Dragage au port de Rimouski : un projet jugé urgent
Des travaux évalués à 11 M$ essentiels à court terme
La Société portuaire du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie vient de déposer son étude d’impact environnemental pour le projet de dragage décennal du port de Rimouski-Est.
Depuis les derniers travaux réalisés en 2019, l’accumulation de sédiments a considérablement réduit la profondeur du chenal d’accès et des postes d’amarrage, rendant les manœuvres des navires plus difficiles et moins sécuritaires.
La Société estime que des travaux de dragage, évalués à 11 M$ pour la phase initiale, sont essentiels à court terme pour maintenir les activités portuaires.
Le port de Rimouski et son chenal d’accès d’un kilomètre et demi accumulent rapidement les sédiments. Chaque année, entre 10 000 et 25 000 mètres cubes de vase réduisent progressivement la profondeur navigable. Actuellement, les navires doivent attendre la marée haute et réduire leur cargaison pour accéder au port.
« C’est un problème majeur », explique la présidente-directrice générale de la Société portuaire, Anne Dupéré. « Le pétrolier qui vient à Rimouski livre habituellement 25 000 tonnes de pétrole pour desservir l’Est-du-Québec et une partie du Nouveau-Brunswick. Actuellement, il doit diminuer sa cargaison et venir plus souvent. L’impact, c’est le coût à la pompe pour les consommateurs. »

Le navire de desserte de la Basse-Côte-Nord doit également effectuer des manœuvres plus risquées. Le président de l’Association des pêcheurs de crabe de la zone 17, Marc Doucet, juge la situation urgente.
« Ça passe, mais ça frotte. Un bateau chargé de crabe ou de flétan a de la difficulté à manœuvrer. Avant que ça devienne critique, il va falloir creuser. Si un bateau s’échoue et qu’il y a un déversement, il sera trop tard. »
Atout économique majeur
Le port de Rimouski génère annuellement 73 M$ en retombées économiques et soutient plus de 500 emplois directs et indirects. Le transport de marchandises vers la Basse-Côte-Nord contribue à la vitalité des entreprises de la région.
L’activité de pêche commerciale est aussi significative, avec une flotte de 18 navires, des débarquements de plus de 7 M$ par année et une cinquantaine d’emplois saisonniers.

Pour rétablir la profondeur du chenal et des postes à quai, environ 140 000 mètres cubes de vase devront être retirés la première année, suivis de travaux d’entretien dans les années suivantes. Le coût total du projet est estimé à 30 M$.
Les sédiments seront transportés par barge et rejetés en eau libre dans une zone autorisée située à environ cinq kilomètres au large. Les sédiments contaminés, s’il y en a, seront traités dans un bassin d’assèchement avant d’être transportés vers un site de disposition.
Des impacts jugés faibles
L’étude d’impact, qui compte 240 pages en plus de quelque 1300 pages d’annexes, conclut à des effets environnementaux limités. Le dragage sera effectué à l’automne afin d’éviter la période de reproduction du capelan et du hareng. Les mammifères marins fréquentent peu la zone visée.
Quant aux oiseaux migrateurs, le bruit et le trafic maritime pourraient les perturber, mais sur une portion restreinte de leur habitat.

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