Temps des sucres du Bas-Saint-Laurent : pas de panique
« Nous ne sommes pas en retard »
Même si on approche de la mi-mars et qu’on sort d’une tempête de neige, le président des producteurs acéricoles du Bas-Saint-Laurent, Justin Plourde, assure qu’il n’y a pas lieu de paniquer pour lancer le début de la saison des sucres.
« Nous ne sommes pas en retard. Ce sont les deux dernières années qui ont débuté en avance. Normalement, le temps des sucres s’étend de la mi-mars au début mai dans la région. Selon les prévisions, les érables devraient couler lundi (16 mars). Par la suite, ça devrait regeler. On espère que ce gel ne sera pas trop long. Il faudrait que ça s’enclenche pour de bon dans la semaine du 23 mars », commente celui qui exploite une érablière au Témiscouata.
Il y a eu quelques coulées la semaine dernière (2 mars), juste assez pour nettoyer les tuyaux. Les producteurs ont commencé à bouillir de l’eau, durant la fin de semaine des 7 et 8 mars .
« Lundi, ça très bien coulé. Comme ça ne gelait pas la nuit, nous avons ramassé de l’eau 24 heures par jour. Par contre, le taux de sucre est très bas. Ça prend donc plus d’eau pour faire un gallon de sirop. Heureusement, il avait commencé à remonter avant la tempête, ce qui est de bon augure pour la suite. Le petit redoux a permis à tout le monde de démarrer ses équipements et de corriger ce qui devait l’être. Maintenant, les producteurs sont prêts pour le vrai début de la saison », poursuit monsieur Plourde.
Le président est optimiste pour la suite des choses. « On débute la saison. L’eau est belle. Nous avons de nouvelles entailles qui ont été installées l’été et l’automne dernier dans la région à la suite de l’octroi de nouveaux contingents ».
Croissance record des ventes
Justin Plourde mentionne que les ventes de sirop d’érable du Québec connaissent une croissance record.
« Les ventes ont augmenté de 17 % l’an dernier. C’est phénoménal. Tout le sirop qui était dans la réserve stratégique a trouvé preneur. On essaie de maintenir la croissance du nombre d’entailles au même niveau que la croissance des ventes ».
Si les États-Unis demeurent le principal marché pour le sirop d’érable québécois, son pourcentage diminue puisqu’il y a une forte croissance des ventes en Allemagne, au Royaume-Uni et en Australie.

« Il y a quelques années, nous avons mis beaucoup d’effort de promotion sur le Japon. On pensait que c’était prometteur, mais ce ne l’est pas autant qu’on l’espérait, du moins pour l’instant. On essaie de diversifier nos marchés pour être moins dépendant d’un marché dominant, même si nous n’avons jamais été soumis aux droits de douane américains puisque le sirop d’érable est inclus dans l’ACEUM (Accord Canada-États-Unis-Mexique), qui sera cependant bientôt revu », explique monsieur Plourde.
Hausse des produits pétroliers
La hausse des produits pétroliers aura un impact sur les producteurs acéricoles, particulièrement ceux qui ont des évaporateurs à l’huile.
« La majorité des entreprises utilisent encore des évaporateurs à l’huile. La technologie s’est améliorée énormément dans les dernières années. Les équipementiers ont jumelé de super concentrateurs (osmose) avec des évaporateurs très performants, ce qui permet de réduire de beaucoup la consommation d’huile, mais c’est sûr que la hausse des prix va quand même faire mal. Ça va couper beaucoup plus cher cette année à ces producteurs pour produire leur sirop d’érable », souligne Justin Plourde.

Une transition vers l’électricité, la granule ou le bois est amorcée dans la région, mais l’huile aura toujours sa place parce que les autres technologies ne sont pas applicables partout.

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