296 M$ annoncés au Bas-Saint-Laurent : aucun budget pour la 20
Comme prévu, le prolongement ne recevra aucune nouvelle somme d’ici 2030.
Québec n’a prévu aucune somme pour le prolongement de l’autoroute 20 entre Notre-Dame-des-Neiges et Rimouski, malgré des investissements de plus de 296 M$ annoncés d’ici 2028 pour les infrastructures routières du Bas-Saint-Laurent.
Ces sommes serviront à la réalisation de nouveaux chantiers ainsi qu’à la poursuite de projets déjà amorcés, principalement en matière d’entretien et de réfection des infrastructures existantes.
Parmi les principaux travaux annoncés figurent l’asphaltage de la route 132 à Amqui, la reconstruction du pont Arthur-Bergeron à Sainte-Flavie et à Grand-Métis, la réfection du pont D’Amours à Rivière-du-Loup, le réaménagement de la route 293 à Notre-Dame-des-Neiges, ainsi que divers chantiers de réfection de routes et de ponts dans les MRC de Kamouraska et de Témiscouata.
Lors de son dernier budget, la CAQ n’a consenti aucun montant pour le prolongement de l’autoroute 20.
Le projet, toujours inscrit au Plan québécois des infrastructures (PQI), demeure bloqué à l’étape des études.
Comme prévu, le prolongement ne recevra aucune nouvelle somme d’ici 2030.
Geste transpartisan
En décembre dernier, une initiative régionale présentée par Maïté Blanchette Vézina à l’Assemblée nationale pour réclamer la finalisation de l’autoroute 20 entre Notre-Dame-des-Neiges et Rimouski avait également été rejetée par le gouvernement Legault.
Appuyée notamment par le maire de Rimouski, Guy Caron, la députée indépendante avait déposé une motion avec l’aide de son collègue libéral de Nelligan, Monsef Derraji, dans un geste transpartisan visant à soutenir la mobilisation autour de cet enjeu majeur pour l’Est-du-Québec.
En plus de Guy Caron, la préfète de la MRC de Rimouski-Neigette, Julie Thériault, les maires de Saint-Simon et de Saint-Fabien, Francis Beaulieu et Mario Beauchesne, ainsi que le défunt préfet de la MRC des Basques, Gabriel Belzile, ont participé à la démarche, accompagnés notamment de la co-porte-parole du comité en faveur du prolongement, Blandine Michaud.

« L’Est-du-Québec ne peut plus servir de zone oubliée par un gouvernement qui accumule les retards. Compléter l’autoroute 20, c’est soutenir nos entreprises, protéger nos familles et reconnaître enfin l’importance stratégique du Bas-Saint-Laurent. Or, la semaine dernière, le Vérificateur général du Québec révélait que le Plan québécois des infrastructures (PQI) est sous-évalué de 75 milliards. Une erreur de planification majeure qui explique pourquoi les projets stagnent », estimait Monsef Derraji.
Mener le projet à terme
Manifestations, rassemblements, marches, pétitions, promesses : rien ne semble suffire pour faire avancer le prolongement de l’autoroute 20. Mis sur pause au moins jusqu’en 2030, le projet accumule les retards, principalement en raison des coûts anticipés, malgré les nombreux arguments avancés pour en justifier la réalisation.
La construction du pont au-dessus de la rivière Trois-Pistoles, évaluée à un milliard de dollars en 2015, demeure un obstacle majeur. À l’époque, le gouvernement libéral de Philippe Couillard avait choisi de prioriser l’autoroute 85 reliant Rivière-du-Loup au Nouveau-Brunswick.
« Depuis des années, les chiffres sont là : la circulation est en hausse. Au-delà des données, il y a des accidents et des familles endeuillées. L’enjeu de la sécurité et de la circulation au Bas-Saint-Laurent est primordial. C’est important de le dire et de se mobiliser ensemble, peu importe notre allégeance politique, parce qu’il en va de la sécurité des gens et de la fluidité des déplacements », rappelait Maïté Blanchette Vézina en octobre dernier, lors d’une activité citoyenne.

Elle souligne également que la circulation continuera d’augmenter. Pour espérer voir l’autoroute 20 complétée d’ici 2035, Québec devra financer les études nécessaires, actuellement suspendues.
« On a entendu qu’il y a eu des investissements majeurs dans l’éolien, ce qui signifie que des composantes vont circuler sur un tronçon qui n’est pas une autoroute, à proximité de résidences. Cette circulation ne fera qu’augmenter. Il est primordial de financer les études. Malheureusement, par des choix électoralistes, le gouvernement a décidé de mettre des fonds ailleurs. Le message qu’on lui envoie aujourd’hui, c’est qu’il faut prioriser l’Est-du-Québec, parce que la sécurité des gens d’ici compte. »
Dossier national
Pour Pascal Bérubé, le dossier dépasse largement les enjeux régionaux.
« Cela fait 18 ans que j’emprunte chaque semaine cette route pour me rendre à l’Assemblée nationale, mais ce n’est pas de moi qu’on doit parler : c’est de nous tous qui l’utilisons. C’est un enjeu de sécurité, d’abord et avant tout, et pour cette seule raison, ça vaut la peine de se mobiliser. »
Ailleurs au Québec, plusieurs tronçons ont été priorisés malgré des volumes de circulation inférieurs à ceux observés entre Rimouski et Mont-Joli, ou encore entre Notre-Dame-des-Neiges et Rimouski.
« Entre Québec et Chicoutimi, on retrouve une véritable autoroute : deux voies de chaque côté et un terre-plein central. Ce sont des investissements importants, mais la région s’est mobilisée et a obtenu des résultats. La Beauce aura des investissements. L’Outaouais aussi. Si on ne les réclame pas, l’argent ira ailleurs et c’est ce qui se produit. »

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