtant possible d’arriver aussi à des ententes locales individuelles avec ces personnes, sans faire d’ingérence dans les discussions qui ont cours entre la FQGZ et la Fédération des clubs de motoneigistes du Québec (FCMQ). 

« En ce moment, ces personnes sont très actives et font beaucoup de bruit, mais elles nous empêchent de nous entendre avec la FCMQ. C’est eux qui veulent fermer les sentiers, qui vont faire mal à l’économie, si on signe une entente, ou si on met en place une carte interzec… là, ça va faire! Ils nous empêchent d’avancer depuis 3 ans, malgré tous les travaux avec la FCMQ, les autres fédérations de VHR et les différents ministères… Autant les OGZ que les membres de la FCMQ sont des victimes là-dedans, et au final, tout est au neutre à cause d’une chasse gardée. Il est où leur plan de développement économique dans leur demande? » lance Guillaume Ouellet, président de la FQGZ. 

La gratuité n’est pas une solution, mais la main est tendue

La FQGZ désire poursuivre les échanges avec la FCMQ afin d’arriver à la conclusion d’une entente provinciale, ce qui permettrait un fonctionnement plus uniforme dans les réseaux. Les deux parties ont fait des propositions encore à l’étude.

De fait, il n’y a que 2 400 km de sentiers fédérés sur les zecs, par rapport au réseau total de 33 000 km. Cela représente une opportunité de développement économique régional importante pour les deux fédérations, mais cela ne sera possible qu’en travaillant ensemble.

Le potentiel est d’autant plus important que les changements climatiques rendent nos hivers moins froids et moins longs, et que les zecs se situent en grande partie dans des zones où les conditions qui demeureront encore longtemps favorables.  

Cependant, la pratique de la motoneige et du quad a beaucoup changé dans les dernières années; les types de véhicules ont énormément évolué, permettant aux utilisateurs l’accès à de nouveaux territoires.

(Groupe CNW/Corporation Moteurs Taiga)

La pression sur les habitats fauniques et la faune dans les zecs a aussi beaucoup changé; nous savons maintenant que la protection de la faune doit aussi se faire en hiver, et que la clientèle désire parcourir plus de territoires et avoir accès à plus d’activités et de services.

En tant que gestionnaires de zecs, nous avons une responsabilité face à la faune, le développement ne peut pas être fait au détriment de celle-ci. 

D’autres solutions sont aussi travaillées, telles que des réflexions sur une carte interzec, qui permettrait aux usagers plus de mobilité dans le réseau des zecs. 

Porte-parole des 63 zecs et des regroupements régionaux

Fondée en 1983, la FQGZ, aussi connue sous le nom de Zecs Québec, représente officiellement le réseau auprès du gouvernement et agit comme porte-parole des 63 zecs et des regroupements régionaux. Elle soutient les gestionnaires dans l’accomplissement de leur mission.

La FQGZ, tout comme les organismes du réseau, est un OBNL. Le réseau des zecs constitue un modèle de gestion unique au monde. 

Le réseau des zecs constitue un moteur économique majeur pour les régions du Québec. Les activités qui s’y déroulent sur 48 000 km² de territoire répartis dans 63 zecs génèrent près de 300 millions de dollars en retombées économiques directes chaque année et soutiennent plus de 4 000 emplois dans les différentes régions.

Cumulativement, ce sont plus de 6 millions de journées d’activités et près de 700 000 personnes qui ont accès à la nature grâce aux zecs, dont la gestion est assurée par près de 600 administrateurs bénévoles. 

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