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Trois déclics qui changent tout chez le Canadien

L'opinion de Robin Lebel
Les jeunes meneurs prennent leur place chez les Canadiens. (Photo courtoisie Canadiens de Montréal)

Le Canadien de Montréal nous en met plein la vue. Les victoires s’enchaînent, tout comme les performances à couper le souffle de nos jeunes recrues. Une théorie circule : il y aurait eu un ou deux déclics cette saison. On a tous notre petite idée là-dessus. Moi, j’en vois trois.

Le premier déclic remonte au départ de l’entraîneur des gardiens, Éric Raymond. Depuis ce jour, Jacob Dobes ne cesse de progresser. Ses commentaires en disaient long. Il a parlé d’une énorme différence dans le langage positif utilisé par le nouvel instructeur, Marco Marciano, comparativement à Raymond, qui avait tendance à se montrer sévère et critique.

Pour avoir été gardien moi-même, je peux confirmer que ça change tout. Le gardien, c’est le lanceur du baseball. Chaque mouvement compte, aucune marge d’erreur, aucun pardon.

Quand ton coach te ramène constamment tes erreurs au visage, tu te mets à suranalyser, à chercher un coupable, à jouer sur les talons, trop reculé dans ton filet. Et ça, c’est destructeur.

La direction du Canadien a vu le problème et a corrigé le tir. Peut-être trop tard pour Samuel Montembeault, malheureusement.

Slafkovsky est transformé

Autre moment clé, lorsque Juraj Slafkovsky a été muté au deuxième trio pendant quelques mois. Il s’est soudain senti investi d’une responsabilité de vétéran. Il était le plus ancien des trois, et ça l’a transformé.

Il a commencé à ouvrir le jeu, à transporter la rondelle, à dribbler en protégeant le disque pour libérer ses coéquipiers, des éléments qu’il hésitait à faire aux côtés de Suzuki et Caufield.

Juraj Slafkovsky (Photo courtoisie Canadiens de Montréal)

Il a aussi amélioré son jeu le long des bandes, utilisant son poids et sa portée pour protéger la rondelle, en plus d’augmenter sa vitesse avec le disque.

Résultat : un joueur métamorphosé. De retour sur le premier trio, il n’a plus jamais regardé derrière. Un gros merci à Nick Bobrov et à son équipe. Question du jour : qui s’ennuie de Trevor Timmins?

Le trio de robustesse

Troisième déclic : la robustesse. Un duo défensif formé d’Arber Xhekaj et de Jayden Struble, appuyé par le robuste Josh Anderson à l’avant.

Mardi dernier, contre Tampa Bay, j’ai vu un autre déclic. Dans le même alignement : Xhekaj et Struble sur la même paire, plus de 12 minutes de jeu, et Anderson en renfort. Résultat : Tampa a levé le pied côté robustesse.

Les joueurs du Canadien ont commencé à tenir tête dans les échauffourées et à échanger les coups, au lieu de tourner les talons ou de regarder ailleurs pendant qu’on leur passait les gants au visage.

Ça, c’est une différence majeure quand on sait que le livre des règlements prend le bord en séries. Les assauts, les coups de coude et toute la panoplie de gestes douteux restent souvent impunis.

Avec ce que j’ai vu, je crois que le Canadien va habiller ses trois mastodontes plus souvent qu’autrement au printemps. Le hockey professionnel est un sport violent, et c’est peu dire. Voir Martin St-Louis tester ce type d’alignement avant les séries, ça fait réfléchir.

Cole Caufield et Lane Hudson célèbrent après un but gagnant. (Photo courtoisie Canadiens de Montréal)

Parlant de St-Louis : cet homme pousse sa réflexion et la vend comme peu d’entraîneurs savent le faire. S’il fallait un comparable, je le placerais aux côtés de Scotty Bowman ou de Jacques Lemaire.

La différence? Bowman et Lemaire sont arrivés avec un coffre d’outils déjà rempli. Martin St-Louis, lui, s’est bâti sous les projecteurs du Centre Bell.

Faut le faire. Prédiction? Pas vraiment. Impression? Absolument.

Le Canadien m’en met tellement plein la vue qu’il me rappelle l’année Cendrillon de 1986. Avec les 50 buts de Caufield et les 100 points de Suzuki, il ne reste qu’à se croiser les doigts et espérer, les amis!

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