Agression sexuelle : 50 mois de prison pour Patrick Desgagné
Pour des infractions commises sur une adolescente
Le juge de la Cour du Québec, Jérôme Simard, a tranché. Il a imposé ce jeudi, au palais de justice de Rimouski une peine globale de 50 mois de prison à Patrick Desgagné, 63 ans, de Saint-Fabien, reconnu coupable de contacts sexuels, d’agression sexuelle et de possession de pornographie juvénile sur une adolescente de 15 à 17 ans.
Le juge impose une sentence de 42 mois de pénitencier concurrents pour les accusations de contacts et d’agression sexuelle et une peine de huit mois consécutifs pour la possession d’images intimes de la victime, dont l’identité est protégée par une ordonnance de non-publication.
La procureure de la Couronne Me Marie-Pierre Chicoine-Côté, réclamait une peine de sept ans de prison tandis que l’avocat de l’accusé, Me Hugo Caissy, plaidait pour une sentence de deux ans moins un jour dans la collectivité. « Je ne partage pas cet avis qui n’est pas conforme aux objectifs d’imposition de la peine. Il y a de nombreuses circonstances aggravantes comme le lien d’autorité, la longue période des gestes et leurs fréquences », a mentionné le juge.
Début des agressions
Selon la trame des événements admise par l’accusé, les agressions ont débuté en 2016 alors que la plaignante avait 15 ans et l’accusé 54. À l’été 2015, la victime a placé un cheval en pension chez l’accusé qui est propriétaire de l’écurie Le rêve du cheval à Saint-Fabien. Les premiers attouchements ont eu lieu le 23 juin 2016 au retour d’un gymkhana à Dégelis alors que la victime a couché chez l’accusé. Ensuite, il y a eu une fellation et une première relation sexuelle complète en septembre 2016.
Plusieurs contacts sexuels ont suivi jusqu’en avril 2019. « La première relation sexuelle complète a eu lieu lorsque la victime avait 15 ans et elles se sont poursuivies jusqu’à ses 18 ans. L’accusé invoque le consentement de la victime. Il minimise sa responsabilité et il nie l’abus de confiance. Même s’il a reconnu sa responsabilité le 15 janvier 2026, il n’a fait aucune démarche thérapeutique », a rappelé le juge dans sa décision.
Perte de son adolescence
La victime a témoigné au stade des représentations sur sentence. Elle a mentionné avoir perdu son adolescence. « Je ne souhaite pas ça à personne. Le pire, c’est la reconstruction. J’ai de la misère à faire confiance aux autres. J’aurais aimé vivre une adolescence sans aucune influence ».
Une grande différence d’âge
Le juge a expliqué son analyse. « C’est un crime objectivement très grave. Il y a plusieurs éléments perturbants. Il a profité de cette différence d’âge pour abuser de la victime. Les gestes sexuels sont fréquents et nombreux, et ce pendant trois ans. Les gestes sont planifiés. Il y a eu une relation sexuelle en présence d’une amie mineure de la victime.
L’accusé à garder des photos sexuelles de la plaignante pendant une longue période. Il recommence même à avoir des rapports sexuels avec la victime après avoir été rencontré par les policiers ».
Comme facteurs atténuants, le juge souligne le plaidoyer de culpabilité avant le procès, l’absence d’antécédent judiciaire de l’accusé et le faible risque de récidive.
La peine comprend également une interdiction de posséder des armes de 10 ans à compter de sa libération, un prélèvement d’ADN pour analyse génétique et l’inscription au registre des délinquants sexuels pour 20 ans.


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