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Traverse Rivière-du-Loup-Saint-Siméon : enquête exigée

La relocalisation vers Cacouna soulève de « sérieuses préoccupations »
Des passagers sur le NM Trans-Saint-Laurent qui relie Rivière-du-Loup à Saint-Siméon. (Photo Le Soir.ca- Olivier Therriault)

La Ville de Rivière-du-Loup et la Chambre de commerce de la MRC de Rivière-du-Loup demandent officiellement à la Vérificatrice générale du Québec d’ouvrir une enquête sur la gestion de la relocalisation de la traverse entre Rivière-du-Loup et Saint-Siméon vers Cacouna.

Dans une lettre étoffée rendue publique, les deux organisations soutiennent que le projet piloté par la Société des traversiers du Québec et la Société québécoise des infrastructures soulève de « sérieuses préoccupations » quant à l’utilisation des fonds publics et à la qualité de la gestion.

Le maire de Rivière-du-Loup, Mario Bastille et la présidente-directrice générale de la Chambre de commerce de la MRC de Rivière-du-Loup, Claudette Migneault, dénoncent une planification jugée déficiente, marquée par des incohérences budgétaires et des décisions changeantes.

À titre d’exemple, ils rappellent le projet abandonné d’installations temporaires évalué à 34 M$ à Cacouna, initialement justifié par la fin de vie utile du navire NM Trans Saint-Laurent.

Selon eux, des données techniques démontrent que ce navire pourrait demeurer en service jusqu’en 2031, tandis que travaux de dragage permettraient de maintenir l’accès au quai de Rivière-du-Loup jusqu’en 2033.

Des alternatives « moins coûteuses et mieux adaptées » auraient ainsi été écartées sans analyse comparative transparente.

Les organisations pointent aussi une forte opacité dans la prise de décision. Malgré plusieurs demandes d’accès à l’information, les documents obtenus auraient été largement caviardés, empêchant toute évaluation indépendante.

Certaines démarches sont d’ailleurs contestées devant la Commission d’accès à l’information.

Impacts économiques majeurs

Selon les estimations avancées, un éventuel transfert de la traverse vers Cacouna pourrait entraîner des pertes économiques d’au moins 226 M$ sur 20 ans pour Rivière-du-Loup.

Les auteurs de la lettre estiment que ce manque de transparence prive les acteurs locaux d’un débat éclairé sur un projet aux conséquences majeures.

Ils dénoncent également un « traitement d’exception » comparativement à d’autres projets d’infrastructures au Québec, dont les études ont été rendues publiques.

Le maire de Rivière-du-Loup, Mario Bastille (Photo courtoisie)

Par ailleurs, la lettre souligne qu’une enquête de l’Autorité des marchés publics est déjà en cours concernant un contrat de gré à gré octroyé par la SQI pour des travaux liés au site de Cacouna. Cette situation alimente, selon eux, les doutes quant à la rigueur des գործընթաց contractuels.

Enfin, les signataires évoquent un historique de problèmes de gouvernance à la STQ, rappelant que des lacunes similaires avaient été soulevées dans un rapport de la Vérificatrice générale datant de 2014-2015.

Appel à une vérification indépendante

Sans remettre en question la décision politique elle-même de relocaliser la traverse, la Ville et la Chambre de commerce réclament une enquête afin d’évaluer la gestion du projet, la pertinence des choix financiers et la conformité aux principes de saine gouvernance.

Elles estiment qu’une telle démarche est nécessaire pour faire la lumière sur l’utilisation des fonds publics et rétablir la confiance dans un dossier jugé stratégique pour l’économie et la mobilité régionale.

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